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Qui je suis ?

Enseignant de sciences économiques et sociales

 

Marié, père de 2 enfants

 

Conseiler municipal d'opposition de 2001 à 2008

Militant socialiste

Engagé aux côtés d'Edouard Baldo

 

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Ouvrage décroissance

La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.

 Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.

 «Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ». 

 Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.

   ISBN: 2-296-01224-8

 Achat en ligne

http://www.amazon.fr/gp/product/2296012248/ref=sr_11_1/171-1636061-8438610?ie=UTF8

http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=21965

6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 17:52

Une petite chronique sur mon bouquin dans le Monde diplomatique de ce mois de novembre.

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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 13:27

Pour information vous pouvez lire le numéro de Terra economica sur la decroissance.

http://www.terra-economica.info/ga_login.php?id_article=2654&url=%2Fa2654.html&raison=nocookie

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 01:25

Serge Latouche vient de sortir un bouquin sur la décroissance. Pari de la décroissance. Ainsi en 300 pages il nous résume ses arguments pour sa décroissance.

En le lisant on est relativement surpris.. car le bouquin oscille entre des thèses philosophico-économiques extrêmement radicales et douteuses et des préconisations que tous les écologistes signeraient sans problème. Commençons ainsi par ce qui ne pose pas problèmes. Latouche préconise que nous adoptions "8 R". Réévaluer, reconceptualiser, restructurer, redistribuer, relocaliser, réduire, réutiliser, recycler.. qui l'amène aux préconisations suivantes.

1)      Revenir à l’empreinte écologique d’une Terre pour la France,

2)      Internaliser les coûts des transports

3)      Relocaliser la production

4)      Restaurer l’agriculture paysanne

5)      Utiliser les gains de productivité pour faire de la RTT

6)      Produire des biens relationnels

7)      Réduire les gaspillages d’un facteur 4

8)      Pénaliser les dépenses de publicité

9)      Décréter un moratoire sur les innovations technologiques.

On pourrait signer quasiment sans discussions ces points (exception faite du moratoire général sur l’innovation trop systématique). D’ailleurs Latouche le reconnaît car il affirme que des Verts à Attac il y a accord sur ces points.. Où y a t’il donc problème alors ? Pourquoi ne pas s’émerveiller devant un tel bouquin qui redit ce que les écologistes expliquent depuis 20 ans ?? Et bien il faut le dire Latouche ne manque pas d’R car il inscrit, (provisoirementà mon avis car comment expliquer alors ce décalage entre les sousbassements idéologiques et les mesures préconisées ?? ) ces idées dans une réflexion philosophie plus globale inquiétante.

Quels sont ces points ? D’abord le rapport à la nature que pose Serge Latouche. Ainsi il affirme « Les hommes sont prêts à se donner à Gaia (personnification mythologique de la Terre)  comme Gaia se donne à aux. En niant la capacité de régénération de la nature, en réduisant les ressources naturelles à une matière première à exploiter au lieu de la considérer comme un « ressourcement », la modernité a éliminé ce rapport de réciprocité. Renouer avec cette disposition d’esprit préaristotélicienne est sans doute la condition de notre survie ». (p20). C’est donc une vision fusionnelle des relations entre nature et culture, c’est donc une vision préscientifique qui est vue comme la base d’une pensée écologique. Il me semble y avoir là une véritable régression…

Ensuite Serge Latouche montre bien comment la décroissance est la reprise des travaux d’une « Internationale » de l’ « anti ou post-développement , dans la filiation d’Ivan Illich, Jacques Ellul,et François Partant » qui travaille et écrit depuis 40 ans. (p24) Position qui critique « l’enfer » de la croissance, « le virus » (p133) du développement, la « drogue » le « Vih ». Terme biologisants ayant une connotation morale douteuse. D’autant plus problématique que Serge Latouche indique clairement l’ennemi, l’idéologie développementiste et ses défenseurs. Car « la différence est totale entre ceux qui, depuis les années 60, dénoncent l’imposture du développement et les « humanistes » qui s’en font les complices » (p129). (Les personnes qui dans mes diverses conférences n'ont céssé de me dire que décroissance et développement durable étaient compatibles devraient relire leurs penseurs..)  Car « le développement est en outre un concept « génétiquement » occidentalo-centré, il contient l’hubris du seul fait qu’il implique une absence de limites » (p133).. Il serait donc rien de moins que « l’idéologie développementiste a été « la plus grande arme de destruction massive « imaginée par le génie humain » (p134)...Rien de moins...Le reste devant être des détail de l’histoire de l’humanité. Le propos est tellement haineux contre l’universalisme et l’humanisme qu’on ne peut qu’être saisit qu’il soit si partagé chez les écologistes…On peut aussi critiquer sa défense de la thèse illichienne de la lutte pour une déscolarisation.. ainsi il explique p 160 les méfaits de cette occidentalisation du monde et cette colonisation des esprits… et en appelle à une déscolarisation révolutionnaire...

 Une posture assez surprenante est aussi développée concernant la démographie. On est relativement inquiet de voir que Latouche met sa réflexion sur ce sujet dans le Chapitre 5 sous le patronage d’une citation de Pasolini « Procréer est aujourd’hui un délit écologique »…Le chapitre est alors un exercice alambiqué de rhétorique surprenante pour dénoncer les risques du malthusianisme (désamorçant les critiques possibles p 141) mais aussi défendre en même temps une position malthusienne avec une société en « état stationnaire optimal (1 à 3 milliards) »( p145) et une « décroissance démographique souhaitable » (p146)

 Mais là où le texte encore plus discutable c’est sur le nécessaire réenchantement du monde qu’il préconise (p282). Et quand à savoir si « l’entreprise de décolonisation de l’imaginaire permettant de réaliser cet objectif [de société de décroissance] implique-t-elle une forme ou une autre de spiritualité ? C’est possible » (p282). Latouche reprend alors le propos de Pasolini appelant l’Eglise catholique a jouer son rôle de leader du mouvement de contestation de la société de consommation.

 Mais Latouche se fait plus précis p 283, « Il existe incontestablement ce qu'on pourrait appeler une «théologie de la décroissance». Spécialiste du développement et de la problématique de la diversité culturelle, j'ai été très souvent confronté à des «curés» ou ex-curés, catholiques ou protestants, théologiens ou pasteurs de l'église réformée comme Jacques Ellul et Gilbert Rist, Arnaud Berthoud, ex-pères blancs comme Michael Singleton, prêtres plus ou moins en rupture de ban comme Ivan Illich, Robert Vachon, Alex Zanotelli, Marc Luycks, Raimon Panikkar et bien d'autres. Ayant moi-même été présenté comme «un païen qui a la foi », peut-être, après tout, suis-je prédisposé pour trans-mettre aux miens, sous une forme profane, des messages pronés dans d'autres chapelles... La voie du «pluriversalisme» tracée par Panikkar, par exemple, est la seule, à mes yeux, qui offre un espoir d'éviter la chute dans la barbarie, voire le suicide de l'humanité; celle d'un nouvel art de consommer, preconisée par Berthoud, ouvre sur un retour de la joie de vivre. La relecture de l'Evangile par Alex Zanotelli fonde la non-violence active comme forme de «la résistance d'une partie de la société civile organisée contre l'empire de l'argent2». Faut-il s'étonner de ces connivences entre nouvelles «hérésies» millénaristes et utopies sociales laïques ou en être choqué? ».

