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De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.

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Cheynet ne répond pas...

Suite à notre Tribune dans Politis Vincent Cheynet fait cette semaine une non réponse dans Politis (copie ci jointe).

Après avoir tartiné sur l'existence d'une crise écologique et les méfaits de la croissance, position que nous partageons avec Jean Marie, Vincent Cheynet ne répond pas .. aux questions que nous posons.

Pour que cela soit plus facile je vais donc en re-écrire clairement quelques unes.

1) En parlant d'oxymores : du développement durable, du commerce équitable, de l'économie sociale et solidaire ...cela revient à considérer que par nature, par essence l'économie ne peut pas être sociale et solidaire, le développement durable et le commerce équitable. Cela revient à se priver de l'idée d' alternatives économiques possibles au capitalisme existant. Cela ne correspond il pas à une essentialisation de l'économie du commerce et du développement dangereuse ? N'est ce pas une voie risquée  qui revient à se priver d'une alternative économique au capitalisme actuel ?

2) La monnaie n'est pas un outil capitaliste c'est un vecteur de cohésion sociale (Aglietta). L'usage capitaliste de la monnaie n'est pas à confondre avec l'existence de monnaie. Le refus du monétaire est basé sur une fausse représentation de la monnaie. Et la monnaie est le vecteur d'une socialisation de la richesse dans nos sociétés. Comment peut on assurer une socialisation des richesses dans un système non monétaire souhaité par les décroissants ? La confusion entre monétarisation et marchandisation ne s'appuie t'elle pas sur une idéalisation des systèmes de don et de troc ?? La solidarité hors du monétaire peut elle être égalitaire, peut elle sortir des solidarités familliales ou communautaires ? Comment faire une sécurité sociale, un système de retraite si on sort d'une économie monétaire pour une société d'auto-production, de troc..etc..? Comment peut on de manière cohérente défendre les services publics et refuser la monétarisation sur laquelle (via les prélèvements obligatoires) ils sont assis...??

3) N'y a t'il pas danger à vanter les vertus de la pauvreté volontaire dans un moment où le capitalisme crée beaucoup de précarisation et de pauvreté subie ? En incitant à la sortie du système ne fait on pas le jeu d'un système qui exclu de plus en plus de personnes..? Avec la décroissance on donne certes à des personnes des façons de survivre mais ne faut il pas porter le combat sur de nouvelles règles sociales empechant le "précariat" ? Le capitalisme est encadré dans un système institutionnel diraient les régulationnistes. Quel est le système social proné par les décroissants ? Quelle est la forme de protection sociale, de contrat de travail, de mécanismes de répartition des gains de productivité souhaités par les décroissants.  

4) Est il possible que les décroissants sortent du système binaire où tous ceux qui ne sont pas pour la décroissance  sont pour la croissance ? Dans l'histoire de la pensée économique .. il est clair que la critique de la croissance est présente dans la pensée écologique depuis de nombreuses années..Denis Clerc retrace dans son article "De l'état stationnaire à la décroissance un concept  flou (in L'économie politique avril 2004) cette généalogie partant des physiocrates  et de nombreux autres économistes... Même les institutions internationales ont inventé des indicateurs alternatifs à la croissance depuis de nombreuses années. Par exemple l'indice de développement humain qui mesure le degré de richesse, le taux de scolarisation et l'espérance de vie... Cet indicateur n'est pas complet ni totalement satisfaisant mais de grace ne faisons pas croire que la discussion est entre croissance et décroissance...Ce serait méconnaitre plusieurs siècles de débats intellectuels dans la philosophie et la pensée économiques...

Mais bon..c'est vrai qu'il est plus facile de faire de l'invective et des attaques personnelles virulentes (ce que notre tribune ne faisait pas). Nos questions avec Jean Marie sont portées dans le souci de faire converger luttes sociales et luttes écologistes... On a le droit d'être utopiste non ?

