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De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.

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De-Cheynet...

 Certains lecteurs me laissent régulièrement l'adresse du blog de campagne électorale pour les législatives de Vincent Cheynet qui passe 3-4 pages à agonir mes réflexions. La voici donc, une bonne fois pour toute, pour ceux à qui ça aurait échappé (s’il en reste). Merci donc de ne plus laisser des messages pour me signaler ce si brillant et incontournable article.

http://www.ecolo.asso.fr/Cyrildimeo.htm

 Je ferai juste un petit commentaire car l'article ayant été ré-écrit une dizaine de fois il est dur d'en extraire des phrases stables auxquelles répondre.  Et il est inutile de polémiquer sur la forme qui nous rappelle que V Cheynet mérite bien le surnom que lui ont donné certains décroissants tant il se plait dans le style pamphlétaire et l’invective personnelle…ce qui est bien triste pour la cause écologique . 

 Quelques remarques rapides donc.  

 1) Lorsqu'on attaque les thèses de la décroissance, Vincent Cheynet nous dit qu'il n'est pas « lui » comme cela. Il transforme ainsi en permanence une discussion globale en discussion personnelle comme si la décroissance c'était lui... Je veux bien qu'il ait beaucoup de talent et travaille beaucoup mais il ne fait pas un journal tout seul...il y a plus de 15 personnes dans l'ours de celui ci.. De plus le journal La Décroissance n'est pas le seul vecteur de l'idée de décroissance. La décroissance n’est donc pas Vincent Cheynet. D’ailleurs on peut s’interroger sur la capacité d’influence de V Cheynet sur le mouvement décroissant. Deux exemples interrogent cette relation. Le faible nombre d’adhérents au parti pour la décroissance si on en croit la liste des adhérents qui était accessible (ce qui est au demeurant surprenant) sur Internet et qui ne dépassait pas les quatre vingt personnes, là où Rabhi fait salle comble partout. Et la façon dont ses mots d’ordre sont suivis. Ainsi alors que V Cheynet a commis plusieurs mels pour demander aux partisans de la décroissance de ne plus être hébergés par décroissance info, site où l’on trouve tout et n’importe quoi (et surtout n’importe quoi… je suis en ce sens d’accord avec v Cheynet), il est clair que les groupes décroissants n’ont pas suivi cette préconisation.

2) V Cheynet utilise des arguments contradictoires pour dénigrer longuement mon travail. Je résumerai ainsi  la contradiction présente dans l'argumentation du texte. Première idée tout ce que j'écris est un tissu d'âneries sans nom et n'a aucun fondement, la décroissance n’est pas du tout ce que j’écris (comme si j’avais inventé les très nombreux textes cités qu’a signé V Cheynet ou que l’on trouve dans les publications auxquelles il collabore ou qu’il dirige).. Puis deuxième idée : de toute façon les critiques pertinentes que je fais des dérives de la décroissance.. ont déjà été faites par V Cheynet lui même. Ce qui revient donc à dire que soit V Cheynet écrit des âneries comme moi .. soit ce que j'écris n'est pas des âneries...comme lui. On ne peut pas jouer sur tous les tableaux lorsqu'on argumente. Mais le procédé lui est familier. Ainsi il dénonce dans un numéro de Politis les thèses de J M Harribey et le critique de manière virulente...pour dans ce texte essayer d'expliquer en quoi le grand économiste JM Harribey se trompe en préfaçant mon bouquin.

3) V Cheynet nous explique donc entre autre que toutes les critiques que je fais il les a déjà faites. Je dois dire que je n’y crois pas. Il n’y a qu’à prendre l’exemple du conflit avec P Rabhi qui est toujours mis en avant pour avancer cet argument. V Cheynet affirme s’être opposé à P Rabhi... cela n’aura échappé à personne. Mais là où il y a tour de passe passe c’est sur la nature de l’opposition. Après relecture, j’ai constaté que V Cheynet s’oppose à P Rabhi car il serait vendu au système, car il ne serait pas assez radical et surtout serait l’ami du pollueur N Hulot. Pourtant le fond du problème n’est pas là. La question est celle du fond « pré-totalitaire », spiritualiste, antipolitique des thèses de Pierre Rabhi…mais sur cela V Cheynet et très discret.. Pourtant je sais qu’il exprime à titre privé et personnel ce genre de critique sur Pierre Rabhi…mais il y en a peu de traces publiques…On attend donc avec impatience un texte complet dédié à une critique des fondements philosophiques et spirituels (alliance sacrée avec la Terre Mère par exemple) de P Rabhi venant de V Cheynet.  Un texte à la hauteur de celui qui critique Teddy Goldsmith (qui est très bien  même si on comprend pas pourquoi il continue à se définir lui même comme collaborateur du journal dirigé par T Goldsmith en 2003).

 4) V Cheynet est un des décroissants les plus intéressants (avec Paul Ariès) et qui réfléchit le plus aux dangers de la décroissance. Je lui ai personnellement écrit et je le dis d’ailleurs dans le bouquin. Vous trouverez ça en lisant le bouquin. Mais cela n’empêche pas qu’il alimente en même temps lui même de manière assez paradoxale ces dangers régulièrement. Ainsi il défend des thèses malthusiennes, il multiplie les propos anti-politique en comparant les écologistes du développement durable à des partisans des pires régimes comme Vichy ou pire, il défend une critique du capitalisme qui entend être ni de gauche ni de droite et qui assimile le capitalisme à un totalitarisme de manière bizarre.. etc. (je vais pas refaire les 200 pages du bouquin). Il est aussi capable d’accueillir un texte très intéressant de C Jacquiau qui explique quel nouveau commerce équitable il faut penser à partir de la tartufferie de Max Haavelar.. tout en diffusant un texte totalement anti-commerce équitable (traduit en plusieurs langue tant il est important). Il est capable de dire que l'économie sociale et solidaire, le commerce équitable, le développement durable sont des oxymores c'est à dire que par nature, par essence ils ne peuvent pas être développement, commerce et économie ne peuvent pas ëtre durable, solidaire, sociale ... Je ne sais pas comment appréhender la multiplication de ces prises de position contradictoires. Au mieux il s’agit d’une pensée en mutation permanente qui "oublie" de critiquer et reconnaitre les erreurs passées et dépassées.. au pire nous sommes dans l’incohérence érigée en système de pensée sous couvert de radicalité et de relativisme généralisé… La violence du propos me fait en définitive plutot pencher pour la seconde solution.

 

 Esperons que nous aurons malgré tout un jour quelques réponses aux questions de fond que soulève mon bouquin.. et la tribune publiée dans Politis..? N'y a t'il pas danger à sur-valoriser les "conversions " ( terme de 'Latouche chez Mermet )  individuelles ? L'éloge de la pauvreté est elle tenable dans un système qui crée du précariat croissant ? L'invective contre les politiques ne participe t'elle pas d'un mouvement de délégitimation globale des seules instances pouvant résoudre la crise écologique ? Quel système de protection et de solidarité sociale si on sort du salariat, de l'économie, du monétaire ? Si l'on refuse de parler de richesse pour le monétaire comment fait on une socialisation de cette richesse ?  Le personnalisme sous jacent dans nombre de discours decroissant est il une solution progressiste pour construire un nouvel être ensemble écologique ? N'a t'on pas besoin de croissance et d'investissement pour l'éducation, la culture, les energies renouvelables, la réduction des consommation d'énergie ? Etc.. Je vais pas vous refaire les 200 pages du bouquin.

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