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Qui je suis ?

Enseignant de sciences économiques et sociales

 

Marié, père de 2 enfants

 

Conseiler municipal d'opposition de 2001 à 2008

Militant socialiste

Engagé aux côtés d'Edouard Baldo

 

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Ouvrage décroissance

La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.

 Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.

 «Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ». 

 Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.

   ISBN: 2-296-01224-8

 Achat en ligne

http://www.amazon.fr/gp/product/2296012248/ref=sr_11_1/171-1636061-8438610?ie=UTF8

http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=21965

22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 13:13

Une histoire conflictuelle sépare certains partisans de l’écologie profonde des défenseurs de l’écologie sociale. Il s’agit d’une vieille querelle au sein du Mouvement des écologistes indépendants (MEI) au sujet de ses liens avec l’extrême droite. Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, Yves Scaviner, chevilles ouvrières des revues Casseurs de Pub et du journal La Décroissance, alors membres du MEI, le disent sans détour dans un communiqué de presse de leur association écologiste lyonnaise appelée Ecolo[1]. Leur communiqué est intitulé, « Le Mouvement Ecologiste Indépendant et l'extrême droite ». Ils expliquent pourquoi ils ont démissionné du Mouvement Ecologiste Indépendant lors des élections européennes de 1999. Objets de plusieurs articles dans la presse nationale, les faits sont les suivants. Responsable du MEI, Antoine Waechter, tête de liste pour ce parti a rencontré et fréquenté divers membres de la Nouvelle Droite[2]. Ce qui a provoqué à l’époque « l'implosion » du MEI[3]. Vincent Cheynet, Bruno Clémentin affirment que « courant 98, Laurent Ozon, directeur d'une publication militante « Le recours aux forêts » et proche de la Nouvelle Ecologie se présente alors au MEI comme interlocuteur de Teddy[4] Goldsmith. Lors d'un bureau, Laurent Ozon est désigné comme responsable de communication pour la campagne des Européennes. Il amène avec lui Majorie Naisbit, la femme d'un des dirigeants du GRECE, groupe d'où est issue une large partie du Mouvement National, de Bruno Mégret. Marjorie Naisbit sera désignée […] comme mandataire financier de l’équipe de campagne. » On pourrait n’y voir qu’une confusion ou une querelle de personnes sans fond politique. Il n’en est rien car d’après les mêmes personnes « Antoine Waechter se rend début janvier 99, et ceci malgré les mises en garde de la présidente du MEI, à un colloque organisé par Laurent Ozon et la "Nouvelle Ecologie". Le titre en est : "Les éveilleurs". L'un des thèmes : "Alexis Carrel est-il un précurseur de l'écologie ?"» L’événement a fait grand bruit dans la presse nationale. On notera avec intérêt dans cette querelle, le rôle actif de Thierry Jaccaud, qui est le rédacteur en chef de la revue L’Ecologiste, grande promotrice du concept de décroissance et d’après développement. Il soutient Antoine Waechter dans ces démarches.

 

 

 

Mais paradoxalement, cet épisode n’a pas rendu impossibles les liens entre L’Ecologiste dirigée par Edward Goldsmith et Thierry Jaccaud, l’association Casseurs de pub, les revues La Décroissance ou Silence dans lesquelles écrivent Vincent Cheynet et Bruno Clémentin. Les querelles de personnes n’empêchent pas de trouver des structures argumentatives, des rhétoriques communes dans ces deux branches des partisans de la décroissance. C’est ce consensus théorique entre écologie profonde et écologie sociale qu’il faut alors comprendre. Au nom de l’anticapitalisme d’étranges alliances se font jour.

 

 

 

