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Qui je suis ?

Enseignant de sciences économiques et sociales

 

Marié, père de 2 enfants

 

Conseiler municipal d'opposition de 2001 à 2008

Militant socialiste

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Ouvrage décroissance

La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.

 Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.

 «Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ». 

 Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.

   ISBN: 2-296-01224-8

 Achat en ligne

http://www.amazon.fr/gp/product/2296012248/ref=sr_11_1/171-1636061-8438610?ie=UTF8

http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=21965

14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 23:44

Philippe Corcuff dans une tribune dont il a le secret se met à défendre le film Avatar comme une incarnation anti-Cohnbendiste. Un film partisan d' une écologie anticapitaliste.
J’ai aussi a priori apprécié ce film  où les méchants qui pillent d’autres planètes, (ça nous rappelle quelque chose), qui refusent de faire soigner leurs malades n’en ayant pas les moyens, qui utilisent le mensonge pour battre leurs adversaires (des vrais méchants),  finissent par perdre face à des résistants déterminés. J’ai aussi sur le coup bien aimé ce « Danse avec les loups » post moderne et futuriste.  Tout en bleu, couleur fusionnelle par excellence  comme le montre Michel Pastoureau dans "Bleu". Et qui ne succomberait pas, les gentils gagnent à la fin (ce qui est rare dans la réalité et fait donc plaisir à fantasmer au cinéma). Et puis cela fait toujours plaisir de voir un guerrier des forces du mal basculer du coté lumineux de la force. Ah la lutte du Bien contre le mal.

Mais… je me permets de soulever quelques éléments surtout quand à froid j’y réfléchis (ce qu'on oublie de faire dans une salle de 300 personne avec des lunettes bizarres au milieu de gens qui mangent des seaux de pop corn) ou quand je lis les leçons que Ph Corcuff  essayent d’en tirer u (voir sa tribune dans Rue 89 ici  http://www.rue89.com/2010/01/03/avatar-contre-cohn-bendit-lecologie-doit-etre-anticapitaliste-132082?page=4 link). Pour Corcuff la leçon d'Avatar c'est la défense d' une écologie anticapitaliste non consensualiste. Ce film incarne la nécessité de « révolutions existentielles » :devenir Na’Vis pour sauver notre monde… A tête reposée mon interprétation serait autre et  porte sur la nature régressive  de ce film. S'il faut tirer des leçons ou théories, je me dis que l'écologie défendue dans ce film me parait plus qu’ambiguë. Et ce néo "Grand Bleu" écolo discutable. 

Corcuff souleve lui-même le problème « Certes les Na'vis ont comme un parfum New Age, traînant une vision stéréotypée de la communion de « primitifs » et de la nature. » mais n’en est pas plus gêné que cela pour en extraire la substantifique moelle : l'anticohnbendisme et la lutte radicale (Conception du conflit et du rapport à la force non angélique que l'on peut mettre au crédit du réalisateur). Mais que nous raconte ce film ? Que des individus en fusion avec la nature, (c'est peu dire on dirait des ampoules sur un lampadaire) ayant un lien énergétique et sacré avec la terre (avec des êtres qui n’ont aucune individualité et qui telles des machines dansent en vibration avec le cosmos.. ) peuvent résister à l’ordre « occidental » et capitaliste.  Cette fusion avec la nature téléologique permet de faire triompher la justice. Les guerriers en faisant partager leurs motivations à la Terre mère et à l’arbre sacré juste avant le grand combat réussisent à la convaincre d'intervenir. Rien de moins.

Corcuff ne fait il pas sien  le glissement latouchien liant le pillage des ressources à l'occidentalisme, avec ce néo bon sauvage ??  Et Ph Corcuff n'est pas plus embêté que cela par une vision spirituelle archaïque (caricaturale) pseudo animiste, panthéiste ou paienne de la nature qui après avoir entendue la plainte des hommes se venge contre l’envahisseur. "Mais le savoir-faire particulier des auteurs les plus originaux des films et des séries télévisées hollywoodiens consiste justement à prendre appui sur certains stéréotypes pour en interroger d'autres. Nous sommes pris par la main dans la familiarité d'autoroutes standardisées, mais ça et là s'ouvrent des sentiers critiques, dans un cocktail détonnant de douces évidences et de piments plus corsés" : nous dit Corcuff.... Cette trame narrative et cette logique du fim lui paraissent secondaires et détournées.... Pourtant c’est bien une nature intentionnelle et finalisée qui inaugure ce film en élisant un futur sauveur et qui clot le film en sauvant nos Na’vis par l'envoi de ses animaux pour détruire l’invasion technique. On dirait du mauvais Rabhi ou Goldsmith …  Tolkien avait déjà utilisé la ficelle : l'initiation et l'éléction d'un jeune homme qui permet de faire apparaître un sauveur qui grace à son courage, son sacrifice et sa conversion s'attire les forces du bien présentes dans la nature et sauve le monde. (Esperons que Corcuff ne pense pas à Olivier Besancenot lol)


