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De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.

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Réponse à un procès de Moscou de paul Ariès. Peut on critiquer la decroissance ?

Il y a des messages qu’on aimerait mieux ne pas écrire ..et celui ci en fait partie. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit encore une fois de répondre à une attaque d’une rare violence...ce qui n’est pas inhabituel.. mais en même temps il s’agit d’une charge inouïe de Paul Ariès que je considère comme un des rares décroissants intéressants. Vous trouverez le tombereau d’insultes à cette adresse. Et voici une petite réponse.

Un procès de Moscou à Aix. La face cachée de l'ouvrage de Di Méo par Paul Ariès : 

http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/cyrildimeo.htm

Puisqu’il faut bien répondre.

1)    Je redis comme dans le bouquin que Paul Ariès est un des décroissants les plus respectables et les plus conscients des risques d’une pensée décroissante. Il est un des rares à essayer de croiser luttes sociales et environnementales. Je confirme que je ne lui connais pas de propos malthusiens, écoféministes, spiritualiste, d’écologie profonde etc… Je n’ai d’ailleurs jamais rien dit de tel. L'absence de citation précise dans cette accusation  est assez parlant. Où cela coince t’il alors ? Dans le fait à mon avis que mon bouquin montre les innombrables connections entre des pensées qu’il réprouve et les revues dans lesquelles il écrit. En clair je pense que Ariès (dont je conseille d’ailleurs la lecture à plusieurs reprises dans le bouquin) ne supporte pas le fait que mon bouquin démontre que la quasi totalité de son entourage et des partisans de la décroissance qui l'entourent  sont non fréquentables et défend des thèses qu’il a condamné par ailleurs. En clair comme je le dis au milieu du bouquin je comprends pas ce que fait P Ariès aux côtés de P Rabhi, Serge Latouche, J Grinevald, HR Martin, JC Besson Girard…etc.. Paul Ariès pense qu'il peut extirper la décroissance des griffes des thèses réactionnaires qui la fonde .. je n'y crois pas...

 


2)    Deuxième point d’achoppement, La dépolitisation.  Je ne prête pas ce travers à Paul  Ariès puisque je le considère même à tort "à l'origine" (le terme est vague) au fondement du PPLD (d'après un mel qu'il m'a fait parvenir il n'aurait participé à rien de tout cela, je m'excuse donc du propos) . Paul Ariès dénonce à juste titre la dépolitisation présente dans le mouvement décroissant. Mais je crois que le dénigrement caricatural du développement durable et des éco-tartuffes que les décroissants font entretient ce mécanisme même qu’ils dénoncent par ailleurs. Il est aussi assez sidérant de voir quelqu’un qui pratique de manière récurrente l’invective et le style pamphlétaire m’accuser d’être un "Torquemada" et de vouloir "interdire" de Tribune les décroissants (ce que je n’ai jamais dit ou pensé). On croit rêver alors qu’ils possèdent de nombreux médias comme Silence, L’écologiste, Casseurs de pub et La décroissance…qu’ils inversent les rôles et se fassent passer pour des victimes…Le tout en m’accusant de « dérives médiatique »…on croit rêver quand on sait l’absence de pub et le peu de travail de diffusion fait par L’Harmattan pour la sortie du bouquin …là où nombre de  décroissants en bons anciens du marketing pratiquent l’auto-promotion à outrance dans leurs revues (ce qu’ils ont à titre personnel bien raison de faire). Il y a une capacité des décroissants à se poser en permanence en victime, ( la comparaison avec les procès de Moscou est d'un goût douteux) là où le champ éditorial leur est grand ouvert (comme le montre la rentrée litttéraire), surprenant...Ne parlons pas de l'"onction "qu'est sensé donner Politis à mes thèses.. P Ariès à mal du lire les diatribes parues dans ce journal... qui a défendu le relativisme latouchien contre une écologie universaliste...que j'essaye de défendre.


3)     Sinon on retrouve comme chez V Cheynet une pratique argumentative surprenante. Après avoir expliqué que je mentais, … il nous explique qu’en définitive toutes les bonnes critiques faites dans ce livre (tient il y en a donc) sont connues (on s’en était pas rendu compte) de tous et sont faites par lui depuis longtemps…Il faut à mon avis choisir soit je dis n’importe quoi et Paul Ariès aussi, soit je dis pas n’importe quoi  comme Paul Ariès !!! Il faut choisir.


4)    Dans l’attaque confuse qui s’en suit je suis tour à tour accusé d’être pour un « petit » (sic) commerce équitable là où lui est pour un « grand » (sic ) commerce équitable…Il y a quelque saveur à lire cette affirmation de la part d’une personne et d’un journal qui ont expliqué depuis 5 ans que le commerce équitable est un oxymore (et donc que par nature le commerce ne peut pas être équitable) et qu’il ne peut pas y avoir de commerce équitable…Il devrait relire les 10 objections au commerce équitable de V Cheynet…et les articles enflammés de son journal. Je suis aussi accusé d’être « mondialiste »..je sais pas trop ce que ça veut dire mais ça a l’air très infamant.. Si c’est pour dire que je suis universaliste c’est douteux si c’est pour dire que je suis pour la globalisation financière c’est malhonnête…Je suis aussi sensé être « pour la société de consommation » et "rejoindre la Nouvelle droite" (ce qui assez drôle pour quelqu'un qui signe régulièrement à côté de Serge Latouche), rien de moins… Devant un tel mélange et une telle violence les bras m'en tombent...