La base de cette fusion idéologique plonge ses racines dans le partage d’un certain nombre de concepts. Ecologie profonde et écologie sociale acceptent le même postulat, très clairement théorisé par Arne Naess fondateur de l’écologie profonde et reprise par le leader de l’extrême droite néo-païenne, Alain de Benoît [5]. Le champ symbolique de l’écologie politique doit se structurer en deux pôles ; « l’écologie radicale » contre l’écologie « superficielle »[6] ou « réformiste ». Arne Naess oppose la « shallow ecology »[7], écologie superficielle à la « deep ecology », écologie profonde ou fondamentale. C’est cette même thèse que l’on retrouve défendue par Laurent Ozon, directeur de Recours aux forêts, dans la revue Silence. Ainsi en 1998 il signe un article sur « Ecologie et libéralisme, deux visions du monde », n’ayant suscité aucune réserve des rédacteurs de la revue. C’est aussi dans ce sens qu’est organisé en 1998 par l’association Nouvelle écologie un colloque intitulé «L’écologie contre le progrès» ou interviennent Edward Goldsmith, Alain de Benoît et Serge Latouche. Le vaste ensemble de l’opposition au marché et du dénigrement du réformisme parlementaire ouvre la porte à des recompositions contre nature, permet la cohabitation dans un même ensemble de l’écologie profonde spiritualiste et de l’écologie sociale et libertaire. A partir de cette représentation de l’espace politique, on comprend beaucoup mieux les stratégies de dénigrement répété des partisans du développement durable par les décroissants. Ainsi, Vincent Cheynet nous explique dans Silence qu’ « il est logique que tous les plus grands pollueurs de la planète et carriéristes de la politique se soient rués sur le concept de développement durable, de la Dow Chemical Company[8] à Jacques Chirac en passant par Noël Mamère. »[9]. De même dans nombre de numéros de revues ou d’ouvrages décroissants des bêtisiers, des dénonciations des faux écolos, des « écotartuffes » sont faits. La critique du développement durable et de ses promoteurs va de « Total à Dominique Voynet ». On comprend l’intérêt symbolique de l’opération consistant à mélanger, des supposés ennemis de la décroissance. Cela revient à les assimiler dans un même ensemble à des écolos pourris auxquels il faut opposer une écologie radicale. Ce même Vincent Cheynet, écrit dans le premier numéro de La Décroissance[10] que les « écologistes réalistes » sont vendus comme « Pétain en 1939 ». Il s’agit de faire bloc contre ces personnes quels que soient les alliés avec qui le combat est mené. Face à cet ennemi commun totalement démonisé qu’est le développement durable, écologie profonde et libertaire peuvent alors faire alliance. La critique aussi récurrente du développement durable a une fonction de cohésion de cet ensemble des décroissants.

 

 

 



[1] Mouvement politique créé à Lyon.

[2] Courant promu par le GRECE (groupement de recherche sur la civilisation européenne), et publiant la revue Éléments. Ce courant d’extrême droite défend un paganisme ethniciste et européen.

[3] La moitié du bureau politique dont la présidente Geneviève Andueza ont démissionné à cette occasion.

[4] Edward de son prénom mais Teddy pour les intimes ou anciens intimes.

[5] « L’écologie contre le marché » Eléments, n° 79, Janvier 1994.

[6] Ibidem, p. 6.

 

[7] Arne Naess, « The shallow and the deep long range ecology movement. A summary » Inquiry, 1976, n°16.

 

[8] Société considérée comme responsable de la catastrophe tragique de Bhopal en Inde.

[9] Vincent Cheynet, « Sortir du développement durable », in Silence, décembre 2002.

[10] Vincent Cheynet, « Politique : baisse la tête ! » in La décroissance, n°20, mars 2004.

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21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 13:44

 

C'est avec beaucoup d'interet qu'on peut lire le dernier numéro de la revue d'extrême droite du GRECE Titrée élements.  Cette revue où s'exprime Alain De Benoit vient de publier un numéro sur La décroissance.

On y trouve 10 pages d'éloge de ce concept de la décroissance. Cela n'étonnera pas ceux qui ont suivi les rapprochements passés entre le rédacteur en chef de la revue L'écologiste Thierry Jaccaud avec le GRECE. Ou ce qui ont lu les bouquins de goldsmith ou Rabhi qui sont des éloges du retour à la terre mère sacrée.

Ce qui est interessant c'est que De Benoit explique bien que la décroissance est un concept qui en critiquant le développement et l'occidentalisation du monde remet en cause l'idéal des lumières. Posture qu'il revendique depuis longtemps afin de sortir de l'humanisme et de l'égalitarisme.

On voit encore une fois toute l'ambiguité de l'oppostion au marché et de la valorisation des sociétés traditionnelles.

J'attends avec impatience les réactions des décroissants comme Latouche ,Caillé, Rabhi, Goldsmith...qui sont encensés dans ce numéro. Et dont les pensées sont en osmoses avec celles de l'extreme droite néopaîenne.