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Je ne vois pas trop où sont les "sentiers critiques".  Car tout laisse à penser que de toute façon à la fin, la nature a le dernier mot et rétablit l’équilibre…  Cette dimension « New age » Corcuff la rejette par principe  (Ouf) et en même temps s'en raproche dangereusement conceptuellement en renvoyant aux nécessaires « conversions existentielles » devant enraciner les luttes écologiques futures.  Arnsperger auquel Corcuff emprunte cette notion,  défends par ce terme clairement  une "conversion" éthique spirituelle de l’authenticité dans son avant dernier ouvrage. Je ne conteste pas la nécessaire part de changement individuel  à articuler avec le changement collectif mais ne voit pas la nécessité de ce recours recurrent à une "puisance extérieure" pour la fonder ( Oui je préfère le matérialisme de Michel Onfray au recours au spirituel de Christian Arnsperger). La transcendance pour enraciner un projet de lutte et de résistance…voilà une bien drôle de position que l'on n'attendait pas chez Ph Corcuff que 'on pensait plus proche de la philosophie tragique d'un Clémént rosset ou les "lumières radicales" des siècles passés.  L'antiCohnbendisme et la défense d'une écologie radicale semblent le pousser parfois  un peu loin.. à moins que ce soit le plaisir de la plume et de l'interprétation.

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  Le Vatican se fait bizarrement meilleur philosophe (cette fois ci) que Ph Corcuff en voyant très clairement la nature "paienne" ou panthéiste de ce film... (pas dur) Et  on s'en étonnera  pas (c'est son job) qu'il la dénonce comme menaçante. Avec une argumentation  connue. Dans ce film " La nature n'est plus une création à défendre mais une divinité à adorer" affirme le Vatican . Le film présente une nature divine autonome..unre mère nature toute puissante ce qui ne peut pas aller avec Dieu le père créateur...La nature est devenue autonome et capable d'intentions, on est pour le Vatican dans l'hérésie.

Bizarre, Corcuff est d'habitude un commentateur et théoricien bien plus avisé dont je ne me lasse pas de recommander la lecture, notamment ses livres "Des nouvelles sociologies" ou "De la société de verre".


Bon mince, j'en finis par critiquer ce film qui m'avait malgré tout  fait passer un bon moment penadnt les fêtes (mais pas au point de l'applaudir à la fin du film comme la majeur partie de l'assemblée..l'honneur est sauf). Bon Corcuff il pourrait pas laisser tranquilles les niaiseries hollywoodiennes plutot que de chercher à en faire des tribunes...ça nous gacherait pas les vacances en nous poussant à constater leur sens régressif.

 


Avatar ne plaît pas au Vatican

AP Le Figaro
12/01/2010 

"Avatar" fait exploser le box-office dans le monde mais ne plaît pas au Vatican. Le Saint-siège estime par la voix de son journal et de sa radio que le film de James Cameron, qui sortira vendredi en Italie, est simpliste et flirte avec un culte païen de la nature.

"Avatar" raconte le combat de quelques humains aux côtés des habitants de la planète Pandora, qui vivent une relation fusionnelle avec la nature, contre les appétits destructeurs d'une multinationale terrienne. Le film sorti le 19 décembre a rapporté plus de 1,34 milliard de dollars (911 millions d'euros), de recettes dans le monde. Il est diffusé en relief dans de nombreuses salles.

"La planète Pandora flirte intelligemment avec toutes ces pseudo-doctrines qui tourne l'écologie en religion du millénaire. La nature n'est plus une création à défendre mais une divinité à adorer", assène Radio Vatican. "Nous doutons (que ce film) soit l'héritier de ces chefs-d'oeuvre de la science-fiction qui, pour d'autres raisons que les effets spéciaux, ont marqué l'histoire du cinéma", ajoute-t-elle.

