Dans son numéro de jeudi dernier (dont je viens de finir la lecture) Politis ouvre ses colonnes à Hubert Vedrine. Politis sans aucune question genante, prostitue (ouvrir est vraiment trop gentils comme terme) ses colonnes à la mitterandie françafricaine Beurkkk... Iol déroule un tapis rouge aux thèses les plus douteuses. Denis Siffert blanchit H Vedrine (mais que connait ce monsieur sur le drame rwandais pour accorder des indulgences et des certificats de bonne conduite ? ) de toute implication dans le drame rwandais. Il faut dire que Vedrine est anti américain et partage nombre de positions de Politis sur le proche Orient... Alors tout est permis. On touche là aux limites d'un certain gauchisme.. Car on ne peut pas dire que Dennis Sieffert ne sait pas où il met les pieds ..il lui suffit de lire B Langlois en avril 2009 dans Politis, il avait alors relayé l'ouvrage de P de St Exupery pour démontrer les thèses inverses de celles qui faisaient cette semaine la UNE...
Alors pour ceux qui ne sont pas aveuglés par leur antiaméricanisme vous pouvez aller voir le site de l'association Survie qui sauve l'honneur depuis 15 ans. Loin de ces tartuffes du journalisme, ces Pean aux petits pieds.
http://survie.org/+-Rwanda-+.html
Voilà aussi un décryptage de cet interview fait par des militants de Survie et que l'on trouve sur le site de La Commission d'Enquête Citoyenne pour la vérité sur l'implication française dans le génocide des Tutsi
http://cec.rwanda.free.fr/informations/infos.htm link
"L'accusation de complicité de génocide est honteuse et débile !" selon Hubert Védrine
Védrine continue de poser l'équation politique française de 1994 sans se laisser ébranler par la réalité du génocide annoncé et vérifié depuis. Il lisse les faits et affirme des erreurs et des mensonges au passage. Par exemple, il ne sait toujours pas que c'est le Rwandais Fred Rwigema qui a déclenché l'attaque du Rwanda le 1 octobre 1990 et non Paul Kagame, l'actuel Président du Rwanda, et il essaye de faire passer les Tutsi réfugiés en Ouganda pour des "Tutsis de l'Ouganda" pour planter le décors au début de l'article - Plus grave, il n'a toujours pas lu "Le Chiffon de papier" sur notre site qui montre que la France a saboté le premier accord d'Arusha et il continue de prétendre qu'elle a soutenu ces accords. Il "oublie" aussi que la France a voté la réduction de la MINUAR à 270 observateurs et le retrait de 2230 casques bleus le 21 avril 1994 en plein génocide. Il prétend qu'il y aurait eu "course de vitesse entre l'engrenage de l'affrontement et la politique française". Dans ce cas il plaide l'incompétence car les signaux étaient très forts et systématiquement relativisés par les responsables français.
Il faut comprendre très probablement les diverses interventions actuelles des négationnistes de la complicité de la France dans le génocide des Tutsi dans la perspective du procès de Pierre Péan qui aura lieu début septembre 2009. La négation de la complicité française s'articule autour d'un déplacement factuel visant à rendre responsable du génocide, non pas ceux qui l'ont accompli et leurs complices, mais celui qui l'a combattu, Paul Kagame. Il s'agit de "prouver" qu'il serait l'auteur de l'attentat du 6 avril 1994, et qu'il appartiendrait à une race de menteur. Il aurait donc été honorable de le combattre. Tout le monde sait pourtant, que, quel que soit l'auteur de l'attentat, le génocide aurait de toute manière eu lieu, tel qu'il fut annoncé par Jean Carbonare en janvier 1993 sur Antenne 2 au journal de Bruno Masure.
Pour ce faire Pierre Péan n'a pas hésité à employer contre les Tutsi la rhétorique antisémite la plus exécrable : celle d'Hitler, ce qui fut démontré en première instance par l'ancien président des étudiants Juifs de France. Il a écrit sur le registre de Radio des mille collines, principal outil du génocide de 1994 au Rwanda. Védrine a témoigné pour soutenir Péan en première instance. C'est en harmonie avec les orientations d' "Une jeunesse française".
Contre toute attente, malgré la position du procureur, Pierre Péan fut relaxé en première instance de l'accusation d'incitation à la haine raciale le 7 novembre 2008. Le 9 novembre 2008, Rose Kabuye, l'une des accusés de Bruguière (accusation déjà présentée par Péan dans son livre un an avant), fut arrêtée et le 12 novembre, le principal témoin du juge Bruguière se rétracta complètement.