 

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R
Vos tartines de commentaires sont impressionnantes. Elles s'adressent malheureusement à un cercle d'inités.<br /> <br /> Concrètement, qu'est-ce que vous faites ?
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C
Le prêtre de la religion économique Jean-Marie Harribey pose cette question : « Que faites-vous donc des rapports de force ? Que faites-vous de toute l’histoire des luttes sociales depuis deux siècles et qui ont abouti à un lente construction de quelques barrières à la toute-puissance du droit de propriété, barrières que l’on appelle protections sociales ? »<br /> <br /> Pour savoir à quoi ont abouti ces luttes sociales qui n’ont été que des « luttes spectaculaires » (G. Debord) il suffit de lire Paul Lafargue dans Le Droit à la paresse ou encore Marx dans La Critique du programme du parti ouvrier allemand. <br /> <br /> « La société communiste... n’est pas celle qui s’est développée sur ses bases propres, mais au contraire celle qui vient d’émerger de la société capitaliste ; c’est donc une société qui, à tous égards... porte encore les stigmates de l’ancien ordre... » (Charles Marx, Critique du programme du parti ouvrier allemand, 1875.). <br /> <br /> Voilà résumé en quelque sorte les avancées des luttes sociales hier du marxisme, aujourd’hui du néo-marxisme altermondialiste. Ultra-libéraux et altermondialistes sont finalement les mêmes machinistes accaparées par la même tâche consistant à substituer la théorie de la valeur objective à la théorie de la valeur subjective (cf. les 2 tomes du Marx du phénoménologue Michel Henry)<br /> <br /> « Il faut donc, au lieu de continuer à les confondre subrepticement, opposer, comme le fit Marx dans la Critique du programme du Gotha, socialisme et communisme. En tant qu'il s'appuie sur la socialisation des moyens de production et en tire les conséquences : la socialisation des moyens de production, de la gestion, etc., le communisme, on l'a vu, ne peut éluder les problèmes de l'individu, le problème de la consommation et du " travail ". S'il tente de rejeter l'aliénation constitutive du capitalisme, [c'est-à-dire] l'exploitation de l'homme dans le surtravail, il n'abolit pas pour autant, on vient de le rappeler, l'aliénation fondamentale de l'économie marchande, le devenir autre de la praxis réelle dans le " travail social ". Or c'est cette aliénation dernière que prend en vue le socialisme, c'est elle que Marx a voulu éliminer. Il ne pouvait le faire en substituant l'universalité d'une essence sociale à l'activité de l'individu si l'aliénation consiste précisément dans une telle substitution, si cette activité est au contraire ce qu'il faut rendre à elle-même et libérer. Telle est le contenu sans équivoque de la Critique du programme de Gotha. La société de surabondance ne se définit pas par la somme des biens sociaux qu'elle met à la disposition de tous mais, de façon décisive aussi bien qu'explicite, par le fait que dans une telle société la praxis de l'individu n'obéit plus qu'à lui-même et aux potentialités spécifiques de la vie en lui ». (M. Henry, tome 2, p.481)<br /> <br /> Faut sortir parfois des réflexes marxistes, et considérait que " les marxismes sont l'ensemble des contre-sens qui ont été faits sur Marx ". <br /> <br /> Même avec les bons et la redistribution, l'aliénation persiste en régime socialiste, altermondialiste ou " Harribéo-Di-meoiste ", comme en régime d'économie solidaire. Dès que la praxis est prise en compte socialement et figurée, que ce soit dans un bon de travail, un revenu minimun d'existense (conditionnel ou pas), ou de l'argent, on nage dans l'aliénation comme un poisson dans l'eau, c'es-à-dire dans l'a-trophisation des potentialités de la Volonté de puissance nietzschéenne, c'est-à-dire de l'auto-accroissement des potentialités de la vie qui déborde de soi dans un ivresse sans fond.