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De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.

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Le latouchisme de Politis

  Politis vient de faire une mini chronique de mon bouquin. La critique est sevère. Mais ce qui est assez marquant c'est que P. Piro prend position pour le relativisme latouchien et son "ré-enchantement" du monde. Comme si une écologie universaliste et laïque n'était pas pertinente.

C'est un peu inquiétant si Politis se met à défendre le latouchisme.... Car le propos de Serge Latouche est clair « Il y a dans cette proposition qui part d’un bon sentiment « vouloir construire des écoles, des centres de soin, des réseaux d’eau potable et trouver une autonomie alimentaire » un ethnocentrisme ordinaire qui est précisément celui de développement » (Serge Latouche, « Et la décroissance sauvera le Sud » in Le Monde Diplomatique, novembre 2004). Et c'est pour cela qu'il refuse avec autant de vigueur le développement. On trouvait déjà cette critique chez Illich lorsqu’il cherchait à « libérer l’avenir » et rêvait d’une société sans école, ni institutions médicales ou autres. Politis en adoptant le latouchisme est donc amené à refuser de défendre l'égalité de droits universels dans le Tiers monde, à refuser la construction d'écoles dans le tiers monde, à considèrer qu'il faut pas aider à la construction de réseaux d'eau potable, à refuser le développement de systèmes de soins dans le Tiers Monde...car ce serait de l'occidentalisation du monde... ça laisse..sur le cul..

De plus on peut constater que P Piro fait comme si le discours spiritualiste des décroissants (qui est donc reconnu) était si différent du conservatisme des croyances religieuses institutionnalisées. Et P Piro ne voit pas de problèmes à l'éco-féminisme de certains décroissants qui publient dans Politis. Ainsi Pierre Rabhi se plait à affirmer qu' « à [sa] connaissance il n’y a pas une seule femme qui ait inventé une bielle ou un engrenage ! » (Graines de possibles).  Ou  défend aussi cette alliance sacrée entre la Terre et l’homme : « Il y a alors une colère silencieuse, et l’anneau d’alliance qui réunit la terre, les plantes, les animaux et les hommes entre eux est rompu. » et « les êtres humains les plus avisés savent que le chemin le plus juste passe par la reconstitution de l’anneau rompu ». Si Politis pense qu'il y a pas de problème à vouloir reconstituer l'alliance sacrée avec la Terre mère.... Cela ne le gène pas...

 P Piro, n'est pas géné non plus que Jacques Grinevald, cheville ouvrière du journal La Décroissance et de L’Ecologiste, conseiller scientifique de la revue Silence et auteur de la préface de l’ouvrage La décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen  lance dans une véritable ode « Le nom de Charlène Spretnak, je veux dire ce qu’il représente dans le monde des idées d’avant garde de la renaissance écologique ». Il rajoute avec lyrisme « il est clair comme le souligne depuis des années Charlène Spretnak, qu’on ne peut séparer l’écologie politique et l’écologie spirituelle. […] Comme le disait le poète la femme est l’avenir de l’Homme. Notre Terre Mère, Gaia, notre Biosphère, notre nouvelle Matrie planétaire, est une nouvelle figure du sacré qui tient compte des générations futures et de la biodiversité nécessaire à l’existence même de la Biosphère».

 Etc.... je vais pas vous refaire les 200 pages. Mais pour moi les gens qui écrivent ce genre de truc sont pas très fréquentables...

 Là où l'on regrette que le texte ne soit pas plus précis c'est lorsqu'il évoque les amalgames du bouquin.. on aurait aimé une lecture de texte précise pour dire quelles phrases citées dans le bouquin n'avaient pas été réellement dites par leurs auteurs....

 

 

Le relativisme latouchien est vraiment un danger pour les luttes progressistes à venir. Si même Politis critique l'idéal d'émancipation universaliste.. on est mal barré... pour les luttes à venir...

 

 

 

 

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L
Je connais peu la mouvance que vous évoquez. De Serge Latouche, j'ai lu "l'occidentalisation du monde". Même si je ne suis pas d'accord avec tout, je n'y retrouve pas ce mysticisme dont vous parlez. Je suis assez d'accord avec son relativisme et avec le fait que l'universalisme occidental est un autre nom de l'impérialisme. <br /> Cependant plusieurs choses me gêne dans l'approche de Latouche :<br /> D'une part sa conception de la technique. Si on prend au sérieux l'approche ergologique de Jean Gagnepain, la technique est une des facultés qui nous sépare de l'animal et en ce sens tout peuple est technicien.<br /> D'autre part sa conception de l'histoire et de l'identité. Pour ma part je pense qu'il n'y a pas d'essence culturelle. Tout trait culturel est susceptible d'emprunt et d'appropriation. C'est refuser aux autres cultures la capacité d'histoire que de penser qu'elles ne peuvent s'approprier l'autre. Quand Latouche dit par exemple "qu'il n'y a pas de véritable audiovisuel africain et de dynamisme à en attendre", il sous estime leur capacité à s'approprier un média qui leur est effectivement à l'origine étranger. Il n'est qu'à voir cette utilisation communautaire de la revue de presse radiophonique (je crois que c'est au Mali) qui est une façon pour le griot traditionnel de s'emparer de la technique. <br /> radiophonique.Les peuples non occidentaux ne peuvent pas faire comme si ils n'avaient eu aucun contact avec l'occident. <br /> Enfin, en insistant sur l'hétérogénéité radicale des cultures, il jette si j'ose dire le bébé avec l'eau du bain et s'interdit toute anthropologie générale. Car si les façons d'être humain sont effectivement diverses, et qu'il n'y a pas d'universaux, il n'y a d'existence de sciences humaines que si on accepte l'idée que partout et toujours, les processus anthropologiques qui fondent l'humanisation sont les mêmes. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de lois universels qu'il n'y a pas de lois générales.
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