Pour Latouche visiblement pas. On voit alors que Latouche inscrit clairement la décroissance dans une version à peine laïcisée des réflexions spiritualistes. Et ne dénie pas sa dimension « païen qui a la foi ». IL s’en sert même pour tirer une certaine légitimité. Mais sentant qu’il a peut être poussé le bouchon un peu loin il conclu son ouvrage sur cette question. « Toutefois, Si «le sacré est le simulacre institué de l'Abîme», suivant la formule de Castoriadis, les poètes, les peintres et les esthètes de tout poil, bref, tous les spécialistes de l'inutile, du gratuit, du reve, des parts sacrifiées de nous mêmes, devraient suffire à la tâche du réenchantement. « Les plus grands écrivains et artistes, note Jean-Paul Besset, ont fouillé en direction de cette autre vie qui, pour les roman­tiques et les surréalistes, se trouve dans la vie Est-il vrai-ment nécessaire de faire appel aujourd'hui aux théologiens, aux ayatollahs, voire aux grandes prêtresses écoféministes des cultes néopaiens syncrétiques ou aux gourous new age qui fleurissent ici et là pour meubler le vide de l'âme de nos sociétés à la dérive ? » On attendrait que Latouche critique ces thèses souvent délirantes il n’en est rien. Piégé par son ultrarelativisme Latouche ne peut rien opposer à tous les gourous qui entendent réenchanter le monde. Latouche ne manque alors pas d'R en disant que la décroissance est une vision consensuelle dont les mesures sont déjà partagées par les grandes mouvances écologistes... puis en ouvrant à une remise en cause radicale de la modernité et des sociétés développées... La décroissance est donc bien une voie dangereuse pour la pensée alternative... par cette confusion quelle entretient...entre des mesures évidentes pour les écologistes politiques et des présupposés philosophiques contraire à l'humanisme.

Je dois causer avec lui et Marc Kramer  à Science po Paris le mercredi 22 novembre à 17 h. Je suis vraiment curieux de rencontrer ce personnage et de comprendre ces contradictions..

ps 1 On aurait pu aussi critiquer sa défense d'un certain bio-régionalisme comme son "ami Teddy Goldsmith".

ps2 On aurait pu critiquer son refus d'une économie alternative..même s'il défend après les SEL et AMAP..

ps 3 On ne discutera pas cette fois l'idée que la démocratie est une vision occidentale..même si ça ouvre la porte à certains dangers..

ps 4 On lira avec attention la critique faite par Cheynet du bouquin http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/parilatouche.htm. Les tensions entre les membres du journal La décroissance vont croissantes..

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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 01:07

Il y a des messages qu’on aimerait mieux ne pas écrire ..et celui ci en fait partie. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit encore une fois de répondre à une attaque d’une rare violence...ce qui n’est pas inhabituel.. mais en même temps il s’agit d’une charge inouïe de Paul Ariès que je considère comme un des rares décroissants intéressants. Vous trouverez le tombereau d’insultes à cette adresse. Et une petite réponse.

Un procès de Moscou à Aix. La face cachée de l'ouvrage de Di Méo par Paul Ariès : 

http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/cyrildimeo.htm

Puisqu’il faut bien répondre.

1)    Je redis comme dans le bouquin que Paul Ariès est un des décroissants les plus respectables et les plus conscients des risques d’une pensée décroissante. Il est un des rares à essayer de croiser luttes sociales et environnementales. Je confirme que je ne lui connais pas de propos malthusiens, écoféministes, spiritualiste, d’écologie profonde etc… Je n’ai d’ailleurs jamais rien dit de tel. Où cela coince t’il alors ? Dans le fait à mon avis que mon bouquin montre les innombrables connections entre des pensées qu’il réprouve et les revues dans lesquelles il écrit. En clair je pense que Ariès (dont je conseille d’ailleurs la lecture à plusieurs reprises dans le bouquin) ne supporte pas le fait que mon bouquin démontre que la quasi totalité de son entourage et des partisans de la décroissance qui l'entourent  sont non fréquentables et défend des thèses qu’il a condamné par ailleurs. En clair comme je le dis au milieu du bouquin je comprends pas ce que fait P Ariès aux côtés de P Rabhi, Serge Latouche, J Grinevald, HR Martin, JC Besson Girard…etc.. Paul Ariès pense qu'il peut extirper la décroissance des griffes des thèses réactionnaires qui la fonde .. je n'y crois pas...

 


2)    Deuxième point d’achoppement , même si Paul Ariès dénonce la dépolitisation présente dans le mouvement décroissant , je crois que par un dénigrement caricatural du développement durable et des éco-tartuffes, il entretient ce mécanisme même qu’il dénonce par ailleurs. Il est aussi assez sidérant de voir quelqu’un qui pratique de manière récurrente l’invective et le style pamphlétaire m’accuser d’être un "Torquemada" et de vouloir "interdire" de Tribune les décroissants (ce que je n’ai jamais dit ou pensé). On croit rêver alors qu’ils possèdent de nombreux médias comme Silence, L’écologiste, Casseurs de pub et La décroissance…qu’ils inversent les rôles et se fassent passer pour des victimes…Le tout en m’accusant de « dérives médiatique »…on croit rêver quand on sait l’absence de pub et le peu de travail de diffusion fait par L’Harmattan pour la sortie du bouquin …là où nombre de  décroissants en bons anciens du marketing pratiquent l’auto-promotion à outrance dans leurs revues (ce qu’ils ont à titre personnel bien raison de faire). Il y a une capacité des décroissants à se poser en permanence en victime, ( la comparaison avec les procès de Moscou est d'un goût douteux) là où le champ éditorial leur est grand ouvert (comme le montre la rentrée litttéraire), surprenant...Ne parlons pas de l'"onction "qu'est sensé donner Politis à mes thèses.. P Ariès à mal du lire les diatribes parues dans ce journal... qui a défendu le relativisme latouchien contre une écologie universaliste...que j'essaye de défendre.

3)     Sinon on retrouve comme chez V Cheynet une pratique argumentative surprenante. Après avoir expliqué que je mentais, etc…il nous explique qu’en définitive toutes les bonnes critiques faites dans ce livre (tient il y en a donc) sont connues (on s’en était pas rendu compte) de tous et sont faites par lui depuis longtemps…Il faut à mon avis choisir soit je dis n’importe quoi et Paul Ariès aussi, soit je dis pas n’importe quoi  comme Paul Ariès !!! Il faut choisir.