Mais bon on a les amis qu'on mérite.

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 15:13

 

J'ai entendu deux fois cette semaine par des "partisans " de la décroisssance un argument très particulier. La décroissance serait une métaphore, elle n'aurait rien à voir avec ce que disent Latouche Rabhi, Goldsmith, F Partant...???!!!!

Là j'avoue que je ne suis pas. Comment croire ou prétendre qu'un concept puisse avoir un autre sens que celui des auteurs qui l'ont inventé et le promeuvent au moment où l'on en parle dans les plus grands médias alternatifs. C'est un peu comme si je disais que je suis marxiste mais que je défends la libre entreprise et la maximisation du profit individuel ou que je suis national socialiste mais tendance tolérance et respect des juifs.

Pourquoi je dis cela ? Car chaque fois que j'entre en discussion avec des partisans de la décroissance et que je leur cite texte et référence à l'appui les propos et thèses des auteurs décroissants ceux ci esquivent en disant que pour eux la décroissance c'est pas ça. C'est un mode d'argumentation intellectuellement inacceptable. On dirait qu'ils ne prennent pas aux sérieux leurs propres racines intellectuelles ??? Il me semble que les décroissants devraient en définitive lire leurs propres auteurs et la discussion serait plus sérieuse.

On pourrait alors discuter des positions défendues par Latouche contre l'occidentalisation du monde et donc contre la scolarisation dans les tiers mondes, contre les campagnes de protection médicales, ses positions pour l'excision... etc...des positions ultra malthusienne de Rabhi, Goldsmith etc, des positions écoféministe machistes de René Herve Martin, Rabhi, Grinvald etc..des conceptions religieuses de Rabhi, Grinvald, Goldsmith, Jaccaud, Latouche...

 

 

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10 janvier 2006 2 10 /01 /janvier /2006 23:08

"Paul Ariès qui est un des décroissants les plus intelligent vient de sortir un petit opuscule, certes un peu baclé mais interessant.  Il s'agit d'un livre ecrit en très gros avec beaucoup de pages blanches qui s'intitule décroissance ou barbarie et publié chez Golias.

 Ariès dénonce les penchants réactionnaires, spiritualistes malthusiens réactionnaires de certains décroissants. C'est assez courageux même si le courage ne va pas jusqu'à donner les noms des accusés et citer avec précision leurs propos. Ceci s'explique surement car Ariès a participé aux nombreuses publications ou tribunes où ces positions ont été défendues..et n'a jamais rien dit. Pire il est membre des mêmes comités de rédaction et fait les mêmes campagnes (Latouche, Rabhi, Grinevald).

Ce qui est aussi assez interessant c'est de savoir ce qu'il reste une fois qu'on a enlevé les éléments les plus horribles de ces thèses de la décroissance. Force est de constater qu'il ne reste rien... Le texte est alors un catalogue de slogans creux. Un magma sans construction idéologique pertiente...mais c'est peut être cela qui fait la réussite de ce concept de décroissance...Chacun peut y mettre ce qu'il veut..c'est une idéologie anti idéologique..

Ariès prétend alors que la décroissance est juste un concept obus permettant de dynamiter l'idéologie dominante. Je crois que l'obus est en train d'éclater entre ses mains. Car Rabhi continue à vendre sa secte, Latouche continue à dire tout et son contraire en faisant sans cesse de la surenchère à la radicalité, et Teddy Goldsmith à fourger sa camelotte religieuse...le malthusianimse prospère aussi pour preuve l'horrible site du parti français pour la décroissance qui fait l'éloge de Malthus.

Ariès va je pense très vite se retrouver seul car sa position n'a aucune particularité ou intéret... et l'échec cuisant de sa publication "L'immmondialisation" qui s'attaquait aux phénomènes sectaires et qui n'a publié qu'un numéro en est déjà l'exemple.  Ce qui fait le succès de la décroissance c'est justement son caractère décadentiste, spiritualiste....

Nous aurons donc la décroissance ET la barbarie...car  l'obus décroissance va détruire la gauche et les forces de progrès..."

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28 novembre 2005 1 28 /11 /novembre /2005 21:11

 

Un nouveau journal vient de sortir. Il s'appelle l'âge de faire.

