| 20Minutes.fr | 15.01.07 Après avoir participé à une table ronde organisée mercredi dans le cadre d’une mission d’information parlementaire sur le contrôle des transferts dans le football, Jean-Luc Bennhamias fait le point sur la mobilisation politique pour tenter de réglementer le monde du ballon rond. Interview du député européen Vert, également impliqué à Bruxelles dans la rédaction d’un livre blanc sur l’avenir du football.
Comment est né cette mission et quelles en sont les premières conclusions ? De nombreux députés et sénateurs ont perçu dans leurs circonscriptions les désordres du football et plus spécifiquement ceux liés aux transferts de joueurs, que ce soit à Marseille, Paris, Strasbourg Nice et d’autres… Alors le monde parlementaire a décidé de s’intéresser à la question. Faute de consensus, la commission d’enquête s’est transformé en simple mission d’information, mais les gens réunis autour de la table sont les mêmes, c’est-à-dire des agents, des juristes, le syndicat des joueurs, des représentants des clubs professionnels, la ligue et la fédération. A ce stade, la question qui fait le plus débat est de savoir par qui un agent doit-il être payé au moment d’un transfert. Les joueurs et une majorité d’agents semblent préférer que ce soit les footballeurs qui rémunèrent leurs agents, les clubs préfèreraient que ce soient eux.
Pourquoi ? Je pense que c’est un moyen de vouloir contrôler l’ensemble des étapes de la transaction. Mais tout n’a pas été dit, et tout ne sera jamais dit… C’est un monde de fou…
Et vous, qu’avez-vous proposé ? Ce que je défends à Bruxelles et à Strasbourg comme député européen: la création d’une instance de contrôle indépendante réunissant l’ensemble des acteurs du football, sur le modèle de l’Association mondiale anti-dopage (AMA). Le niveau national est devenu inefficace pour lutter contre les maux du football dans leur ensemble. Bien sûr, je ne prétends pas que cette structure lavera plus blanc que blanc mais, comme l’AMA obtient des résultats sans empêcher le dopage, je pense que cela fera progresser le foot. C’est cette démarche que nous avons entamée au Parlement européen et qui aboutira d’ici quelques mois à la publication d’un livre blanc du football professionnel. Ce sera un moyen de montrer aux acteurs du football qu’ils peuvent s’appuyer sur les structures politiques.
N’est-ce pas vain de vouloir réguler le football? De toute façon, ça n e peut plus continuer comme cela. Regardez le G14, il est en train d’exploser. Karl-Heinz Rumenigge (le dirigeant du Bayern Munich) évoquait devant notre commission parlementaire européenne la possibilité de mettre en œuvre une masse financière maximale pour tous les clubs. Même le Bayern n’arrive plus à suivre cette inflation permanent e vers toujours plus d’argent! Mais c’est également le sens de la candidature de Platini à l’UEFA. Autre exemple, notre Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) existe maintenant en Allemagne et est amorcée en Angleterre… Et encore, elle pénalise surtout les plus faibles. Au Parlement européen, on est environ 150 à s’intéresser à la question. Ce n’est pas pour rien que le sujet arrive sur la pelouse… Réformer le foot est devenu impératif |