<br /> <br /> Je pense que le coeur de la décroissance c'est cela. L'aliénation de la valeur objectale (et pas seulement celle de la plus-value) est inacceptable. Les altermondiaslistes comme l'extrême-gauche marxiste en règle générale, ne souhaite que perpétuer l'a-trophisation des potentialités subjectives sous les coups de boutoir des représentations. Voilà à mon le différent, par exemple avec des personnes comme Harribey et Di Meo. Il se présentent comme héritier de Marx, or ils n'y ont pas compris grand chose (je me réfère au Marx de Michel Henry). Bernard Guibert résume bien à mon sens la situation : « le problème est moins celui des inégalités que celui de l'aliénation ». Une économie égalitaire ne règlerait pas le problème de l'objectivisme. Avoir les yeux rivés sur les inacceptables inégalités que produisent la mise en représentations économiques, et tenter de donner des représentations qui formeraient une économie à visage humain, ne règle aucunement le problème du meurtre de la subjectivité sous la généralité, l'égalité et l'universalité des représentations. <br /> <br /> C'est cela que signifie, « Sortir de l'économie », sortir de l'autonomie représentationnelle de l'économique. C'est également cela que signifie l'expression « Que la crise s'aggrave ! Que l'a vie l'emporte ! »...<br /> <br />
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S
« Il faut reconnaître que le journal La Décroissance a su mettre sur la<br /> place publique et en quelque sorte populariser l¹idée, évidente et de bon<br /> sens mais complètement occultée depuis plus de trente ans, qu¹une croissance<br /> économique infinie est impossible dans un monde aux ressources finies à<br /> l¹aide de quelques thèmes simples et d¹images frappantes (la déplétion du<br /> pétrole, notamment). Beaucoup de personnes qui, sans avoir de culture<br /> politique ou de connaissance de la critique sociale, sentent confusément<br /> qu¹il y a quelque chose de pourri au royaume de la marchandise en ont fait<br /> une sorte de marque de reconnaissance, sans toujours adhérer aux idées (ou à<br /> l¹abscence d¹idées) exprimées dans ce journal. Surtout, ce que nous avons pu<br /> observer et qui est le plus important, c¹est qu¹un nom ? la décroissance ? a<br /> été donné au sentiment que « cela ne va pas pouvoir durer comme ça », à la<br /> conscience diffuse du désastre écologique et social et à la volonté confuse<br /> et très désarmée de réagir là-contre. Il n¹est pas ici question d¹une<br /> idéologie nouvelle, car comme C. Tarral le remarque d¹emblée « la<br /> décroissance est un concept ³auberge espagnole² » où chacun met ce qu¹il a<br /> envie d¹y trouver et en ce sens il s¹agit d¹un mouvement infra-politique où<br /> tout un tas de gens se cherchent, se rencontrent, discutent et s¹égarent<br /> aussi (le Bêtisier de la décroissance pourrait aisément occuper des pages),<br /> tout simplement du fait de l¹impuissance et de la dépossession qui nous<br /> accablent tous face à la monstruosité du système industriel dans lequel nous<br /> vivons. Bref, pour beaucoup de gens, c¹est un point de départ comme un autre<br /> pour une rencontre avec la critique sociale et qui, comme on dit, « mène à<br /> tout à condition d¹en sortir »?<br /> Le seul problème est qu¹il y a un certain nombre de personnes bien décidés à<br /> ne pas en sortir et principalement les chefs de rayon de la petite boutique<br /> que constitue maintenant le journal La Décroissance. Ils ont, semble-t-il,<br /> du mal à admettre que le fond, ce « concept » pour le moins flou, déjà ne<br /> leur appartient plus. Mais au moins sont-ils encore propriétaires des murs,<br /> à savoir le journal lui-même et sa ligne éditoriale. A partir de là, ils<br /> semblent bien décidés à imposer leurs pauvres idées ? c¹est compréhensible,<br /> il faut bien rentabiliser l¹investissement militant dans un créneau qui<br /> s¹avère en fin de compte aussi porteur. »<br /> <br /> <br /> Maintenant, je dois dire que je te trouve vraiment bien gentil de croire<br /> qu¹il est encore possible de discuter avec des Ariès, Cheynet, Clémentin.