J'ai acheté et je suis pas convaincu. On y trouve des trucs bizarres. Par exemple à la p9 le canard fait l'éloge de la simplicité volontaire...et donne la parole à Paul Ekins partisan anglais de cette théorie aujourd'hui très à la mode chez les décroissants français. On connait ma critique de cette idée et me semble encore une fois justifiée. Car on peut lire dans son article "Le moment est venu de remettre en cause les priorités: une famille soudée, un cadre de vie communautaire et convivial, un travail épanouissant, une bonne santé, la reconnaissance sociale, un environnement beau et sain, une société ouverte et démocratique vont tellement de soi que l'on imagine mal comment on a pu les écarter au nom de la croissance"...
L'éloge des familles soudées est un peu angoissant car on retrouve là un lieu commun de la pensée décroissante (défendue par T Goldsmith, Latouche ou Rabhi), c'est que c'est la rupture des liens communautaires traditionnels qui est la cause d'une "dégénérescence de la société"... Goldsmith va même jusqu'à affirmer que la forme naturelle de la famille est la famille de souche...On renoue à mon avis avec certains discours sur la décadence de l'Occident au sein même de la pensée alternative de gauche...il y a de quoi être inquiet.

 

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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 19:31

Ce qui est bizarre chez les écolos....c'est le déni de l'intellect... A de nombreuses reprises depuis ces derniers mois j'ai été confronté par de multiples discussions à des partisans de la décroissance ou de l'après développement. Chaque fois que j'ai sorti les écrits précis des auteurs dont ils se réclament, Latouche, Rabhi, Goldsmith; Cheynet... c'est le tête à queue..... le déni l'accusation d'être trop intellectuel, d'oser utiliser des livres .

Quelle inconsistance !! Pourquoi ne pas assumer ? Pourquoi refuser de discuter sur le fond ce qui est extremement important ?

C'est sur que quand certains confondent homosexualité et pédophilie, quand il esrt affirmé que si on reconnait l'union des homos ils vont nous menacer et nous envahir, ou quand on me demande de discuter de "faut il manger ses poubelles? " ou quand on prend la société et l'économie pour un organisme  vivant....l'espace de discussion est limité...et c'est sur que c'est intellectuel de revenir à des concepts stabilisés et pensés ....

Mais bon utiliser la raison et les connaissances scientifiques sur le monde c'est pour certains déjà sombrer dans l'arraisonnement capitaliste du monde.....

Vivement les cours de philosophie des sciences et de sciences économiques et sociales obligatoires jusqu'au bac dans toutes les filières...

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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 19:09

On trouve la conception de la bio économie défendue par des associations comme Planet Drum Fondation animée par Peter Berg partisan du bio-régionalisme,[1] proche de Edward Goldsmith[2] et Arne Naess. Cette association défend des systèmes économiques fondés sur des « ensembles naturels homogènes ». L’autarcie devient une défense de l’autochtonie qui naturalise les cultures. Cette biologisation ou naturalisation des cultures est flagrante chez Edward Goldsmith[3] lorsqu’il dit : « Les systèmes et processus vivants, à tous les échelons de la hiérarchie gaïenne ont nécessairement une structure spécifique - celle qui est compatible avec l'accomplissement de leurs fonctions homéotéliques. […] Les caractères essentiels de la communauté humaine sont eux aussi spécifiques. Elle doit se composer de familles étendues et de groupements sociaux intermédiaires qui relient tous les individus entre eux en formant des unités de comportement social cohérentes qui, en fonction de la société à laquelle elles appartiennent, se différencieront par toutes sortes de caractères relativement superficiels, de manière à satisfaire aux exigences de leur milieu spécifique. » Les familles étendues sont présentées comme plus naturelles et adaptées à la nature que les familles nucléaires. La culture est alors assimilée à une contrainte naturelle, un donné biologique. « Toute structure culturelle témoigne aussi d'un ordre spécifique et ses caractéristiques ne peuvent être comprises qu'en décelant les fonctions qu'elles assument. La suppression de coutumes et d'institutions vernaculaires, sous prétexte qu'elles ne répondent pas à nos critères moraux, peut avoir des conséquences fatales pour la culture concernée - tout comme l'ablation d'un organe essentiel peut entraîner la mort de l'individu. »[4]. L’ordre social est alors complètement naturalisé, biologisé.

