L'air que respirent nos enfants dans les crèches est pollué. C'est ce que révèle une étude de l'Association SantéParisien du même jour. environnement France (ASEF), que nous avons consultée, présentée jeudi 26 mars à Aix-en-Provence et évoquée dans l'édition du
L'association a analysé pendant une semaine l'air de neuf crèches dans toute la France (Villeneuve d'Ascq, Paris 19e, Wittenheim, Annecy, Eybens, Montpellier, Aix-en-Provence, Sophia-Antipolis et Signes). Les molécules dangereuses que sont le benzène, le formaldéhyde et les phtalates ont été mesurées, avec la société Tera environnement. Des substances qualifiées par l'observatoire de l'air intérieur comme "hautement préoccupantes". "Les résultats sont en effet préoccupants", indique Patrice Halimi, secrétaire général de l'ASEF.
Le benzène : près de deux tiers (cinq crèches sur neuf) dépassent le taux règlementaire de référence fixé par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), de 1,7 microgrammes/m3, au-delà duquel il y a un risque pour la santé. Le benzène provient de l'air extérieur, donc de la circulation, des pigments de peinture et de vernis. Il est cancérigène chez l'homme et peut entraîner des leucémies et lymphomes chez l'enfant. La question est de savoir "où on construit les crèches", se demande M. Halimi, et de "surveiller les peintures".
Le formaldéhyde : on le retrouve dans la plupart des habitations (aggloméré, contreplaqué, tapis, peintures…). Un peu plus d'un tiers des crèches (quatre sur neuf) dépassent la valeur toxique de référence (10 microgrammes/m3 pendant un an). Ce produit est également très dangereux, puisque cancérigène, irritant puissant des muqueuses, indique l'ASEF.
Les phtalates. Ils sont présents dans les plastiques (jouets, trousses, PVC, sols, colles pour papiers…). "Ils n'ont été que peu ou pas retrouvés. Les enfants les mangent plus qu'ils ne les respirent. Il faut toutefois rester vigilant", souligne M. Halimi. "Ce qu'on fait n'est pas anodin. On a par exemple trouvé des phtalates dans une seule crèche. Ils avaient, la veille, collé papiers et cartons sur les murs", explique-t-il.
Certes, l'étude réalisée par l'ASEF n'est pas exhaustive, mais "il faut prendre le problème à bras le corps, sachant que les enfants passent environ 20 heures par jour à l'intérieur, dont une bonne partie en crèche", affirme M. Halimi. Les crèches devraient être selon lui attentives aux matériaux, peintures, colles, etc. Souhait qui s'applique d'ailleurs à l'ensemble de la population, qui doit être vigilante sur l'air intérieur.
"Il y a un vrai sujet sur la qualité de l'air intérieur, on passe l'essentiel de notre temps dans des bâtiments, où il y a un coktail de pollutions. Ce sera un des sujets du plan Santé environnement qui sera présenté en avril", a indiqué Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, sur LCI jeudi. "Nous allons lancé une étude dans 300 crèches et écoles", a-t-elle ajouté.