4)    Dans l’attaque confuse qui s’en suit je suis tour à tour accusé d’être pour un « petit » (sic) commerce équitable là où lui est pour un « grand » (sic ) commerce équitable…Il y a quelque saveur à lire cette affirmation de la part d’une personne et d’un journal qui ont expliqué depuis 5 ans que le commerce équitable est un oxymore (et donc que par nature le commerce ne peut pas être équitable) et qu’il ne peut pas y avoir de commerce équitable…Il devrait relire les 10 objections au commerce équitable de V Cheynet…et les articles enflammés de son journal. Je suis aussi accusé d’être « mondialiste »..je sais pas trop ce que ça veut dire mais ça a l’air très infamant.. Si c’est pour dire que je suis universaliste c’est douteux si c’est pour dire que je suis pour la globalisation financière c’est malhonnête…Je suis aussi sensé être « pour la société de consommation » et "rejoindre la Nouvelle droite" (ce qui assez drôle pour quelqu'un qui signe régulièrement à côté de Serge Latouche), rien de moins… Devant un tel mélange et une telle violence les bras m'en tombent...

Tout ça est bien triste.

Signé : Un moscovite mondialiste pour un petit commerce équitable. (parce qu'il vaut mieux en rigoler)

PS J’ai effectivement eu un mel de P Ariès pour m’indiquer qu’il n’avait pas créé au PPLD et qu’il avait demandé à V Cheynet d'arréter ou de différer le lancement du parti après les Etats généraux de la décroissance (ce qui explique les 2 dépots de statuts). Alors que dans le bouquin j'indique que V cheynet et P Ariès sont " à l'origine "(le terme est vague)  du lancement du PPLD. Son opposition s'est fondée  justement sur l’article anti-politique des statuts que je dénonce dans le bouquin. Que P Ariès se rassure je comptais faire ce message expliquant ce point sur ce blog (peu lu) mais j’essayais d’avoir L’Harmattan pour savoir avant s’il était possible de rajouter une note au bouquin (ce qui paraît pas possible).

20/10/2006
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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 13:53
 

Catherine LEVRAUD

Conseillère Régionale PACA

Adjointe au Maire d’Arles

 

 Vous invite à la réunion publique sur le thème de

La décroissance : une réelle solution face à la crise écologique ? Le jeudi 19 octobre 2006 à 19 heures

 

 Avec

Cyril Di Méo   Enseignant de sciences économiques et socialesAuteur du livre « La face cachée de la décroissance »

 

Patrick GIANFALDONI Maître de Conférences en Sciences Economiques Universités de Lyon 1 et d’Avignon

 

 Djnina OUHARZOUNE  Secrétaire des Verts du Pays d’Arles

 

 Hannes LAMMLER "Agriculture et pognon" Coopérative européenne Longo Maï

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 13:29

  Politis vient de faire une mini chronique de mon bouquin. La critique est sevère. Mais ce qui est assez marquant c'est que P. Piro prend position pour le relativisme latouchien et son "ré-enchantement" du monde. Comme si une écologie universaliste et laïque n'était pas pertinente.

C'est un peu inquiétant si Politis se met à défendre le latouchisme.... Car le propos de Serge Latouche est clair « Il y a dans cette proposition qui part d’un bon sentiment « vouloir construire des écoles, des centres de soin, des réseaux d’eau potable et trouver une autonomie alimentaire » un ethnocentrisme ordinaire qui est précisément celui de développement » (Serge Latouche, « Et la décroissance sauvera le Sud » in Le Monde Diplomatique, novembre 2004). Et c'est pour cela qu'il refuse avec autant de vigueur le développement. On trouvait déjà cette critique chez Illich lorsqu’il cherchait à « libérer l’avenir » et rêvait d’une société sans école, ni institutions médicales ou autres. Politis en adoptant le latouchisme est donc amené à refuser de défendre l'égalité de droits universels dans le Tiers monde, à refuser la construction d'écoles dans le tiers monde, à considèrer qu'il faut pas aider à la construction de réseaux d'eau potable, à refuser le développement de systèmes de soins dans le Tiers Monde...car ce serait de l'occidentalisation du monde... ça laisse..sur le cul..

De plus on peut constater que P Piro fait comme si le discours spiritualiste des décroissants (qui est donc reconnu) était si différent du conservatisme des croyances religieuses institutionnalisées. Et P Piro ne voit pas de problèmes à l'éco-féminisme de certains décroissants qui publient dans Politis. Ainsi Pierre Rabhi se plait à affirmer qu' « à [sa] connaissance il n’y a pas une seule femme qui ait inventé une bielle ou un engrenage ! » (Graines de possibles).  Ou  défend aussi cette alliance sacrée entre la Terre et l’homme : « Il y a alors une colère silencieuse, et l’anneau d’alliance qui réunit la terre, les plantes, les animaux et les hommes entre eux est rompu. » et « les êtres humains les plus avisés savent que le chemin le plus juste passe par la reconstitution de l’anneau rompu ». Si Politis pense qu'il y a pas de problème à vouloir reconstituer l'alliance sacrée avec la Terre mère.... Cela ne le gène pas...

 P Piro, n'est pas géné non plus que Jacques Grinevald, cheville ouvrière du journal La Décroissance et de L’Ecologiste, conseiller scientifique de la revue Silence et auteur de la préface de l’ouvrage La décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen  lance dans une véritable ode « Le nom de Charlène Spretnak, je veux dire ce qu’il représente dans le monde des idées d’avant garde de la renaissance écologique ». Il rajoute avec lyrisme « il est clair comme le souligne depuis des années Charlène Spretnak, qu’on ne peut séparer l’écologie politique et l’écologie spirituelle. […] Comme le disait le poète la femme est l’avenir de l’Homme. Notre Terre Mère, Gaia, notre Biosphère, notre nouvelle Matrie planétaire, est une nouvelle figure du sacré qui tient compte des générations futures et de la biodiversité nécessaire à l’existence même de la Biosphère».

 Etc.... je vais pas vous refaire les 200 pages. Mais pour moi les gens qui écrivent ce genre de truc sont pas très fréquentables...

 Là où l'on regrette que le texte ne soit pas plus précis c'est lorsqu'il évoque les amalgames du bouquin.. on aurait aimé une lecture de texte précise pour dire quelles phrases citées dans le bouquin n'avaient pas été réellement dites par leurs auteurs....

 

 

Le relativisme latouchien est vraiment un danger pour les luttes progressistes à venir. Si même Politis critique l'idéal d'émancipation universaliste.. on est mal barré... pour les luttes à venir...

 

 

 

 

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 21:04

Certains ont peut être lu dans le courrier des lecteurs de Politis (Politis 920) la réponse de F Flipo à notre tribune publiée par Politis il y a trois semaines. Le texte est une  bordée d'injures : « texte fallacieux », «critique malhonnête et populiste », « procès stalinien », « pensée à coups de Karcher », « menaces populistes pour intimider »  etc....