 

Ariès a rajouté recemment une critique de mon attitude aux municipales. Il suffira de se reporter à ce blog pour voir en quoi le candiadt du Ps n'était pas défendable.

http://cyril-dimeo.over-blog.com/article-18988441.html link

Je pourrais en tartiner des pages sur le fonctionnment du fonctionnement de la Commission locale d'information de Cadarache quand Medve en était président, à l'urbanisme quand Medve était adjoint à l'urbanisme. Mais voir Ariès dainsi éfendre le PDG d'un cabinet de lobbying économique (ESL and network est surprenant) Mais de toute façon ça n'interessera pas notre Torquemada de la décroissance. Quand le drapeau est levé l'intelligence est dans la trompette.


Tout ça est bien triste. Et fort heureusement ces gens n'ont pas le pouvoir, car nul doute que je finirai dans quelque centre de rééducation populaire.


Signé : Un moscovite mondialiste pour un petit commerce équitable. (parce qu'il vaut mieux en rigoler)
Ps : Cette virulence fait aussi suite à la tribune de Politis.  Qui continue à poser des questions auxquelles les décroissants n'ont pas répondu.

 1) La tribune serait une défense forcenée de l'Etat. Nombre de décroissants m'envoient des mels expliquant tous les méfaits de l'Etat. Je me permets d'abord de signaler que la question n’est pas celle de l’Etat d’ailleurs nombre de redistributions le sont dans le cadre du paritarisme c’est à dire de la cogestion syndicats de salariés et de patrons…mais celle de la socialisation de la richesse. En clair comment fait on de la solidarité pour les retraités, les chômeurs, les malades dans une société sortie de l'économie et du monétaire ? 


2) La critique de l'Etat est facile. J'en partage une partie notamment sur son accaparemment par certaines castes (X, ENA..) L'Etat peut donc polluer et amener à la pollution. Certes mais c’est aussi au nom du refus de l’Etat que l’on pollue sans contrainte..dans d'autres endroits.  Là où certaines règles contraignantes contre la pollution existent c’est "parfois" grâce à l’Etat. L'anarchisme de certains décroissants est légitime même si je ne le partage pas. Mais  je pense que refuser l’Etat au moment où les multinationales le démantèle est dangereux. De plus des pays sans Etat Providence comme les Etats Unis, etc détruisent la planète….Alors tout faire porter à l'Etat est à mon avis assez peu pertinent.



3) Notre définition de la richesse est monétaire et donc fausse . Il faut donc sortir de la monnaie. J'ai bien lu, fut un temps, J Duboin, la grande relève et sa théorie distributiviste (seule reflexion sérieuse sur la disparition de la monnaie) ..mais je n'y crois pas . Je pense comme Aglietta et Orléan que la monnaie est présente dans tout ordre social. ( Même dans les camps de concentration Primo Levi décrit des formes de quasi monnaie.) Les travaux de Jerome Blanc en anthropologie économique sont super interessants sur ces sujets. La monnaie est un outil de canalisation de la violence et de pacification sociale. Il ne faut pas confondre monnaie et forme capitaliste de la monnaie. La conception anti monétaire réduisant la monnaie à une simple fonction capitaliste et utilitaire est la version la plus libérale qui soit. 


4) D'après certains il faut critiquer l'Etat Providence car c'est de l'occidentalisme. Sur le caractère limité du périmètre de l’Etat Providence je rejoins son caractère limité géographiquement .. mais c’est pas l’Etat Providence que je défends c’est une socialisation collective des richesses. Et pour cela il faut une forme monétaire pour faire circuler à grande échelle les biens. Je ne crois pas qu’avec l'augmentation de l’espérance de vie, la demande de soin croissante on puisse passer par d’autres solidarité pour assurer la fin de vie ou la santé… Relisant Ellul récemment dans les nouveaux possédés il reprend cette thèse décroissante il y a solidarité anonyme et "étatique" quand toutes les formes familiales ou communautaires ont explosés..et il le regrette. Comment font ceux qui sont sans famille ? Paul ariès le dit avec une certaine honneteté dans le dernier numéro de la decroissance il n'a pas été très suivi par les décroissants dans sa lutte contre le CPE.


 5) Certains nous accusent dans l'article de substantialiser l'économie. Je suis au regret de dire qu'ils ont compris l'inverse du propos. L'idée est de dire que toutes les sociétés ont des système de création, de circulation, de redistribution et d'échange de richesse. Mais ces formes sont historiquement et culturellement différentes selon l'époque et le lieu. Et toutes les sociétés ont des définitions différentes de  ce qu'elle estime être une  richesse. Il est clair qu'une société sans système économique n'existe pas... Même les ordres religieux que certains decroissants qui m'écrivent semblent concevoir comme des systèmesa-économiques sont basés sur des créations de richesse, une hiérarchie dans sa répartition et des formes de circulation particulière. C'est comme les liens sociaux ou politiques toutes les sociétés sont organisées par ces types de relation qui prennent des formes historiques diffèrentes. L'économie peut prendre d'autres formes que le capitalisme..