"Tant de technologie stupéfiante, enchanteresse, mais si peu d'émotions véritables", résume "L'Osservatore Romano", qui a tout de même consacré trois articles à "Avatar" dans son édition de dimanche et lui reconnaît un "extraordinaire impact visuel". Le journal du Vatican se fend de temps à autres de critiques cinématographiques ou musicales, comme il l'a déjà fait pour le film "Les Simpson" ou le groupe U2. Plusieurs responsables de l'Eglise catholique avaient férocement critiqué le livre de Dan Brown "Da Vinci Code", dont l'intrigue évoquait de noirs secrets au Vatican.

« Avatar » contre Cohn-Bendit : l'écologie doit être anticapitaliste

Par Philippe Corcuff | Politiste et membre du NPA | 03/01/2010 | 13H05


Après l'échec du Copenhague institutionnel et la vivacité du Copenhague mouvementiste, on peut être tenté de se tourner vers la vitrine du marketing électoral d'Europe Ecologie. La bonne nouvelle ne viendrait-elle pas plutôt, et paradoxalement, d'un vieux routier de l'industrie hollywoodienne, James Cameron, avec son « Avatar » ?

En 1998, dans « Une envie de politique » (La Découverte), passé alors du statut d'icône soixante-huitarde à celui d'inspirateur d'un capitalisme vert, Daniel Cohn-Bendit écrivait ceci :

« Ce que la gauche doit donc faire valoir aujourd'hui, c'est que cette évolution a des aspects destructeurs, car la production menace de détruire la planète. Faire cette démonstration n'est pas facile, mais on peut le faire au nom même de l'économie de marché, car je suis pour le capitalisme et l'économie de marché. »

Pas le plus écolo, Marx pointait déjà la contradiction capital/nature

En se faisant le chantre d'un capitalisme chlorophyllisé et d'une écologie politique chloroformée, l'agité du bocage politicien a rejoint les rangs d'une défense consensuellement aseptisée de la nature : les Al Gore, Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot et autres Jean-Louis Borloo.

Marx, quelque peu fasciné par le productivisme industriel de son époque, n'était pas exempt d'ambiguïtés quant au rapport capitalisme/nature. Toutefois, il avait également commencé à percevoir une des contradictions principales travaillant le capitalisme en interaction avec la contradiction capital/travail : la contradiction capital/nature.

Ainsi, pour lui, la production capitaliste épuisait « les deux sources d'où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (« Le Capital », livre I, 1867).

Pour Gorz, impossible d'éviter la catastrophe sans rupture radicale

André Gorz prolongea cette analyse en notre début de XXIe siècle : « La question de la sortie du capitalisme n'a jamais été plus actuelle », écrit-il dans « Ecologica » (éd. Galilée, 1998). Et d'ajouter par avance contre une possible cohn-benditsation de la radicalité écologiste :

« Il est impossible d'éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. »

C'est dans une telle perspective que s'est récemment situé le journaliste Hervé Kempf : « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (éd. du Seuil, 1999).

« Avatar » : Hollywood dans la galaxie anticapitaliste ?

Les dénonciations gauchistes du capitalisme hollywoodien sont si courantes que les esprits anticapitalistes pourraient avoir du mal à reconnaître des potentialités critiques dans une de ses productions. Et pourtant…

A des années-lumière de la Terre, la planète Pandora est sous colonisation américano-occidentale. Un minerai rare suscite la convoitise d'une multinationale (« The Company », comme dans la série des « Aliens »), appuyée par des troupes militaires.

L'argument de la rentabilité financière (la rétribution des actionnaires est directement évoquée dans le film) pousse à la double destruction de la nature et du peuple Na'vi. Ecocide et génocide constituent ici un double horizon de la logique du profit.

Cameron met en quelque sorte en images et en son une forme extrême de la contradiction capital/nature. La trame narrative de la science-fiction, reconfigurée avec de nouveaux effets spéciaux numériques, projetée en 3D, donne une vérité éthique et politique proprement cinématographique à une composition fictionnelle.

Une critique sociale, sur un plan sensible et intelligible

Ce dispositif cinématographique nous permet d'explorer au plus près de nos sensations un autre monde, celui de Pandora et des Na'vis, en jouant tour à tour sur la frayeur, la surprise ou la joie de la découverte. La critique sociale s'exprime sur un double plan sensible et intelligible.