Que les personnes qui ont quelque considération pour moi (il doit bien en rester quelques unes) et ont pu penser que ces insultes m'avaient blessé se rassurent....après le courrier adressé à F Flipo pour lui dire ce que je pensais du bol de fiel qu'il avait écrit et de ses méthodes il m'a répondu...

 "C'est pour cette raison que ma réponse est ironique, personne ne s'y trompera. Il n'y a pas de fiel mais une bonne dose de dérision : vous mettez tous les décroissants dans un sac absurde, je vous mets dans un sac encore plus absurde - qui n'a rien d'insultant, tu serais bien en mal d'en apporter la preuve (encore une fois)."

C'était donc de l'humour... Décidemment nous vivons une drôle de période si les gens n'assument même plus leurs insultes....L'ultra relativisme a vraiment fait des dégats....

 

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 20:15

Je reçois le commentaire suivant de C Homs animateur de décroissance.info qui est très intéressant. Je n'en partage pas l'opinion mais c'est une trame de discussion. En bleu mes remarques.

Pour répondre à Cyril et à sa vision transhistorique (substancialiste) de l'économie :

Je pense au contraire avoir une vision culturaliste et historiciste...

La SORTIE DE L'ECONOMIE c'est quoi ? Charles Marx et le crépuscule de l'économie expliqués aux enfants...

Patrick Viveret pose une question fondamentale à mon sens, et sur laquelle j'aimerais rebondir pour commencer : « Pourquoi ne pourrions-nous pas émettre l'hypothèse que les crises dites économiques que nous vivons sont en fait des crises culturelles liées à la sortie de l'économique ? » [1]. Très vaste question qui montre l'ampleur de la déconstruction à mettre en oeuvre. Explicitation...

Je ne crois pas qu'on puisse sortir de l'économie, ça ne veut rien dire. Toutes les sociétés ayant des mécanismes de circulation, de création et de répartition de richesses. Mais toutes les sociétés n'ont pas les mêmes formes. Considérer les rapports de production et les modes de répartition de la richesse comme de simple rapports symboliques pose de lourds problèmes revenant à croire qu'il n'y a que de l'idéel et pas de matériel au sens de Godelier.


L'Economie est un paradigme, c'est un ensemble de valeurs qui mis en relation forment un système. Ainsi quand j'utilise le mot « économie », je l'utilise au sens de S. Latouche, c'est-à-dire comme système ou ensemble auto-référentiel de représentations [2]. « L'histoire de la pensée économique est surtout l?histoire de la construction de l'économique comme pratique et comme pensée, autrement dit la construction de l'économie et de l'économie politique » [3]. Si donc on se place dans cette acception du terme « économie », « d'emblée l'économie fait problème, elle n'est pas là comme ça, naturellement, que ce soit comme domaine ou comme logique de comportement, autrement dit, il n'y a pas de substance ou d'essence de l'économie » [4], et donc l'économie n'existe pas de tout temps et en tout lieu. « Les opérations économiques de production, consommation, épargne, investissement, achats, ventes, etc., ne sont ni naturelles, ni universelles, ni éternelles, ni rationnelles (en elles-mêmes) » [5]. C'est-à-dire, pour expliciter que l'économie n'est pas une substance transhistorique, « la réflexion économique selon notre approche, ne se développe pas à un moment historique sur une pratique transhistorique (autrement dit naturelle), elle surgit dans le prolongement de l'émergence d'une pratique qui prend et constitue un sens économique progressivement à travers une théorie qu'elle contribue à supporter et susciter. Chacun des niveaux a besoin de l'autre pour s'y fonder » [6]. Serge Latouche donne alors une estimation de datation de cette invention de l'économie, qui bien sûr n'est là que pour donner un ordre d'idée, une fourchette vague : « entre 1671-1871 » [7].

Cette pratique confond le regard, la démarche scientifique et l'objet, le réel. Cela revient à une attitude ultra nominaliste considérant qu'il n'y a aucune différence entre les choses et la nomination des choses. Comme si science économique c'est à dire regard objectiviste sur les relations de production et d'échange et choses économiques étaient fusionnées...

Cette vision revient à fusionner histoire de la science économique et l'existence de mécanismes économiques. Cela revient à rendre impossible toute attitude de compréhension du monde qui ne soit pas une contemplation...

Je prendrais en plus un exemple qui me semble contredire fondamentalement cette vision. Aristote réfléchit sur la chrématistique plusieurs siècles avant Jésus Christ.. .Il réflechit avec un regard scientifique sur l'économie et l'inversion du rapport entre argent et marchandise. L'argent devenant la finalité de l'activité de production plus que le moyen de l'échange... Latouche est à mon avis complétement à côté de la plaque d'un point de vue épistémologique en croyant que c'est au XVIIeme que s'est créée l'économie et la science économique.



Il n'y a donc pas transhistoricité mais historicité de l'économie et de la vie saisit comme « vie économique ». La mise en économie du monde, c'est-à-dire l?invention de l'économie, l' « économicisation du monde », consiste en « une alchimie transformant en un savoir de plomb l?or de la richesse existentielle » [8] : C'est-à-dire que « les opérations que nous considérons comme économiques, d?évidence, ne peuvent apparaître qu'avec l'existence et donc la production antérieure d?un discours et de concepts qui nous les donnent à voir comme économiques » [9]. C?est là, dans cette visée de la conscience qui dans son intentionnalité saisit son objet comme « économique » en tant que tel et de façon séparé, la « genèse transcendantale de l'économie » comme dit Michel Henry [10], c?est-à-dire l?auto-institution d?une croyance dans l'évidence d?une réalité économique. Il n?y a donc pas en soi (selon cette thèse) de « réalité économique » : c?est une construction de l?imaginaire qui affirme que telle et telle opération (se nourrir, se loger, dormir...) est « économique » et le constitue comme tel. Il faut donc (affirme cette thèse) sortir de cet imaginaire économiciste : « l'erreur de la plupart des commentateurs de Marx a été de faire de l'économie la réalité alors que Marx n'a cessé d'affirmer que celle-ci n'était qu'une abstraction » (M. Henry). Disons donc que l'économie apparaît quelque-part entre le XVII et le XIXe siècle. C'est là la date de « l'autonomisation de l?économique », c'est-à-dire de la formalisation de la séparation d'avec la vie concrète, d'un objet désormais qualifié d'« économique », et de sa mise en représentation dont l'irréalité détermine désormais ce qu'est la « réalité » perçue dès lors elle aussi comme économique. Le bluff du discours économiciste qui fonde l'économie comme système de la valeur objective, est alors l'affirmation de « la vie économique comme réalité et l?économie politique comme savoir de cette ?? réalité ?? » [11]. La croyance que la réalité est une réalité économique qui existe de tout tant et en tout lieu, est alors le résultat de ce processus historique.

