Quand on a une obsession, on interprete toujours les faits à partir de son fétiche. Côté décroissance c'est le fétichisme du pic de Hubert.

Ainsi de manière récurrente la crise est expliquée comme un probléme environnemental. Vincent Cheynet se commet encore dans un article de cet acabit dans Regard ce mois ci...Voilà ce qui arrive quand on jette à la poubelle l'économie.. Voilà ce qui arrive quand on partage les fondements théoriques libéraux estimant que c'est l'utilité (et non le travail ) qui crée la valeur. Vincent Cheynet réussit à transformer une crise financière d'un mode de capitalisme..en crise énergétique.. Une crise du crédit et de la spéculation en crise pétrolière.
La même erreur que pour 1973. Comment réussir à faire du pic pétrolier l'épicentre de la crise... ? Rien ne permet sérieusement d'annoncer cela. D'ailleurs le cours du baril s'est effondré après la crise...
Prix du pétrole - 25/11/2008 49 dollars
Depuis le début du mois de septembre, le cours du pétrole est en forte baisse notamment en raison du repli de la demande lié à la crise financière. Les cours du brut américain atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis janvier 2007, aux alentours de 49 dollars le baril le 20 novembre contre 110 dollars au 1er septembre. Le prix du pétrole est en baisse de plus de 65 % depuis son record de 147,50 dollars le 11 juillet. En 5 mois, le prix du baril a été divisé par trois. Il reste inférieur à ses niveaux du début d'année (99,1 dollars au 2 janvier 2008). La demande de pétrole, en baisse dans les pays riches depuis mai, diminue davantage depuis la crise financière, exerçant ainsi pression à la baisse sur les prix.
Comment occulter la crise immobilière et du crédit ? Comment faire l'impasse sur l'évolution de l'accumulation du capital, sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée ??? Comment ne pas voir la contradiction entre valeur réelle et valeur financière ??? La contrainte énergique (et pétrolière) joue une place dans la crise actuelle du capitalisme mais qui est loin d'être centrale. Cette décroissance est vraiment une regression théorique. On ne peut que conseiller à Vincent Cheynet de prendre quelques leçons d'économie.. et de par exemple lire le très bon article de Michel Husson qui explique statistiques à l'appui les mécanismes de la crise.
http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=595 .
Décidémment ces décroissants n'ont rien compris au capitalisme et ses rapports sociaux et économiques... Postcapitalisme « La décroissance ou la barbarie », par Vincent Cheynet
Le pic de l’extraction du pétrole est le grand non-dit de cette crise. Il est pourtant son épicentre. Durant le XXe siècle, le pétrole aura été le carburant de l’expansion de la société industrielle. Ne racontons pas de fables : c’est une ressource sans équivalent. Il irrigue le système industriel comme le sang notre corps. En se rétractant, il va faire tituber notre société qui repose sur cette ressource non renouvelable. La crise aujourd’hui est la conséquence majeure de cet état des choses. Le renchérissement considérable du prix de l’énergie pour les ménages aux Etats-Unis a été le facteur majeur de l’incapacité pour nombre d’entre eux à rembourser leurs emprunts. Ce scénario catastrophe a été prévu de longue date par les scientifiques qui s’intéressent sérieusement à la déplétion énergétique. J’écrivais le 10 mars : « Que va-t-il se passer lors de ce nouveau mandat ? Je me lance dans la prospective. Il y a de forts risques que nous soyons en train de passer actuellement le pic du pétrole. Le prix du baril va sans doute continuer d’augmenter : 110, 120, 150 dollars... jusqu’au crack. Le facteur déclenchant d’une récession globale sera probablement l’effondrement de l’économie étatsunienne. » (1). Il est un côté grotesque à expliquer à coup de grandes démonstrations scientifiques qu’une croissance infinie est impossible dans un monde limité. La cécité face à cette évidence enfantine démontre bien que l’homme, aussi instruit soit-il, habite bien davantage ses croyances et ses représentations que la réalité du monde physique.
Paru dans Regards n°56, novembre 2008
PS C'est surprenant qu'une revue comme Regards laisse publier des trucs pareils... c'est assez inquiétant sur l'état idéologique de la gauche de la gauche...