Cet univers étrange en 3D, qui nous fait d'abord peur, puis nous émerveille, constitue moins un des « autres mondes possibles » des altermondialistes que l'envers de notre propre monde, un lieu imaginaire qui permet de mieux repérer les failles de notre réalité quotidienne à la manière de l'île d'Utopia chez Thomas More.

Certes les Na'vis ont comme un parfum New Age, traînant une vision stéréotypée de la communion de « primitifs » et de la nature. Mais le savoir-faire particulier des auteurs les plus originaux des films et des séries télévisées hollywoodiens consiste justement à prendre appui sur certains stéréotypes pour en interroger d'autres.

Nous sommes pris par la main dans la familiarité d'autoroutes standardisées, mais ça et là s'ouvrent des sentiers critiques, dans un cocktail détonnant de douces évidences et de piments plus corsés.

Sully vit une conversion existentielle, comme ces militants anticapitalistes…

L'anticapitalisme d'« Avatar » est indissociablement collectif et individuel. Se désintoxiquer de l'imaginaire capitaliste passe aussi par une transformation de soi. Jake Sully (Sam Worthington, déjà remarqué dans « Terminator 4 »), ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant devenant « pilote » mental d'un avatar (corps hybride d'ADN humain et de Na'vi), va connaître une véritable conversion : d'inflitré chez les Na'vi à protecteur de leur mode de vie, de soldat impérialiste à eco-warrior.

Sully a quelque parenté avec la figure des « militants existentiels » anticapitalistes, caractérisée « par un travail spirituel et politique de chacun de nous sur lui-même, soutenu par des communautés de vie », promue récemment par le philosophe de l'économie Christian Arnsperger dans son stimulant ouvrage « Ethique de l'existence post-capitaliste » (éd. du Cerf, 2009).

Cette révolution culturelle personnelle prend les chemins de la fragilité dans « Avatar » : un handicapé à l'âme guerrière, fasciné au départ par les capacités supposées illimitées de son avatar, finira par assumer ses faiblesses d'être humain mortel.

Une écologie radicale, loin des niaiseries de Borloo ou Cohn-Bendit

Cepedant, Cameron ne suivrait pas Arnsperger dans son choix de la conversion existentielle contre la voie révolutionnaire classique des rapports de forces.

Dans une conjoncture de menace extrême, « Avatar » justifie le recours au combat et à la force. Dans certaines circonstances, l'anticapitaliste vert conséquent doit aussi savoir prendre les armes (au sens métaphorique, n'impliquant pas nécessairement le maniement de la kalachnikov).

Cette écologie radicale n'a pas grand-chose à voir avec les niaiseries consensualistes de l'arc Borloo/Cohn-Bendit. Elle appelle des clivages, des conflits, des affrontements. La transformation personnelle et l'action collective contre les forces dominantes apparaissent associées et non pas opposées.

 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 20:45
Après l'éloge de la crise link , après l'éloge de l'ultraconservateur Teddy Goldsmith link, Hervé Kempf ,  le journaliste du Monde, abat un peu plus ses cartes et défend l'émergence dans le débat "Ou, s'il est possible d'employer un mot provocant : un développement spirituel.". Les lecteurs attentifs avaient déjà noté un tel propos le 21 février 2002 dans une tribune "Sauver le monde par la décroissance soutenable !" , il y affirmait déjà "La decroissance matérielle sera une croissance relationnelle sociale et spirituelle ou ne sera pas ". Mettant ainsi ses pas dans ceux de Hervé René Martin, Pierre Rabhi, Grinevald, François de Ravignan, David Thoreau, Edward Goldsmith, Serge Latouche et les innombrabres théoriciens de la décroissance. Mais quand les  écologistes se mobiliseront  ils contre ces thèses  ?

Le sens de Copenhague

LE MONDE | 05.12.09 | 13h09

 

"Quel est maintenant l'enjeu pour la civilisation devenue planétaire ? De laisser se creuser cette contradiction, au risque du chaos. Ou de faire décroître et transformer les forces productives - devenues, en réalité, destructrices - pour rétablir un équilibre pérenne entre l'activité humaine et la biosphère. D'exprimer, en fait, un nouveau développement : qui ne serait plus matériel, mais mental, cognitif, relationnel. Ou, s'il est possible d'employer un mot provocant : un développement spirituel."

