De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.
Publié le jeudi 9 juillet 2009 à 08H36
Stéphane Salord s'en est pris directement à la gestion de Maryse Joissains et de son équipe.
Photo Serge Mercier
L'homme par qui l'annulation de l'élection est arrivée se drapait jusque-là dans "l'honneur". Il joue, depuis hier, avec des méthodes à l'ancienne. "J'accuse Maryse Joissains de manipulation, de dissimulation et d'avoir instrumentalisé une plainte dans une période qu'elle savait éminemment électorale".
Lors d'une conférence de presse, Stéphane Salord a livré dans l'après- midi différents documents, qu'on lui a "donnés" pour appuyer son argumentaire et qui, c'est vrai, méritent attention. Son objectif ? Attaquer bille en tête Maryse Joissains dans son rôle de présidente de l'office HLM et jeter une petite bombe au coeur de la campagne.
Sa première cible ? Mireille Mantot. L'ancienne directrice du CCAS a été nommée au début de l'année directrice de Pays d'Aix Habitat et est régulièrement présentée par Maryse Joissains comme une "fonctionnaire de haut niveau" qui en est à sa 6e nomination depuis 2001. Stéphane Salord produit une lettre cosignée par les quatre directeurs de service du CCAS et l'ancienne directrice générale adjointe de la Ville, qui dénonce des relations hautement conflictuelles entre Mme Mantot et eux.
Une note interne, signée de l'ancien directeur général des services à charge, proposant notamment sa mutation "à un poste isolé", est aussi au dossier. Et Stéphane Salord de s'étonner: "Cette dame, on ne la voulait plus au CCAS et on la met à l'office HLM dans un contexte managérial que l'on sait difficile ? C'est le système Joissains, on permet la promotion systématique de collaborateurs inefficaces."
Plainte pour vol
Il dénonce dans la foulée l'augmentation du salaire de MmeMantot par rapport à celui de son prédécesseur: plus de 7000€ par mois contre 5600€. La démarche a eu l'effet escompté : hérisser Maryse Joissains. Elle estime ne pas avoir de leçon à recevoir de son ancien adjoint, qui a "siégé au conseil d'administration de l'office jusqu'en mars 2008 et qui était en possession des mêmes informations" qu'elle.
Elle menace d'abord : "Je vais porter plainte pour vol de documents" et contre-attaque : "C'est un contre-feu parce que Mme Mantot a découvert un système de fausses factures, un système mafieux. Oui, elle a eu des problèmes au CCAS avec le personnel car elle fait preuve d'autorité, mais cela a été réglé. Elle va redresser l'office, c'est sûr. Son travail doit faire peur à certains. Quant à son salaire, c'est le même qu'elle percevait à la Ville où elle cumulait deux fonctions."
Entre autres documents encore des lettres censées prouver un certain favoritisme dans le recrutement au sein de l'office de personnes qui n'ont pas vraiment brillé dans leur travail : "Des lettres de recommandation, on en reçoit tous les jours, minimise Jean Chorro, vice-président de l'office, on les fait passer au directeur auquel on demande de nous tenir au courant. Après il fait ce qu'il veut."
L'histoire se corse avec plusieurs pièces - que nous n'avons pas pu formellement authentifier - qui mettent en cause Dahbia Draouzia, ancienne adjointe de Maryse Joissains, aujourd'hui en 3e position sur sa liste. Elle aurait intercédé pour que son fils, déjà locataire de l'office, puisse obtenir un logement plus grand.
"Dabhia Draouzia ne faisait plus partie du conseil d'administration de l'office à ce moment-là, assure Jean Chorro, qui préside la commission d'attribution. La mutation de logement s'est faite dans les règles et sur le contingent préfectoral. D'ailleurs, tous les dossiers qui passent en commission ont été adoptés à l'unanimité à part quatre ou cinq dossiers. Je ne suis pas seul à décider."
Autre point d'achoppement, des travaux d'un montant de plus de 10000€ auraient été réalisés dans ce logement et facturés à une entreprise, qui n'est pas attributaire pour ce genre de marché. Dahbia Draouzia réfute en bloc : "Je n'ai jamais intercédé pour mon fils. Et il n'y a jamais eu d'aussi gros travaux réalisés."
Des "allégations grotesques", selon Medvé, qui dément "formellement". À quelques jours du premier tour, Stéphane Salord sort du chapeau des éléments qu'il dit symptomatiques de la gestion de Maryse Joissains et envisage de faire un signalement au procureur. Elle répond que "c'est le directeur qui gère" et le dépôt de plainte affole: "On veut nous dire d'arrêter mais on ne m'arrêtera pas", s'enflamme-t-elle. Au fil de la campagne, on découvrira peut-être que la vérité est ailleurs.