<br /> Ces gens-là, notamment avec l¹histoire autour du communiqué et de<br /> Decroissance.info, ont montré suffisament toute la malhonnêteté<br /> intellectuelle dont ils sont capables.<br /> <br /> Ils ne veulent pas discuter de la nature de l¹Etat, ils ne veulent pas<br /> entendre les critiques de la démocratie représentative, ils ne veulent pas<br /> admettre que des activités politiques puisse prendre des formes autonomes<br /> des institutions. Et cela parce qu¹ils considèrent l¹Etat comme une machine<br /> neutre et mal utilisée, parce qu¹ils veulent jouer un rôle sur la scène<br /> politique (sans avoir l¹air d¹y toucher, bien sûr), parce qu¹en bon<br /> politichiens ils ne veulent pas se faire déborder sur leur gauche. Le reste<br /> de leurs prises de positions découle de là, de cet ensemble de préjugés<br /> qu¹ils ne veulent pas remettre en question.<br /> <br /> Comme tu dis: ³Et donc forcément vous en arrivez ouvertement à défendre<br /> l'Etat-social-Providence.² Sauf que ce n¹est pas la conclusion, mais bel et<br /> bien le point de départ, la racine-pivot de toute sa réflexion. Ce n¹est pas<br /> tant leur ³économisme² qu¹il faut leur reprocher, mais bien plutôt leur<br /> étatisme et le fait qu¹il veuillent ignorer ou ne pas se poser de question<br /> sur la nature de l¹Etat que l¹économie capitaliste implique et rend<br /> nécessaire pour son bon fonctionnement.<br /> <br /> ³...sinon on aurait bien pu nous faire croire que le train de l¹anti-CPE<br /> avait été raté? Du moins une chose est certaine, il a été raté par<br /> certains.² <br /> Ariès n¹a pas raté le train, encore aurait-il fallu qu¹il veuille le<br /> prendre. Le Communiqué suite à l¹Appel de Raspail est là pour montrer à quel<br /> point ils haissent tous ces ³incontrôlables² qui s¹expriment en leur propre<br /> nom dans les mouvements sociaux. Le communiqué tente de faire passer des<br /> gens qui sont libertaires ou anarchistes, en tout cas contre les formes<br /> hiérarchisés de pouvoir, pour des ultra-libéraux, voire des fascistes. Cela<br /> a un nom et s¹appelle de la manipulation. Ce communiqué et plus encore celui<br /> qui l¹a remplacé ³Décroissance.info, site nauséabond² sont des manoeuvres<br /> politiques - extrêmement maladroites, certes (on a affaire à de véritables<br /> imbéciles) -, mais qui montrent bien les méthodes de nos ³républicains et<br /> humanistes².<br /> <br /> Ariès, Cheynet, Clémentin haissent les ³gauchistes² comme le montre la<br /> persistance avec laquelle sont caricaturés de manière calomnieuse ceux qui<br /> refusent l¹Etat et critiquent la démocratie directe dans le journal ³La<br /> Décroissance² (cf. la BD ³Stef le décroissant² qui occupe près d¹une page<br /> dans le dernier numéro).<br /> <br /> Peut-on encore discuter avec des gens qui emploient de telles méthodes<br /> pourries de politichiens de merde?<br /> Peut-on encore discuter avec des gens qui nous considèrent eux-mêmes et<br /> spontanément comme des ennemis politiques à combattre par tous les moyens?<br /> La réponse est non, bien évidement.<br /> On ne discute pas avec ces gens-là, on les dénonce pour ce qu¹ils sont,<br /> simplement en exposant sur la place publique leur petites manoeuvres, leur<br /> minables calculs, leurs intérêts mesquins. Ils nous en ont donné, ils nous<br /> en donneront encore l¹occasion.