Cette vision phénoménologique confond le développement d'une rationalisation du monde sous la pression technique et industrielle et l'émergence d'un espace réflexif appelé raison. Historiquement l'économie a prit une part croissante dans l'ordre social ceci s'appelle le capitalisme...cela ne veut pas dire que l'économie a été créée par le capitalisme. Cette vision du désencastrement oublie de dire que Polanyi écrit en 1944 et qu'il décrit des tendances au réencastrement via le communisme et la nazisme.. L'idée d'une dégradation linéaire et d'un désencastrement croissant ne me semble pas coller à la réalité d'un système économique qui sous la pression du monde ouvrier a connu de nombreux mécanismes de re-socialisation de la richesse. Les exemples des retraites, de la sécu en sont des exemple.

Qu'avons nous avant « l'invention de l'économie », c'est-à-dire ce vaste discours qui identifie, sépare et classifie la réalité en de jolis bocaux déposés sur des étagères ? Avant l'invention de cette sphère de représentations économiques qui norme, mesure, biffe et dissèque, c'est à dire avant la « vie économique », il y a la vie tout court... La vie des individus sans la médiation de la représentativité, la vie tels qu'ils l'éprouvent et la vivent immédiatement, c'est-à-dire non pas le procès économique, mais le procès réel. C?est-à-dire que « le fondement méta-économique de l'économie est la réalité réelle de la praxis concrète et vivante » (M. Henry). Bien entendu « les usages fondamentaux [dormir, se nourrir, se loger, se protéger...] sont éternels et universels, mais leur qualification comme économiques repose sur une construction imaginaire datée » [12]. Avant la saisie de ces opérations (se nourrir, dormir, se protéger...) comme autant de « réalités économiques » identifiées comme telle, ces opérations ne sont l'objet d'aucune médiation, que celle-ci soit la valeur d'échange ou tout type de représentativité (argent, salaire...). Ces différentes opérations sont « enchâssées » dans la vie individuelle et la vie sociale et symbolique, dans la joie de vivre et d'être encore en vie. Elles sont vécues sans distance possible entre elles et la conscience, dans l'immédiateté d'un éternel présent vivant, ici et maintenant (hic et nunc). C?est-à-dire que ces opérations et la praxis ne font qu'un. Le procès réel de production est une activité de la vie, issue de son besoin et visant à rendre toute chose homogène à celui-ci. Ce procès réel de production existe depuis l'origine des histoires des individus vivants, il est le fondement méta-économique de l'économie (le système de la valeur), et donc du système de la valeur en elle-même et pour elle-même (la plus-value) : le capitalisme. « Mais si le procès réel de production est présent au sein du capitalisme, celui-ci ne se réduit nullement à celui-là, il en diffère plutôt, et cela de manière essentielle, en tant qu'il superpose à ce premier procès tout autre chose, un procès économique. Le procès réel produit des objets réels, des valeurs d'usage. Le procès économique produit des valeurs d'échange, il produit la valeur en tant que telle et pour elle-même » [13].

Opposer la vie à l'économie c'est très étonnant comme si c'était le XVII qui avait inventé la misère, la pauvreté, les famines et détruit un ordre de réciprocité naturelle et non économique. Je ne vois pas quelle est l'immédiateté d'un éternel présent  et la joie de vie et d'être en vie vantés par ce texte.. Comme si la conscience et le temps linéaire avaient été inventés par l'économie...L'économie n'a pas inventé le système de la valeur d'usage...


Ce procès réel de la valeur subjective de la praxis est aujourd'hui nié et plongé dans l'obscurité de l'arrière-cour de l'Economie de croissance ou de décroissance. Mais il est là présent à chaque bouffée de vie, dans l'éthique, l'esthétique, les affinités, l'empathie et la sympathie (Max Scheler, Nature et formes de la sympathie), les amours, la « connaissance ordinaire » (M. Maffesoli), la « socialité primaire » (A. Caillé), la « common decency » (G. Orwell) et la joie malgré la tyrannie de la réalité économique, d?être toujours en vie. La puissance instituante de l'auto-accroissement de la vie auto-affective qui déborde d'elle-même dans un « voir plus » ou un « se sentir plus » vivre, est ce qui, malgré l'intégrisme de l'objectivisme économique ou encore la spectralité (Marx) et la spectacularité (Debord) de nos existences réduites à une sur-vie éternisée, fait que Nous Désirons encore et toujours sans fin.

Ceci revient à une position ultrarelativiste consistant à dire que tout discours sur le social vaut n'importe quel discours. La conclusion pour Maffesoli a été de faire soutenir une thèse de sociologie à Elisabeth Teissier..Opposer le monde froid du discours de la science et le discours chaud du sens commun dans lequel devrait s'enraciner le nouveau monde à venir pose problème. Le sens commun c'est aussi, hélas, qu'il y a trop d'arabes en France, que la peine de mort c'est super ou d'autres inepties. Il y a là un spontanéisme dangereux. Cette théorie Vaneigemienne du désir sans fin...me parait être une défense d'un subjectivisme peu pertinent. Ce n'est pas le désir qui fonde l'ordre social. Je sais que ce fut très à la mode avec Deleuze, Guattari, l'anti Oedipe etc... mais cela revient à nier le rôle structurant des institutions sociales et des règles sociales. Cette post modernité auto-référentielle, refusant tout instituant pour se perdre dans la dilution des signifiants c'est le culte du narcissisme érigé en ordre social.

Le « crépuscule de l'économie » (titre du dernier chapitre de l'ouvrage de S. Latouche cité), c'est-à-dire le renversement de l'idole et de la tyrannie de la « réalité économique », nous ouvre alors les portes et la ligne d'horizon du « monde de l'après-économie, de l'après-développement, une authentique postmodernité » [14]. C'est-à-dire que « l'histoire qui fait - qui fera - suite à l'économie marchande, n?en sera pas moins l?histoire des individus, l'histoire de leur vie : en un sens, c'est ce qu'elle sera pour la première fois » [15]. C'est-à-dire que l'après-économie sera ce que Marx appelle très clairement « le libre développement des individualités » [16], ou encore le « renversement du renversement » (Debord), et plus concrètement la substitution de la valeur subjective du procès réel à la théorie économiciste de la valeur objective du procès économique. Dans ce temps de l'après-économie, « l'activité individuelle, la vie, la praxis n'est point abolie, elle est rendue à elle-même. Elle n'est plus déterminée par la production matérielle - cela veut dire : elle ne se confond plus avec elle et, pour cette raison aussi, elle n'est plus doublée par un univers économique » [17]. En cela, l'objectivisme et plus généralement la représentativité doivent être à chaque instant l'objet d'un soupçon plutot que d'une évidence. L'extension du domaine de la lutte est aussi celle de l'extension de la sphère du soupçon (Marx, Freud, Nietzsche).

L'objectivisme et la représentativité doivent subir le renversement permanent c'est une vision post moderne qui a force d'être critique devient conservatrice. Car cela nous laisse sans point d'appui progressiste pour refuser les croyances barbares, les inégalités insupportables..si tout se vaut et tout peut être remis en question...pourquoi nous battons nous ? Laissons le système tel qu'il est ?? Qu'est ce que debord a renversé à part lui même en se suicidant ? L'ultra radicalité de la critique du spectacle afini dans le spectacle et l'ultra mise en scène de la critique... Et puis quel serait ce monde de la paxis rendue à elle-même a-symbolisée ? Cela ne laisse que l'activité contemplative comme rapport au monde...