6) L'article défendrait une vision monolithique de l'économie. Il n'y a rien de tel dans le texte...Et on considère justement qu'il y a au sein de l'économie des courants hétérodoxes...qui justifient que l'on ne confonde pas science économique et libéralisme. C'est justement cette vision Latouchienne de l'économie réduite à sa seule composante libérale que nous critiquons. L'idée est justement de ne pas abandonner la critique économique du capitalisme

 

Nombre  de décroissants après avoir tartiné sur l'existence d'une crise écologique et les méfaits de la croissance, après avoir multiplié les attaques personnelles ..ne répondent pas aux questions que nous posons. Pour que cela soit plus facile je vais donc en re-écrire clairement quelques unes.


1) En parlant d'oxymores : du développement durable, du commerce équitable, de l'économie sociale et solidaire ...cela revient à considérer que par nature, par essence l'économie ne peut pas être sociale et solidaire, le développement durable et le commerce équitable. Cela revient à se priver de l'idée d' alternatives économiques possibles au capitalisme existant. Cela ne correspond il pas à une essentialisation de l'économie du commerce et du développement dangereuse ? N'est ce pas une voie risquée  qui revient à se priver d'une alternative économique au capitalisme actuel ? Paul Ariès dans son bouquin No Conso ferme ainsi la porte à toutes ces alternatives que peuvent porter d'éventuels mouvements consommateurs...


2) La monnaie n'est pas un outil capitaliste c'est un vecteur de cohésion sociale (Aglietta). L'usage capitaliste de la monnaie n'est pas à confondre avec l'existence de monnaie. Le refus du monétaire est basé sur une fausse représentation de la monnaie. Et la monnaie est le vecteur d'une socialisation de la richesse dans nos sociétés. Comment peut on assurer une socialisation des richesses dans un système non monétaire souhaité par les décroissants ? La confusion entre monétarisation et marchandisation ne s'appuie t'elle pas sur une idéalisation des systèmes de don et de troc ?? La solidarité hors du monétaire peut elle être égalitaire, peut elle sortir des solidarités familliales ou communautaires ? Comment faire une sécurité sociale, un système de retraite si on sort d'une économie monétaire pour une société d'auto-production, de troc..etc..? Comment peut on de manière cohérente défendre les services publics et refuser la monétarisation sur laquelle (via les prélèvements obligatoires) ils sont assis...??


3) N'y a t'il pas danger à vanter les vertus de la crise, de la pauvreté volontaire dans un moment où le capitalisme crée beaucoup de précarisation et de pauvreté subie ? En incitant à la sortie du système ne fait on pas le jeu d'un système qui exclu de plus en plus de personnes..? Avec la décroissance on donne certes à des personnes des façons de survivre mais ne faut il pas porter le combat sur de nouvelles règles sociales empechant le "précariat" ? Le capitalisme est encadré dans un système institutionnel diraient les régulationnistes. Quel est le système social proné par les décroissants ? Quelle est la forme de protection sociale, de contrat de travail, de mécanismes de répartition des gains de productivité souhaités par les décroissants. 


4) L'interprétation non économique de la situation  n'est elle pas contre productive ? Le fétichisme du pic de Hubbert et de la crise énergétique oblitèrent toutes les autres dimensions de la crise actuelle du capitalisme. On nous a déjà fait le coup pour la crise des années 70... La suite a été une bonne thérapie libérale pour retrouver les fondamentaux. La non lecture du capitalisme comme un système d'accumulation de valeur est totalement dans la logique libérale. N'y a t'il pas de danger à considérer que le travail ne crée pas de valeur..et que la valeur vient de l'usage..ou de la nature ? Ce sont les bases de l'économie néoclassique qui nie le capitalisme comme un rapport d'exploitation.. !! Ce fondement n'est il pas à discuter ??


5) Est il possible que les décroissants sortent du système binaire où tous ceux qui ne sont pas pour la décroissance  sont pour la croissance ? Dans l'histoire de la pensée économique .. il est clair que la critique de la croissance est présente dans la pensée écologique depuis de nombreuses années..Denis Clerc retrace dans son article "De l'état stationnaire à la décroissance un concept  flou (in L'économie politique avril 2004) cette généalogie partant des physiocrates  et de nombreux autres économistes... Même les institutions internationales ont inventé des indicateurs alternatifs à la croissance depuis de nombreuses années. Par exemple l'indice de développement humain qui mesure le degré de richesse, le taux de scolarisation et l'espérance de vie... Cet indicateur n'est pas complet ni totalement satisfaisant mais de grace ne faisons pas croire que la discussion est entre croissance et décroissance...Ce serait méconnaitre plusieurs siècles de débats intellectuels dans la philosophie et la pensée économiques...

Mais qu'est ce que cette reflexion face à la fulgurance et au génie des décroissants ? ; ))

16/12/ 2008


 

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