 

 

Des auteurs comme Vincent Cheynet, rédacteur de la Revue Casseurs de pub et apôtre de la décroissance, critiquent le commerce équitable car il accompagne la « déculturation de la production ». Vincent Cheynet prend alors un exemple : « Quand Michel va en Inde, il est heureux de trouver une culture différente de la sienne, enracinée dans son milieu. L'habillement fait partie intégrante de cette diversité des cultures et cette diversité culturelle fait la richesse de la Terre. Toute la production fait ainsi partie de la culture vivante des peuples. Azimuts, entreprise d'habillement issu du commerce équitable, importe en France des vêtements de style tropicaux. Imaginons la tête du Népalais qui, en arrivant à Paris, se trouve face à des personnes habillées en . . . habitant des tropiques. Gageons qu'il repart aussitôt, déçu. L'idéologie dominante mène au renoncement à sa propre culture. » La critique de l’économie et de l’échange se fait alors au nom de la défense de l’autochtonie, des identités locales. Ainsi par exemple pour Serge Latouche qui s’inspire d’Heidegger « l’occidentalisation est un déracinement planétaire ». L’occidentalisation qui est équivalente à une « américanisation » correspond à un processus d’uniformisation culturelle « sans racines », un désert, un vide ontologique. Une part de la critique de l’échange par les décroissants, s’inscrit alors dans une valorisation de l’autonomie, de l’autarcie. Avec des relents relativement nauséabonds de préférence locale ou nationale. La critique de la marchandisation s’inspire alors d’une critique de l’échange et des modifications culturelles qu’elle provoque.

Décidemment cette critique du capitalisme n'est pas la mienne.

 


 

[1] On lira avec intérêt l’éloge que la revue d'extreme droite Éléments fera de ce courant dans son numéro 100 de mars 2001, intitulé « Une réponse à la mondialisation, le localisme ». La revue Silence sur les ecocités fera aussi l’éloge de ce courant, Silence, n°327, février 2004, p 8.

[2] Edward Goldsmith qui publia le premier ouvrage bio-régionaliste « Réinhabiting California ».

[3] Edward Goldsmith, Le Tao de l’écologie, Editions du Rocher, 2002, 499 p.

[4] Ibid, p 211.

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14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 00:00

Pour ceux qui n'en étaient pas convaincus..la décroissance est vraiment un discours réactionnaire. pour preuve ce communiqué du parti pour la décroissance (ex Ecolo, surement écrit par Cheynet) qu'on peut lire sur leur site.

Communiqué : Violences dans les banlieues.

Une société qui se fonde sur la guerre économique généralisée ne peut pas attendre davantage de la part la plus exclue de sa jeunesse. D’un côté, dans le meilleur des cas, on lui propose de s’intégrer grâce à des emplois rémunérés au smic, et dénués de sens, dans le système industriel (livreur de pizza, remplisseur de distributeurs de canettes, agent de sécurité, grande-distribution, etc.), de l’autre, le système médiatique excite toutes les pulsions les plus sombres (consommation, domination, violence, etc.)

Par ailleurs, nous ne pouvons que constater la totale irresponsabilité de tous les représentants politiques qui appellent à la démission du Ministre de l’intérieur au plus fort de la crise. Le temps viendra de chercher les responsabilités, mais la priorité est aujourd’hui à l’arrêt de violence et à la restauration de la sécurité publique, ce qui ne peut pas se faire en délégitimant l’autorité. (c'est moi qui souligne)

Le PARTI POUR LA DECROISSANCE appelle à la sortie de l’idéologie de croissance sans limites, qui, avant d’être une machine à détruire la planète, est la matrice de la destructuration sociale et humaine que nous vivons actuellement dans les banlieues et ailleurs

 

Et que vive l'autorité qui seule peut faire respecter l'ordre.

 

 

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22 octobre 2005 6 22 /10 /octobre /2005 00:00

Les alternatifs organisaient ce week end une formation sur la décroissance.

Encore une fois je constate que c'est un refus de l'économie de la rationalité qui détermine ces argumentaires réactionnaires.

L'écologie va bien mal si elle croit qu'une conception spiritualiste est le moyen de régénérer l'écologie.

Mais paradoxalement ce n'est pas ainsi que les tenants de la décroissance argumentent. Ils ne cessent de faire des pirouette en disant qu'ils ne sont pas une théorie, qu'ils sont un faisceau de pratiques...et qu'on ne peut donc pas leur imputer les propos de pierre Rabhi ou Serge Latouche...qui sont pourtant les promoteurs du concept...