Notes :

[1] P. Viveret, Reconsidérer la richesse, p. 96

[2] S. Latouche, L?invention de l?économie, Albin Michel, 2005, p.8.

[3] Ibid., p. 12.

[4] Ibid., p. 13.

[5] Ibid. p. 16.

[6] Ibid. p. 16.

[7] Ibid., p. 18.

[8] Raoul Vaneigem, Eloge de la paresse affinée, p.3 de cette brochure

[9] Ibid., p. 17.

[10] Cf. Michel Henry, Marx, tome 2, Tel, Gallimard, 1976, chapitre du même nom, p. 138. Michel Henry est le fondateur de la phénoménologie matéielle. Pour lui « les marxismes sont l?ensemble des contre-sens qui ont été faits sur Marx ». On peut retrouver une analyse des deux tomes de son Marx, ici http://www.michelhenry.com/marx.htm

[11] S. Latouche, ibid., p. 13.

[12] S.Latouche, Ibid., p. 26.

[13] M. Henry, ibid., p. 190.

[14] S. Latouche, Ibid., p. 228.

[15] M. Henry, ibid., p. 465.

[16] Charles Marx, Grundrisse, II, p. 222. Sur Charles Marx comme père de la décroissance, on peut lire l?intéressant article de Denis Baba, dans le journal La Décroissance, n°33, p. 10

[17] M. Henry, ibid., p. 465.

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 13:07

 Certains lecteurs me laissent régulièrement l'adresse du blog de campagne électorale pour les législatives de Vincent Cheynet qui passe 3-4 pages à agonir mes réflexions. La voici donc, une bonne fois pour toute, pour ceux à qui ça aurait échappé (s’il en reste). Merci donc de ne plus laisser des messages pour me signaler ce si brillant et incontournable article.

http://www.ecolo.asso.fr/Cyrildimeo.htm

 Je ferai juste un petit commentaire car l'article ayant été ré-écrit une dizaine de fois il est dur d'en extraire des phrases stables auxquelles répondre.  Et il est inutile de polémiquer sur la forme qui nous rappelle que V Cheynet mérite bien le surnom que lui ont donné certains décroissants tant il se plait dans le style pamphlétaire et l’invective personnelle…ce qui est bien triste pour la cause écologique . 

 Quelques remarques rapides donc.  

 1) Lorsqu'on attaque les thèses de la décroissance, Vincent Cheynet nous dit qu'il n'est pas « lui » comme cela. Il transforme ainsi en permanence une discussion globale en discussion personnelle comme si la décroissance c'était lui... Je veux bien qu'il ait beaucoup de talent et travaille beaucoup mais il ne fait pas un journal tout seul...il y a plus de 15 personnes dans l'ours de celui ci.. De plus le journal La Décroissance n'est pas le seul vecteur de l'idée de décroissance. La décroissance n’est donc pas Vincent Cheynet. D’ailleurs on peut s’interroger sur la capacité d’influence de V Cheynet sur le mouvement décroissant. Deux exemples interrogent cette relation. Le faible nombre d’adhérents au parti pour la décroissance si on en croit la liste des adhérents qui était accessible (ce qui est au demeurant surprenant) sur Internet et qui ne dépassait pas les quatre vingt personnes, là où Rabhi fait salle comble partout. Et la façon dont ses mots d’ordre sont suivis. Ainsi alors que V Cheynet a commis plusieurs mels pour demander aux partisans de la décroissance de ne plus être hébergés par décroissance info, site où l’on trouve tout et n’importe quoi (et surtout n’importe quoi… je suis en ce sens d’accord avec v Cheynet), il est clair que les groupes décroissants n’ont pas suivi cette préconisation.

2) V Cheynet utilise des arguments contradictoires pour dénigrer longuement mon travail. Je résumerai ainsi  la contradiction présente dans l'argumentation du texte. Première idée tout ce que j'écris est un tissu d'âneries sans nom et n'a aucun fondement, la décroissance n’est pas du tout ce que j’écris (comme si j’avais inventé les très nombreux textes cités qu’a signé V Cheynet ou que l’on trouve dans les publications auxquelles il collabore ou qu’il dirige).. Puis deuxième idée : de toute façon les critiques pertinentes que je fais des dérives de la décroissance.. ont déjà été faites par V Cheynet lui même. Ce qui revient donc à dire que soit V Cheynet écrit des âneries comme moi .. soit ce que j'écris n'est pas des âneries...comme lui. On ne peut pas jouer sur tous les tableaux lorsqu'on argumente. Mais le procédé lui est familier. Ainsi il dénonce dans un numéro de Politis les thèses de J M Harribey et le critique de manière virulente...pour dans ce texte essayer d'expliquer en quoi le grand économiste JM Harribey se trompe en préfaçant mon bouquin.

3) V Cheynet nous explique donc entre autre que toutes les critiques que je fais il les a déjà faites. Je dois dire que je n’y crois pas. Il n’y a qu’à prendre l’exemple du conflit avec P Rabhi qui est toujours mis en avant pour avancer cet argument. V Cheynet affirme s’être opposé à P Rabhi... cela n’aura échappé à personne. Mais là où il y a tour de passe passe c’est sur la nature de l’opposition. Après relecture, j’ai constaté que V Cheynet s’oppose à P Rabhi car il serait vendu au système, car il ne serait pas assez radical et surtout serait l’ami du pollueur N Hulot. Pourtant le fond du problème n’est pas là. La question est celle du fond « pré-totalitaire », spiritualiste, antipolitique des thèses de Pierre Rabhi…mais sur cela V Cheynet et très discret.. Pourtant je sais qu’il exprime à titre privé et personnel ce genre de critique sur Pierre Rabhi…mais il y en a peu de traces publiques…On attend donc avec impatience un texte complet dédié à une critique des fondements philosophiques et spirituels (alliance sacrée avec la Terre Mère par exemple) de P Rabhi venant de V Cheynet.  Un texte à la hauteur de celui qui critique Teddy Goldsmith (qui est très bien  même si on comprend pas pourquoi il continue à se définir lui même comme collaborateur du journal dirigé par T Goldsmith en 2003).

