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De l'Air pour Aix Les miasmes de la vie politique municipale aixoise et de deux mandats de l’équipe sortante rendent l’air irrespirable. Il est temps d’ouvrir portes et fenêtres et de proposer une nouvelle respiration à Aix et ses habitants.

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Critique de la consommation et Mai 68

En ces périodes de grève qui ressemblent pour certains (moi je triuve que c'est tout l'inverse) à Mai 68. On peut se poser la question de na nature de la critique de la consommation chez les décroissants.

Les décroissants renouent avec une partie de la critique de mai 68 de la société de consommation. A cette époque, au nom principalement d’une critique anarchiste et marxiste, la consommation est vue comme une aliénation des individus par le système capitaliste. Le système d’objets et de sens auquel sont soumis les individus les perdent dans une myriade de désirs inauthentiques. S’inspirant de la sociologie du quotidien de Henri Lefebvre, certains révoltés de 68 critiquèrent le spectacle de la consommation qui correspond à une canalisation de l’angoisse de mort dans un monde extérieur à l’homme. C’est cette aliénation qui permet de maintenir une société de classe inégalitaire et injuste, que Jean Baudrillard, sociologue de la société de consommation, et Guy Debord théoricien de la société du spectacle dénoncent avec virulence. Pour eux, l’ordre marchand organise la dépossession mortifère de soi afin de maintenir une hiérarchie sociale. La consommation est le déni du désir authentique. La pulsion d’accumulation est dénigrée. La simulation d’une société d’abondance crée une frustration réelle des individus. La mystique du PNB[1] est dénoncée (déjà...et dire que certains croient inventer aujourd'hui le fil à couper le beurre..). La possibilité de comptabiliser et d’additionner toutes les activités, quelles que soit leur nature est refusée. Le circuit économique ne doit être alimenté que par des activités positives. Baudrillard estime que c’est par « ses vertus et non ses vices qu’une société s’équilibre »[2]. Les décroissants reprendront pour partie ces analyses de l’aliénation des individus par la consommation mais sans relier cette dépossession des individus à un processus de lutte des classes et de maintien d’une société hiérarchisée. Ils préfèrent relier cette aliénation à une « perte de sens », ce qui déplace sur un terrain plus spirituel les critiques de mai 68.

Aussi je me demande bien où étaient nos auteurs décroissants qui ont bien souvent la soixantaine en mai 68 ?

A mon avis plus dans des ashrams ou en voyage au Népal que sur des barricades.



[1] Jean Baudrillard, La société de consommation, Folio essais, 1970, p 45, « La comptabilisation de la croissance ou la mystique du PNB ».

[2] Ibid, p 47.

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