 

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 20:53

On a pu lire une tribune de l'inenarrable Serge Latouche. Après son éloge de la voie sacrée du tao...pour retrouver le sens de la vie et de la décroissance, le voici dans une défense à demi-mots d'un revenu à 600 euros... ou en tout cas dans une délégitimation de revendications pour l'augmentation du pouvoir d'achat. Avec son style toujours à la limite (comment dire les choses inaudibles en les insinuant), il nous fait comprendre plus qu'il ne nous dit qu'on peut très bien vivre avec 600 euros. Admirez la litote et l'usage préventif des négations : "Certes, si les partisans de la décroissance se contentaient de soutenir qu’on peut être heureux avec 600 euros par mois, on les traiterait immédiatement d’alliés objectifs du capitalisme rapace, avec quelque apparence de raison. Traductions ils soutiennent cette revendication mais avec d'autres qui du coup la rendent acceptable, ils ne se content donc pas de cela. Si « l’ivresse joyeuse de la sobriété volontaire » dont parlait Ivan Illich n’est pas inabordable avec 600 euros par mois, la décroissance n’a jamais prêché la passivité et la résignation." Magnifique le "n'est pas inabordable à 600 euros". Mais ce ne sont pas les 600 euros qui comptent mais la réappropriation de sa vie.... Et la fin du texte qui nous appelle à rejeter le consumérisme et donc le modèle social démocrate, fordiste (celui qui veut qu'on revendique de gagner plus de 600 ) auquel il est assimilé juste au dessus... Décidement la decroissance a des relents antisociaux fréquents. Inutile de préciser que le site décroissance.org s'est empressé de relayer le texte. ( C'est surement Ariès qui a du voulu fêter son rapprochement du front de gauche.)

Ps On serait curieux de savoir avec combien Serge Latouche vit, car la retraite de professeur émérite d'université et les droits d'auteurs ça fait plus que 600 euros. Décidement ces gens ne sont pas sérieux.

Ps  Politis ne cesse de surprendre.

Vivre avec 600 euros par mois

jeudi 3 septembre 2009, par Serge Latouche


Il y a quelques mois, les étudiants grecs sont descendus dans la rue. Leur slogan, « Génération 600 euros », dénonçait avant tout le sacrifice de leur avenir, plus ou moins en perspective pour tous les jeunes Européens. Au regard des honteuses rémunérations des responsables politiques et économiques, comme des primes, stock-options, parachutes dorés et autres majorations non moins scandaleuses qu’ils s’octroient, l’écœurement des jeunes manifestants et leur révolte peuvent se justifier. Cependant, 600 euros, c’est à peu près trente fois le seuil de pauvreté absolue, situé par la Banque mondiale à 1 dollar par jour – qui concerne environ un milliard et demi de nos contemporains –, et 15 fois celui de la pauvreté relative (2 dollars par jour) pour 2 milliards et demi d’humains supplémentaires. Les deux tiers de l’humanité vivent donc avec moins de 600 euros par an !

Certes, les objecteurs de croissance sont très avertis de la relativité de telles statistiques. Ainsi, ils admettent qu’avec 2 dollars par jour, on peut être à l’aise à Grand Yoff, banlieue de Dakar, tandis qu’avec 30 euros, on tire le diable par la queue à San Francisco. Mais ils savent aussi que, même en casquant plus de la moitié de 600 euros pour le loyer d’une turne sordide, nos enfants font encore partie du tiers privilégié de l’humanité que tentent désespérément de rejoindre tous les clandestins de la terre. La gauche social-démocrate, communiste, trotskiste et autre s’est engouffrée dans la trappe du compromis keynéso-fordiste, misant sur la croissance plus que sur le partage, sur le consumérisme plus que sur le communisme, sur la quantité de biens plus que sur la qualité des liens. « Ce n’est qu’au terme de cet immense travail de falsification médiatique et mémorielle, note Jean-Claude Michéa, que le projet d’une croissance illimitée dans un monde sans frontières a pu enfin devenir ce qu’il est à présent : l’ultime centre de gravité philosophique de tous les discours de la gauche et de l’extrême gauche post-mitterrandienne  [1] . » Cornélius Castoriadis avait déjà dénoncé cette dérive flagrante du mouvement révolutionnaire qui supposait « qu’il n’y avait qu’à réaliser la maîtrise sur la nature pour rendre l’autonomie à l’homme […]. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un contrôle de ce désir de maîtrise, d’une auto-limitation. […] Nous avons besoin d’éliminer cette folie de l’expansion sans limite, nous avons besoin d’un idéal de vie frugale, d’une gestion de bon père de famille des ressources de la planète   [2] ».