 4) V Cheynet est un des décroissants les plus intéressants (avec Paul Ariès) et qui réfléchit le plus aux dangers de la décroissance. Je lui ai personnellement écrit et je le dis d’ailleurs dans le bouquin. Vous trouverez ça en lisant le bouquin. Mais cela n’empêche pas qu’il alimente en même temps lui même de manière assez paradoxale ces dangers régulièrement. Ainsi il défend des thèses malthusiennes, il multiplie les propos anti-politique en comparant les écologistes du développement durable à des partisans des pires régimes comme Vichy ou pire, il défend une critique du capitalisme qui entend être ni de gauche ni de droite et qui assimile le capitalisme à un totalitarisme de manière bizarre.. etc. (je vais pas refaire les 200 pages du bouquin). Il est aussi capable d’accueillir un texte très intéressant de C Jacquiau qui explique quel nouveau commerce équitable il faut penser à partir de la tartufferie de Max Haavelar.. tout en diffusant un texte totalement anti-commerce équitable (traduit en plusieurs langue tant il est important). Il est capable de dire que l'économie sociale et solidaire, le commerce équitable, le développement durable sont des oxymores c'est à dire que par nature, par essence ils ne peuvent pas être développement, commerce et économie ne peuvent pas ëtre durable, solidaire, sociale ... Je ne sais pas comment appréhender la multiplication de ces prises de position contradictoires. Au mieux il s’agit d’une pensée en mutation permanente qui "oublie" de critiquer et reconnaitre les erreurs passées et dépassées.. au pire nous sommes dans l’incohérence érigée en système de pensée sous couvert de radicalité et de relativisme généralisé… La violence du propos me fait en définitive plutot pencher pour la seconde solution.

 

 Esperons que nous aurons malgré tout un jour quelques réponses aux questions de fond que soulève mon bouquin.. et la tribune publiée dans Politis..? N'y a t'il pas danger à sur-valoriser les "conversions " ( terme de 'Latouche chez Mermet )  individuelles ? L'éloge de la pauvreté est elle tenable dans un système qui crée du précariat croissant ? L'invective contre les politiques ne participe t'elle pas d'un mouvement de délégitimation globale des seules instances pouvant résoudre la crise écologique ? Quel système de protection et de solidarité sociale si on sort du salariat, de l'économie, du monétaire ? Si l'on refuse de parler de richesse pour le monétaire comment fait on une socialisation de cette richesse ?  Le personnalisme sous jacent dans nombre de discours decroissant est il une solution progressiste pour construire un nouvel être ensemble écologique ? N'a t'on pas besoin de croissance et d'investissement pour l'éducation, la culture, les energies renouvelables, la réduction des consommation d'énergie ? Etc.. Je vais pas vous refaire les 200 pages du bouquin.

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5 octobre 2006 4 05 /10 /octobre /2006 13:33

Baptise n'est pas d'accord avec ma lecture de la décroissance. En attente de ma réponse voici son courrier.

 

 

 

Cher Cyril,

  Tu vas te présenter aux élections municipales dans cette bonne vieille Aachen Azurien... et je te prédis déjà un score rempli d’espoir. Le vert est la couleur de l’espoir n’est-ce pas ? L’urne te laissera à d’autres espoirs.

 Tu répètes que je suis un faux décroissant dans la mesure où je travaille pour un site Internet favorisant la consommation, même si elle est consacrée à réduire notre empreinte écologique et sociale. En fait je ne rentre pas dans ta vision simpliste de ce qu’est un décroissant. Il devrait vivre en ermite, prier le soleil, cultiver son champ et refuser technologie, retraite et salariat.

Là tu es bien embêté : je suis entrepreneur, ingénieur, dans les nouvelles technologies et athée.

Et pourtant je suis décroissant, ne te déplaise. Pour la simple raison que tu n’as pas compris ce que recouvrait ce mot. Tu en as cherché des exemples caricaturaux pour dénigrer une nouvelle force perturbant la bonne conscience de ton parti.

 

Qu’est-ce donc que la décroissance ?

Sur une Terre limitée, nos besoins ne peuvent être illimités.

Tu connais la chansonnette bien sûr. Alors toi comme moi nous, en déduisons le corollaire évident qu’il faut faire « décroître » notre empreinte écologique.

Jusque là tout va bien.

Je passe sur les inepties du cher euro-député, Jean-Luc Bennahmias, qui avait le culot déshonorant de dire qu’il ne pouvait être pour la décroissance puisqu’il était par exemple pour la croissance de l’amour et de l’amitié. Devant quelques élèves de Sciences Po pas complètement dupes non plus...

 

Voilà maintenant notre première divergence : tu rejettes le mot décroissance car il signifierait le contraire de la croissance, sous-entendu économique. Or tu considères qu’il est tout à fait possible d’avoir une croissance économique qui serait une sorte d’alter-croissance essentiellement liée à des activités écologiques (transports en commun, énergies renouvelables, meilleure répartition etc.)

Je sais que tu as lu plusieurs fois que la décroissance était un mot-obus qu’il ne fallait pas naïvement interpréter comme le contraire de la croissance. La décroissance se moque de la croissance. Elle n’est pas quantitative (le PIB doit diminuer de 2,5% !) mais qualitative (le PIB n’est aucunement lié au bonheur).

 

Quant à savoir s’il faut parler d’une autre croissance, je ne souhaite pas répéter l’erreur d’ATTAC quand elle a troqué son « anti-mondialisation » pour une « alter-mondialisation ». Je tiens à ce que le concept décroissance reste un obus, qu’il rappelle à chaque fois qu’il est claqué, il nous rappelle la chansonnette.

Je ne connais pas un seul concept qui, en travestissant pour devenir consensuel, n’a pas fini par sombrer dans une récupération odieuse.

  Alors tu rebondis en invoquant le développement, à la manière de ton préfacier Jean-Marie Harribey. « Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain » n’est-ce pas ? Le jour où le haut-dignitiare des alter-mondialistes répondra clairement à la question : « Existe-t-il des besoins universels ? Ou bien tous nos besoins sont-ils structurés par notre environnement social ? », ce jour-là, j’en saurai un peu plus sur ce que vous appelez développement. Manifestement, toi et lui ne parvenez pas à concevoir une transmission du savoir qui soit déconnecté du PIB, une médecine qui échappe à toute économie.

 

Je reprends mon exemple : « Il est possible de s’occuper de ses vieillards sans passer par le système des retraites, des hospices et des blocs gériatrie propres à notre société. Certains peuples peuvent très bien pourvoir aux besoins de leurs aïeux et cela n’aurait strictement rien à voir avec le PIB, la répartition des retraites etc. ».

Je reprends ton objection : « Au Sierra Leone, l’espérance de vie est bien trop faible et donc la question de la gestion des vieillards ne se pose pas ou très peu ».

J’apprends donc qu’il n’y a pas de vieillards au Sierra Leone et que tu fais finalement partie des gens qui croient :

1)      que l’espérance de vie désigne l’âge qu’on ne peut pas dépasser (eh oh, l’espérance de vie a très longtemps été de 50 ans et mon dieu c’est fou le nombre d’humains qui ont vécu au moins jusqu’à 70 ans pendant 4000 ans...)

2)      que vivre longtemps c’est vivre bien.

 

Et je poursuis sur cet exemple pour te montrer à quel point tu ne parviens pas à penser autrement que dans un système occidental. Avant d’étayer, je te précise tout de suite qu’ « occidental » n’est pas pour moi une insulte. Je revendique mon « occidentalité », je trouve les autres cultures tout aussi barbares que la nôtre... Nous avons juste été plus efficaces pour dévoiler notre barbarie.

