De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.
LA Provence. Publié le mardi 30 septembre 2008 à 09H38
Dans certains points de la cour du collège Mignet, l'air est aussi pollué qu'à la Rotonde ou sur l'A51! C'est ce qu'il ressort d'une étude d'Atmo Paca réalisée en 2007 et dont les conclusions, en ligne depuis peu sur le site internet de l'organisme, affolent les parents d'élèves. Et c'est sur le terrain de sport que l'air est le plus vicié! En cause: les cheminées d'extraction du parking souterrain Mignet.
Quelques-unes sont situées côté cour en bordure du boulevard du Roy René, les autres longent le plateau sportif et dominent les travaux d'extension du parking dont la dalle, une fois achevée, accueillera le nouveau gymnase et la salle des sciences. "On dirait cinq bouches de métro côte à côte sur une longueur de 10mètres, hautes de 3m," témoigne l'intendant, Dominique Laurent. Peu après la livraison du parking en 1991, ce dernier avait constaté les émanations de ces cheminées par leur odeur.
Soutenu par le principal du collège et les associations de parents d'élèves, il a profité des projets d'extension du parking pour interpeller le maître d'oeuvre, la Semepa. D'abord, il a fallu batailler pour obtenir cette étude d'Atmo Paca, réalisée dans le cadre d'un programme plus général de la communauté du pays d'Aix. Des courriers de la PEEP et la FCPE, adressés en mairie, n'obtiennent aucune réponse. Au printemps, les parents d'élèves, conviés par la conseillère générale Jeanine Ecochard sur le site pour évoquer les futurs travaux du collège l'interpellent surtout sur l'avenir des bouches d'aération.
Et lors d'une réunion en juin, initiée par la CPA avec tous les interlocuteurs du dossier, Dominique Laurent peut admirer à loisir l'élégance des toits à quatre pentes, au merveilleux effet rabattant, des dites cheminées redessinées par l'architecte des Bâtiments de France. "J'ai appris qu'elles n'ont même pas de filtre. Les interlocuteurs se sont renvoyés la responsabilité financière d'une étude de modélisation à réaliser pour trouver des solutions."
Depuis, plus personne n'a de nouvelles. Mais Jean-Louis Vincent, directeur de la Semepa, rassure: "Une entreprise vient d'être retenue pour réaliser l'étude que nous finançons à hauteur de 29000€. On a déjà modifié le positionnement des extracteurs du Roy René côté boulevard" (juste à côté de la résidence de retraite). Les autres sont cachés par une palissade de chantier et soufflent du côté du futur gymnase.
"On peut soit augmenter la hauteur des cheminées, soit les déplacer en dehors du collège, soit retraiter l'air rejeté", poursuit-il. Tempérant: "On ne dépasse pas les seuils recommandés. Et la source des pollutions peut aussi être les 20 000 véhicules jour du boulevard." Atmo Paca reconnaît: "Les valeurs les plus fortes sont prises à la sortie des bouches et baissent très vite dès qu'on s'en éloigne… Comment admettre que des enfants en pleine croissance fassent du sport dans cet environnement?", soupire le principal.