<br /> <br /> <br /> Maintenant, je dois dire aussi que j¹ai trouvé fort pertinente la mise en<br /> garde de Cyril Di Méo et Jean-Marie Harribey ³Du danger de la décroissance²<br /> dans Politis. Je ne partage pas du tout leur vues (et moins encore leurs<br /> méthodes) et la réponse de Philippe Zarifian recadre bien les choses. Mais à<br /> partir du moment ou l¹on se dit ³Républicain et Humaniste² comme le dit<br /> Ariès, c¹est-à-dire que l¹on défend l¹Etat et ses institutions, il y a une<br /> contradiction à défendre aussi ³l¹autoproduction, le don, les systèmes<br /> d¹échange locaux et nombre d¹autres formes d¹échanges non monétaires² et<br /> d¹autres structures autonomes où les populations s¹organiseraient<br /> d¹elles-mêmes et par là même constitueraient un pouvoir à l¹échelle locale<br /> indépendant de celui de l¹Etat et de ses institutions. Bref, on ne peut pas<br /> défendre l¹Etat et en même temps prôner la création de structures autonomes,<br /> c¹est en effet contradictoire LORSQUE L¹ON RECONNAÎT LA VÉRITABLE NATURE DE<br /> L¹ETAT. <br /> Mais il s¹agit là certainement d¹une des multiples contradictions qu¹amène<br /> nécessairement la défense de l¹Etat, de l¹Ordre, de l¹Autorité et de la Loi<br /> à une époque où il n¹a jamais été aussi manifestes qu¹Ils sont injustes,<br /> oppressifs et destructeurs de toutes les conditions de l¹autonomie. C¹est<br /> évidement de telles contradictions qui nous vaudront de la part d¹Ariès,<br /> Cheynet et Clémentin d¹autres réécritures de l¹histoire (³l'Etat-social<br /> actuel « est une trahison du projet initial » (votre ouvrage, p. 46)²),<br /> d¹autres falsifications et mensonges, absolument nécessaires lorsqu¹on a un<br /> pouvoir et une idéologie à défendre.<br /> <br /> A te lire<br /> Bertrand<br /> <br /> PS: copie de ce message à pour info uniquement.<br /> <br /> <br /> -- <br /> Notes & Morceaux Choisis<br /> Bulletin critique des sciences, des technologies<br /> et de la société industrielle<br /> c/o Bertrand Louart - 52, rue Damrémont - 75018 Paris<br /> Site <br />
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C
La réponse faite par Jean Marie à M Zarifian. <br /> <br /> Monsieur Philippe Zarifian,<br /> <br /> Circule sur Internet un texte de vous qui entend répondre à la petite tribune que Cyril Di Méo et moi avons signé dans Politis 917.<br /> Vous vous insurgez contre le « ton » et le « fond » de cette tribune. Puis-je vous faire part de mon étonnement ?<br /> <br /> 1) Sur le ton<br /> Où avez-vous trouvé le mot « éradication » à propos des décroisseurs dans notre texte ? Est-il interdit de signaler ce qui nous apparaît être un danger. Je ne vous interdis pas de dire que selon vous le « vrai danger » vient de nous comme vous l’écrivez.<br /> Où avez-vous trouvé que nous doutions de la « sincérité de l’engagement » des décroisseurs ? Soit dit entre nous, je pense qu’ils sont sincères mais cette reconnaissance de leur sincérité ne vaut pas quitus pour le contenu de leur discours.<br /> Où avez vous lu que je vous « apprends mon rôle dans Attac » ? Je n’ai jamais rien écrit qui pourrait laisser deviner ce que je fais dans cette association (rien de bon, aux yeux de quelques-uns). La note de bas de page indiquait la dernière publication de celle-ci. Ce n’était pas un CV. Et se présenter comme économiste est-il a priori disqualifiant ? Et avons-nous comme vous étalé nos titres et nos diplômes ?<br /> Qu’est ce qui est le plus agressif : un texte de 5800 signes comme le nôtre ne contenant aucune mise en cause personnelle de qui que ce soit ou bien un texte de 10400 signes (le double donc) comme le vôtre nous mettant en cause personnellement ? Mais, déjà, il s’agit non plus du ton mais du fond.