Rose Kabuye a depuis été relâchée, et donc les fondements de l'accusation Bruguière, Debré, Smith, Onana, Péan contre "Kagame auteur de l'attentat" se sont effondrés. Pierre Péan va donc aborder ce procès d'appel avec l'insolence de façade d'un "blanc menteur", car il ne reste visible de son livre que ses incitations à la haine raciale...
Cet attentat n'a jamais été élucidé alors que la France détient très probablement depuis le 6 avril 1994 les pièces à conviction prélevées sur le lieu du crash par l'équipe du Lieutenant-Colonel Grégoire de Saint-Quentin et par le gendarme Paul Barril. Paul Kagame peut en être potentiellement l'auteur. Mais les faits connus désignent plutôt Bagosora et Serubuga and Co, voire des mercenaires ou militaires français.
L'attitude de la France dans cette affaire l'accuse nettement. Mais une attitude n'est pas une preuve, elle n'est qu'un indice. La seule petite avancée de cet article de Politis est là : Védrine prend acte en sourdine que l'enquête Bruguière ne peut plus être au centre du débat sur l'attentat et il n'exclut pas que des mercenaires français aient pu participer à l'attentat. Il qualifie l'enquête Bruguière par le terme "méthodologique" - A notre avis elle relève effectivement d'une méthode bien connue : le mensonge et la manipulation ! De la part d'un magistrat c'est une forfaiture, dont on n'a pas remarqué que la profession s'en soit alarmée.
Nous étions moins bien introduits que Védrine dans les sources d'information et nous l'avions pourtant compris dès le début... Sa bonne foi est donc clairement en cause.
E.C.
* La première version de ce commentaire avait été faite le 11 juillet 2009 sur la base des pages 1-2 et 4... un petit oubli dans note communication interne dont nous nous excusons
Le Figaro 8 juillet 2009
De source sûre - 1 juillet 2009
cf. la vidéo de YouTube en première page
Jean-Claude Lafourcade, ancien commandant de l?Opération Turquoise répond aux questions de TV5monde.com - 24 juin 2009.
Un monument cet interview ! Un monument de contre-vérités. Voilà un général qui perd la mémoire. "Ce n'est pas l'histoire qui compte, c'est la façon dont on la raconte" chantait le chanteur !
Quelques exemples :
-
"Ce que je peux vous dire c'est qu'à l'époque, l'opération avait été saluée par le monde entier. "
Oui par les génocidaire au Rwanda. "j'en ai marre d'être acclamé par des assassins" raconte un soldat français à un journaliste sur place. Cette opération a été au moins autant décriée que saluée, en France comme à l'Etranger. Et la France a toujours mis ce manque de soutien de la communauté internationale sur le compte de la lâcheté, alors qu'en fait il s'agissait d'une grande méfiance vis-à-vis de son entreprise, dont tout le monde savait qu'elle arrivait trop tard. Lafourcade le dit d'ailleurs lui-même. Selon nous, le véritable but de l'opération Turquoise était avant tout la poursuite de la stratégie française au Rwanda, la protection de ses alliés de la République Hutu et très probablement la récupération de militaires français, secrètement présents, coincés par l'avancée du FPR. Sur le terrain l'armée française n'a jamais montré d'empressement envers les Tutsi pourtant exténués par trois mois de traque, et nombre de témoignages et de faits avérés montrent que l'armée française a non seulement fermé les yeux sur cette traque sous son autorité, mais y a contribué en certain cas. Pour terminer, il se contredit lui-même :
"Nous n'avons pas compris la campagne d'accusation contre le rôle des militaires français au Rwanda, déclenchée tout de suite après."
Cette opération fut bien controversée dès le début et non "saluée dans le monde entier".
-
"RPR (Rassemblement du peuple rwandais)".
Lapsus intéressant. Il s'agissait du FPR, Front patriotique rwandais ! N'importe quoi.
-
"Quand nous sommes arrivés sur le territoire rwandais, les commanditaires du génocide avaient déjà fui au Zaïre."
C'est sans doute le plus énorme des mensonges de cet article. Le Colonel Hogard, par exemple, un de ses trois subordonnés direct, reconnait dans son livre "les larmes de l'honneur" que des membres des autorités génocidaires sont passés dans sa zone. Cet aspect accablant a été longuement analysé par tous les rapports sur le génocide au Rwanda, y compris celui de nos députés.
