De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.
"Je pense à Edouard Levé. "Décrire précisément ma vie me prendrait plus de temps que la vivre", avait noté l’artiste dans son "Autoportrait", deux années avant de se suicider. Je me demande si la difficulté d’inventer un art subversif, puis de se rendre compte d’une impasse, est lié à ce renoncement. Le suicide est un renoncement. Je ne me suiciderai pas mais je suis beaucoup plus proche d’Edouard Levé que de tas d’autres types auxquels on m’associe. Je me sens capable des deux. Vivre et écrire. Pour la subversion, je ne sais pas. On verra plus tard, au moment de l’addition.
Je pourrais résumer brutalement la situation ainsi : on m’empêche d’écrire et ça m’empêche de vivre. Le "on" est difficile à cerner. Il mêle ceux qui déposent des plaintes contre moi mais aussi et surtout ceux qui laissent faire, instruisent à charge ou encouragent ma mise à mort. Je ne parle pas d’une mort physique, mais d’une mise à l’écart, d’une volonté de faire taire, d’une forme élaborée de censure.
J’écris des livres et je réalise des films. Je n’ai pas de sujets déterminés. J’ai écrit sur le football, le sexe, l’amour, la politique, les crimes de sang, les crimes d’argent. J’écris en me laissant porter par une nécessité. Je ne choisis pas les emmerdements. Je ne suis pas plus courageux ou plus fou qu’un autre. J’ai du mal à comprendre pourquoi les emmerdements me sont tombés dessus ces dernières années. Je traîne un orage au dessus de la tête...
C'est un extrait du début de mon livre qui sort le 4 avril prochain. Si les petits cochons ne me mangent pas avant..."
Bon je file chez mon libraire....