<br /> <br /> 2) Sur le fond<br /> Vous nous reprochez de croire qu’il « n’existe qu’une économie ». Pardonnez-moi de vous le dire aussi brusquement mais vous commettez un double contre-sens. Primo sur nous, parce que nous disons exactement le contraire et c’est l’un des points de désaccords avec les théoriciens de la décroissance qui prônent la « sortie de l’économie » (je souligne le l). Vous avez mal lu le petit texte de Politis. Secundo avec les décroisseurs dont vous semblez ignorer qu’ils défendent pour beaucoup ce point de vue (je n’aurais pas l’outrecuidance de vous donner les références principales). Et vous nous faites une leçon sur Marx dont nous vous remercions beaucoup car on n’a jamais fini d’apprendre sur cet auteur, mais, là, pour le coup, vous croyez nous donner un scoop à propos des rapports sociaux dissimulés derrière le discours économique dominant. La naturalisation des conditions sociales est l’un des reproches essentiels que Cyril Di Méo adresse aux décroisseurs dans son livre La face cachée de la décroissance et vous trouverez également ce thème décliné souvent sur mon site internet et dans Le petit Alter.<br /> Vous nous reprochez une nostalgie des Trente Glorieuses. Vous êtes très très fort pour trouver cela dans notre texte. Patatras pour ce nouveau contresens. Lisez ne serait-ce que l’introduction du Petit Alter. Certes, je ne peux vous faire grief de pas avoir lu tout mon travail ni même une bribe de celui-ci. Mais, au moins, si vous entreprenez une discussion critique de ce travail, prenez-en un minimum connaissance. Et, pour ne pas que cela vous prenne trop de temps, jetez simplement un coup d’œil à mes chroniques dans Politis depuis trois ans dont une bonne moitié est consacrée aux thèmes en discussion.<br /> Si vous acceptez de vous départir de ce ton professoral bien mal assuré, peut-on examiner les vrais désaccords ?<br /> <br /> Pour quelqu’un comme vous qui se targue de non économicisme, il est curieux que vous attribuiez la construction de l’Etat-Providence aux seuls gains de productivité de l’après-guerre. Que faites-vous donc des rapports de force ? Que faites-vous de toute l’histoire des luttes sociales depuis deux siècles et qui ont abouti à un lente construction de quelques barrières à la toute-puissance du droit de propriété, barrières que l’on appelle protections sociales ?<br /> Et cette erreur d’analyse historique n’est pas sans conséquence pour les politiques d’avenir à proposer. Car si l’on oublie que la protection sociale est le fruit d’une conquête, on saute vite le pas de la régression, voire du démantèlement, des « grands systèmes socio-techniques » (comme le dit l’un de vos collègues) par lesquels ont été institutionnalisées la retraite, l’assurance maladie, etc. Si nous avions la moindre crainte que vous puissiez croire que le dépassement de la condition salariale viendra de ce démantèlement ou du détricotage du droit du travail, vous nous conforteriez dans notre volonté d’avoir attiré l’attention dans Politis sur ce point.<br /> Qu’avons-nous dit (rapidement) sur la monnaie ? Qu’il ne fallait pas confondre monétisation et marchandisation (confusion répandue partout dans les milieux écologistes et altermondialistes, au point d’ignorer que le PIB comprend le non marchand et de croire comme un lecteur qui a écrit à Politis que le PIB enfle avec la hausse des prix ou avec les flux financiers). Que la distribution de revenus (salaires et profits bien sûr mais aussi prestations dont retraites et revenu garanti pour tous !) est sous forme monétaire. Et que la socialisation d’une partie (de plus en plus grande espérons-nous) de la richesse passe par l’institution sociale qu’est la monnaie.