-
"Je reproche au général Dallaire de n'avoir pas agi. Il lui restait 300 hommes, des armes et des munitions. Il aurait déjà pu faire quelque chose avec ces moyens. Il prétexte qu'il n'avait pas de mandat de l'Onu, mais il aurait pu sauver les femmes et les enfants qu'on tuait sous ses yeux quoi qu'il arrive. Le général Dallaire pour moi n'a pas fait son travail."
CF notre communiqué sur la note du Colonel Poncet de l'opération française Amaryllis qui reconnait avoir fait pire que Dallaire : Non seulement les soldats français n'intervenait pas dans les massacres qui se déroulaient sous leur yeux, mais en plus ils écartaient les journalistes de cette vérité. Dallaire lui ne cessait d'appeler les témoins et d'alerter. Ses 270 observateurs, disséminés dans tout le Rwanda, avaient moins de moyens que les opérations militaires françaises qui n'ont jamais collaboré avec les casques bleus.
On ne pourra aussi que conseiller à ces pseudos journalistes de lire le travail d'un VRAI journaliste... La France au Rwanda
Alors que des instructions sont en cours, que la France et le Rwanda sont en guerre diplomatique et judiciaire ouverte, que Pierre Péan a pris la tête de la défense de François Mitterrand, Patrick de Saint‑Exupéry « porte la plume dans la plaie ».
Je suis allé pour la première fois au Rwanda en 1990. J’avais 28 ans. François Mitterrand était à l’Élysée, Michel Rocard à Matignon.
J’y suis retourné en 1993, puis en 1994 pendant le génocide. J’avais 31 ans. François Mitterrand était à l’Élysée, Édouard Balladur à Matignon.
En 1998, j’ai publié dans "Le Figaro" une longue enquête sur la France et le Rwanda. J’avais 35 ans. Jacques Chirac était à l’Élysée, Lionel Jospin à Matignon.
En 2004, j’ai écrit "L’Inavouable", La France au Rwanda. J’avais 41 ans. Jacques Chirac était à l’Élysée, Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
Nous sommes en 2009. J’ai 46 ans. Nicolas Sarkozy est à l’Élysée, François Fillon à Matignon.
Et le dossier rwandais, toujours sur la table.
Son intitulé tient en un mot : complicité. Ce mot est terrible. Chaque fois qu’il l’entend, Hubert Védrine dit : « C’est monstrueux… ». Et, immanquablement, l’ancien secrétaire général de l’Élysée sous Mitterrand assène qu’il est « monstrueux » d’accuser la France de complicité dans le dernier génocide du XXe siècle.
Si la question était « La France, complice ? », Hubert Védrine n’aurait pas tort. Mais ce n’est pas la question. Celle-ci est bien plus simple. Et c’est pour cela qu’elle l’effraye et qu’il fait tout pour l’enterrer.
La question est : François Mitterrand, complice ? Et par voie de conséquence : Hubert Védrine, complice ? Le commandant Paul Barril, complice ? Alain Juppé, complice ? Dominique de Villepin, complice ? Édouard Balladur, complice ? Le général Quesnot, complice ? Le général Huchon, complice ? L’amiral Lanxade, complice ?...
On ne fait jamais assez attention aux évidences. Il en est, pourtant, une aveuglante : « la France » n’a pas à endosser ce dossier. C’est une politique secrète qui fut menée par Paris au Rwanda de 1990 à 1994. Elle fut décidée par quelques-uns et mise en oeuvre par un noyau, le tout au prix d’importantes entorses à la légalité républicaine. Jamais, le Parlement ne fut informé. Jamais, « la France » ne fut au courant.
Cette politique a été tramée dans les coulisses du pouvoir, dans les officines de la cour. Hors de toute règle. Hors de tout débat.
Elle ne fut mise à jour qu’une fois le pire commis. Et dès lors, pour fuir les responsabilités, « la France » servit de paravent.
Tout comme les maîtres d’œuvre du génocide s’abritèrent derrière leur peuple, les responsables français impliqués dans le dossier se sont retranchés derrière la France.
Ce tragique cache-cache dure depuis maintenant quinze ans. Depuis quinze ans, « la France », c’est-à-dire vous et moi, nous trouvons sommés d’accepter ou de refuser la marque d’infamie que certains voudraient nous faire porter.
En 2004, lors de la publication de "L’Inavouable", j’étais en colère. Je le reste aujourd’hui et le resterai peut-être. Simple Français, je ne peux accepter – comme beaucoup, je pense – de servir de paravent à des hommes qui, après avoir aspiré aux charges, esquivent les responsabilités. Et refusent d’admettre, en propre, leur part d’inavouable.
P. de Saint-Exupéry