Pourquoi donc prétends-je que tu es incapable de penser autrement qu’à la sauce occidentale ?

·        Car tu considères qu’il faut vivre longtemps. La vie c’est précieux n’est-ce pas. Tu raisonnes comme pour le PIB, en termes de quantité, non en qualité.

·        Car tu considères que passé un certain âge, il est digne de passer à la retraite et de s’épargner pour la fin de vie. Reconnais que c’est là quelque chose de bien arbitraire.

·        Car tu considères qu’il faut « rentabiliser » sa vie au sens où nous n’avons qu’une et qu’il est intolérable de supporter des injustices de naissance.

 

Je te rassure, je pense comme toi. La différence, c’est que je considère toutes ces choses comme arbitraires, structurées par une vaste construction sociale héritée de notre vieux métissage historique (le fameux triangle grec-judéo-chrétien).

  Si je pense comme toi que la vie est sacrée, qu’il faut vivre longtemps et que nous avons bien droit de nous reposer passé un certain âge, c’est que je ne peux penser autrement dans la mesure où tout mon environnement me dit cela. Au point que je crois que tout cela est naturel... Que c’est dans la nature humaine.

  Et heureusement pour moi, j’ai réalisé progressivement que ce qui me semblait le plus naturel du monde n’était pas une question de nature humaine et universelle.

Exemple de base : Le soleil tourne autour de la Terre ; on voit cela tous les jours. Galilée nous remet en place, une vulgaire place dont on s’apercevra qu’elle était d’autant plus vulgaire que notre étoile est un astre parmi tant d’autres. Bon, tout ca tu connais.

Puis Darwin. Ca nous remet en place ca aussi le coup du singe. Et dire que l’occidental de cette époque considérait comme naturelle sa distinction par rapport aux autres animaux. Ce qui lui donnait d’ailleurs tous les droits.

Puis Lebachowski. Peu connu et pourtant il y a de quoi être sacrément perturbé. Casser l’évidence même, le postulat géométrique. C’est pourtant dans la nature humaine de voir qu’il n’y a qu’une seule droite qui puisse passer par un point donner en étant parallèle à une droite.

Puis Levi-Strauss. Dans Tristes Tropiques, il est question d’une tribu qui reçoit comme punition, pour être arrivée en dernier dans la région, l’infâme devoir de gouverner les autres tribus.

Et Mircea Eliade qui identifie bien cette bizarrerie à considérer le temps comme linéaire quand tant d’autres peuples le sentent « évidemment » cyclique.

J’ai même cru que c’était dans la nature humaine que de se représenter le futur devant et le passé derrière. Là encore on trouve le contraire.

Un ami m’a dit qu’une étude avait montré qu’il n’y avait qu’un seul invariant dans l’être humain (ca y est on va enfin savoir ce qu’est la nature humaine !) : l’odeur d’œuf pourri est désagréable.

Voilà tout ce qui reste d’universel... Bref pas grand-chose, n’est-ce pas.

  Et quand on regarde du côté de l’histoire, il y a bien un moment où il faut être pragmatique : à chaque fois que nous avons une certitude inébranlable (il fallait évidemment civiliser, il fallait évidemment des missionnaires, il fallait évidemment développer) celle-ci s’écrase lamentablement. On enseignait Dieu car il n’y avait pas plus vrai comme vérité et que c’est un sacré cadeau le message du Christ pour tous les peuples. Aujourd’hui, on a remplacé Dieu par quelque chose d’encore plus vrai : la logique économique, la logique scientifique, la logique démocratique etc.

Dans 50 ans, je parie que l’on ironisera une fois de plus sur notre engouement, toujours de bonne foi, pour des concepts totalement arriérés. Je fais le pari de l’Histoire. Tu fais le pari de la théorie (on peut faire une bonne démocratie, on peut répartir équitablement les richesses, on peut faire une science qui ne s’occuperait que des bonnes applications etc.) J’aimerais aussi que la théorie fonctionne.

  Tu aurais tort de croire que je joue la carte du cynique ou du cassandre. Encore une fois, je suis pour la démocratie, contre les inégalités et tout le fourbi qui va avec. Je suis pour. Mais je me refuse à croire que ce qui me semble évidemment bon pour moi soit justement ce qui est bon pour tous.

 

Et toi tu cries au scandale du « relativisme des valeurs ». On ne peut pas laisser des dictatures s’installer, on ne peut pas laisser perdurer une tradition aussi funeste que l’excision etc.

Moi aussi ca me scandalise. Mais je me garde bien de débarquer en nouveau missionnaire allant enseigner ce qui nous paraît évident. Cette fois, je ne commettrai pas la même erreur. L’erreur de s’en remettre aux évidences...

 

Paradoxalement, je crois défendre l’homme bien plus que toi. L’histoire et l’anthropologie m’ont appris que ce qui faisait la beauté de l’homme, c’est qu’il échappait à toute définition (cf Diogène montrant brandissant un poulet déplumé...) et qu’à chaque fois que l’on a tenté d’en tirer une essence, elle s’est aussitôt volatilisée avec espièglerie. Ainsi, je trouve que derrière tes valeurs humanistes se cachent une volonté d’enfermement. Tu veux restreindre l’homme... mais je ne nie pas que tu souhaites le défendre.

 

C’est un peu comme lorsque tu déclares ne pas être contre la religion. A condition qu’elle ne fasse pas de prosélytisme, qu’elle soit exclue du champ politique etc. Bref une religion qui ne relie plus rien du tout...

La religion devient à tes yeux quelque chose de l’ordre de la collection de timbre.

 

Et il y a ce dernier point qui nous sépare : tu croies en l’Etat. Tu es réformiste et cherche à améliorer l’Etat (il en a bien besoin). Je suis plutôt révolutionnaire et souhaite sa disparition. Il paraît que c’est ce qu’on appelle l’anarchisme. Noam Chomsky disait que malgré son penchant pour l’anarchisme, il souhait momentanément un Etat plus fort de peur que ce soit le Marché qui s’occupe de l’homme. Bref, il distinguait l’objectif à moyen terme et à long terme.

Alors je ne sais si je suis libertaire, mais je suis crois effectivement que l’Etat n’est qu’un succédané pour une meilleure organisation de la vie. Mon objectif est bien de conserver ma volonté de puissance. Je ne souhaite pas la mettre aux mains du « plus froid des monstres froids » mais bien l’assumer et apprendre patiemment à la diriger vers moi. Et apprendre à canaliser sa volonté de puissance non pas vers l’autre mais vers soi, c’est (ré)-apprendre à connaître ses limites, ses besoins. C’est apprendre à questionner les évidence, c’est exercer la critique en faisant des allers-retours entre écologie (sacrées limites), social (l’enfer c’est les autres) et poésie (au sens étymologique).

 

Et c’est cela que j’appelle la décroissance.

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