<br /> La socialisation de la richesse produite (je laisse de côté ici, pour ne pas allonger de trop, la question de la nécessaire propriété sociale des ressources naturelles) est un pas vers la gratuité qui ne peut pas dans une société moderne se limiter aux dons et contre-dons individuels, au risque, comme nous le disons, de faire régner les « protections individuelles, familiales ou communautaires. » Le versement d’une retraite collective ne se fera jamais dans des « rapports interhumains directs » comme vous le dites, mais sera médiatisé par des institutions. Même les partisans des fonds de pension ont compris cela, c’est la raison pour laquelle ils veulent remplacer la Sécu par les compagnies d’assurances. Ce que je dis n’a rien à voir avec « l’étatisme » dont vous nous soupçonnez car la socialisation de la richesse est une condition pour l’autogestion. Encore un contresens de votre part par rapport à notre texte ou un enfoncement de porte ouverte.<br /> <br /> Vous conviendrez j’espère que tout cela est difficile à expliquer dans les moindres détails en une petite page de Politis dont il faut que vous sachiez que le titre a été changé sans notre accord (« Du danger de la décroissance » à la place de « Les dangers du discours sur la décroissance » ; avec la perspicacité dont vous faites preuve, je ne doute pas que sentirez la nuance apportée par la présence du mot « discours »).<br /> Je ne doute pas non plus que vous aurez à cœur de répercuter ma réponse sur toutes les listes sur lesquelles a circulé votre texte.<br /> <br /> Cordialement en 6432 signes hors références ci-dessous. Jean-Marie Harribey <br />
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C
Cyril Di Meo cite sur son blog l'article excellent de Denis Clerc, " De l'état stationnaire à la décroissance : histoire d'un concept flou ", in L'Economie politique, n°22, avril 2004. <br /> <br /> Devant les prises de postures de Cyril, j'aimerais lui rappelé que l'objection de croissance n'est la décroissance économique (l'économiste Jean Matouk milite lui pour la " croissance zéro ", ça devient n'importe quoi !). Elle est la décroissance de l'empreinte écologique et la décroissance de l'imaginaire économiciste et progressiste. Pas de décroissance de l'empreinte écologique si l'on reste dans l'univers des représentations économiques. La valeur d'échange en elle-même et pour elle-même (la plus value) c'est la croissance illimitée. L'objectivisme de la théorie de la " valeur objective " (Marx) propre aux représentations économiques est à mettre aux poubelles de l'histoire capitaliste. Il nous faut sortir de l'objectivisme des représentations économiques pour ré-instituer le lien entre la consommation vécue et la production. Il nous faut renverser l'Etat-social-providence auquel rêvent encore les passéistes, au sein duquel la justice n'est qu'une justice économiciste, qui égalise la hiérarchisation inégalitaires induites par les représentations économiques. Loin de s'opposer au capitalisme et à l'économisme, cette justice économiciste qui fait son nid au sein des représentations économiques, ne cherche qu'à éterniser un capitalisme à visage humain. <br /> <br /> Je cite également la conclusion de Denis Clerc dans son article, qui est lui bien moins empreint d'économisme que les salades altermondialistes sur le capitalisme à visage humain : <br /> <br /> " La question de la croissance et de sa viabilité n'est pas une fausse question, et les réponses des économistes qui bottent en touche en privilégiant le court terme relèvent d'une myopie coupable et dangereuse. Mais cette question a malheureusement déserté le monde des économistes pour se réfugier plutot chez les climatologues, les biologistes, les sociologues ou les anthropologues. S'il y a des charlatans qui se sont saisis de cette question - par chance, il n'y a pas que des charlatans ! -, c'est parce que la communauté scientifique a refusé jusqu'ici de l'empoigner à bras-le-corps. Dans sa grande majorité, le monde des économistes continue à adhérer à la foi du charbonnier et à soutenir que le mouvement des prix règlera le problème, là comme ailleurs. Il serait temps qu'ils se réveillent. Avant qu'il ne soit trop tard. "<br /> <br /> <br /> <br />
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