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26 juin 2005 7 26 /06 /juin /2005 00:00

La relation entre auteurs partisans de la décroissance et la défense des femmes est terrifiante.

 

Une auteure comme Charlène Spretnak montre un mélange d'anthropologie antique et d'utopie protestataire écolo féministe. Après s'être intéressée aux mythologies préhelléniques, elle développe une théorie féministe, écologique et spiritualiste. Elle s'oppose aux valeurs patriarcales qui sont liées "à la vénération de la structure hiérarchique et de la compétition, la pratique de modes de relations qui impliquent soit une domination soit une soumission, l'aliénation par rapport à la nature, la répression de l'empathie et des autres émotions (...). Ces traits se manifestent chez quiconque, homme ou femme, choisit de se plier aux règles de la culture patriarcale". Spretnak utilise comme modèle les représentations du néolithique, où "la terre mère, les éléments et les animaux étaient respectés". La période pré indo-européenne devient un argument politique "Je ne suggère pas que l'ère néolithique pré indo-européenne était parfaite, ni que nous devrions tenter d'y retourner. Cependant, leur art et les objets retrouvés apportent la preuve d'une compréhension raffinée de nos relations mutuelles avec la nature et ses cycles. Le respect de ces processus contextuels est pour nous riche d'enseignements sur le plan de la dualité". Cette période sert de mythe d'origine. On retrouve comme chez les décroissants une admiration des sociétés traditionnelles idéalisées. Cette représentation permet d'imaginer une culture post patriarcale sans angoisses existentielles où les "hommes vivraient leur état post orgasmique comme positif et découvriraient là une parabole du corps". Charlene Spretnak réactive le mythe de la Terre mère, Gaia et entend avec la mise en place de groupes politiques les "Committees of Corespondance" développer un "populisme écologiste à fondement communautaire", afin de promouvoir la coopération, le respect de la diversité, la non-violence, l'autodétermination locale et communautaire, la propriété collective, la spiritualité. Le matriarcat ou le pré-patriarcat permet à ces auteurs de penser un autre rapport de l'homme et de la femme à la nature, ainsi qu'un stade quasi utopique, où les conflits ainsi que l'autorité disparaissent.

On peut s’intéresser avec attention aux propos de Charlene Spretnak. Car elle se voit adresser un véritable panégyrique par Jacques Grinevald, cheville ouvrière du journal La décroissance et de L’écologiste, conseiller scientifique de la revue Silence et auteur de la préface de l’ouvrage La décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen. Jacques Grinevald se lance dans une véritable ode "  Le nom de Charlene Spretnak, je veux dire ce qu’il représente dans le monde des idées d’avant garde de la renaissance écologique ". Il rajoute avec lyrisme " il est clair comme le souligne depuis des années Charlene Spretnak, qu’on ne peut séparer l’écologie politique et l’écologie spirituelle. […] Comme le disait le poète la femme est l’avenir de l’Homme. Notre Terre Mère, Gaia, notre Biosphère, notre nouvelle Matrie planétaire, est une nouvelle figure du sacré qui tient compte des générations futures et de la biodiversité nécessaire à l’existence même de la Biosphère". Terre Mère, femme mère même combat. C’est ce même type de propos que l’on retrouve aussi dans l’édito du numéro de la revue Silence consacré au sexisme " Alors plutôt que de vouloir favoriser - par discrimination positive, par l’aide au développement, autant de concepts trompeurs - le rattrapage des femmes, il serait plus adéquat d’aider les hommes à aller vers les valeurs d’entraide, d’amour de la vie et de coopération que les femmes ont su plus intelligemment conserver ". Les femmes grâce à leurs qualités dites naturelles seraient plus à même de nous conduire sur les chemins de la nature et de la décroissance. Forcément puisqu’elles sont vues avec leur rôle maternel et leur attachement à la domesticité comme les gardiennes du temple de la tradition . C’est d’ailleurs pourquoi comme le pense Hervé René Martin elles seraient très contentes de retourner à l’époque du lavoir où existait une vraie sociabilité évitant ainsi le " cancer de la mondialisation " qui les déculture et les éloigne de l’essentiel, leur nature, la nature.

Et dire que des écologistes voient un espoir dans la décroissance ???

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