Et pourtant, nombre de Verts se sont fait piéger par le miroir aux alouettes du développement durable et de ses avatars, croissance verte, capitalisme écocompatible, new deal écologique. Finalement, ils se sont privés des moyens de dénoncer la relance et la politique du pouvoir d’achat. Quant au programme d’une « décroissance sélective, équitable et solidaire », Dominique Voynet elle-même, tout en y adhérant, le trouvait inaudible, et l’un de ses porte-flingues déclarait : « Je ne me vois pas aller dire aux mecs de Peugeot mis au chômage : maintenant il va falloir être sobre dans votre vie quotidienne. »

Certes, si les partisans de la décroissance se contentaient de soutenir qu’on peut être heureux avec 600 euros par mois, on les traiterait immédiatement d’alliés objectifs du capitalisme rapace, avec quelque apparence de raison. Si « l’ivresse joyeuse de la sobriété volontaire »

dont parlait Ivan Illich n’est pas inabordable avec 600 euros par mois, la décroissance n’a jamais prêché la passivité et la résignation. Car la joie de vivre hors des chaînes du consumérisme est inconcevable sans amélioration de la qualité de la vie et sans lutte pour la justice. Résister à la pollution mentale et à la colonisation de l’imaginaire, c’est combattre les forces responsables de notre toxicodépendance. Dès aujourd’hui, le bonheur est concevable sur la voie d’une émancipation de l’asservissement consumériste, mais il ne peut se construire que dans la lutte pour un monde plus partagé demain.

Notes

[1] La Double Pensée. Retour sur la question libérale, Jean-Claude Michéa, Flammarion « Champs essais », 2008, p. 138.

[2] « Débat avec Legros », in Cornelius Castoriadis. Réinventer l’autonomie, Blaise Bachofen, Sion Elbaz, Nicolas Poirier éd., Éditions du Sandre, 2008. p. 282.

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 22:02

Il a juste fallu 6 jours pour que les médias dominants nous apprennent la mort du principal partisan de l'écologie profonde : Teddy Goldsmith.

 Un homme "lucide sur les rapports de pouvoir" (??) "conservateur si ce mot a vait encore un sens" (qu'est qu'il lui faut à Kempf ??) porteur d'"Un courant que l'écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s'assécher et de se stériliser." selon le journal... le Monde.

 Or oui le mot conservateur a encore un sens, car que penser de quelqu'un qui affirme les choses suivantes dans son best seller le Tao de l’écologie : « l’écologie est une foi » (chp 16 p 97) et elle doit refléter les valeurs de la biosphère. Car le « psychisme de l’homme est mal adapté au paradigme scientifique et économique » . Pour cet auteur, dont la revue joue un rôle central dans la promotion du concept de décroissance, « l’homme qui est par nature un chasseur cueilleur »(p 248) est détourné de son ordre naturel par le développement économique, coupable d’augmenter la « désadaptation psychique » et cognitive des êtres humains. Détourné de l'écologie "innée " (p 53) de l'homme. Ils sont ainsi détournés de l’ordre naturel, par essence hiérarchisé et stable. « L’ordre comme l’avait bien compris l’homme traditionnel, est une caractéristique essentielle de la hiérarchie gaïenne ». (p 202) Edward Goldsmith entend alors développer une écologie non darwinienne. Le darwinisme est rejeté car il conçoit l’environnement naturel dans lequel vivent les espèces de manière non finalisée, trop « anonyme ». Il désacralise le cosmos et la vision téléologique du monde que suppose la cosmogonie décroissante. Darwin, qui ose « voir du hasard dans la constitution de l’ordre »,(p 432) n’est pas assez religieux. Il enracine sa défense de la nature en dehors de la science et lutte contre les environnementalistes qui « cherchèrent à discréditer le concept d’équilibre de la nature ». (p 208) L’écologie ne peut être que « subjective », « chargée d’émotion », c’" est une foi."( p 97) La nature est un tout ordonné avec une morale intrinsèque.

Edward Goldsmith considère aussi que : « Les systèmes et processus vivants, à tous les échelons de la hiérarchie gaïenne ont nécessairement une structure spécifique - celle qui est compatible avec l'accomplissement de leurs fonctions homéotéliques. […] Les caractères essentiels de la communauté humaine sont eux aussi spécifiques. Elle doit se composer de familles étendues et de groupements sociaux intermédiaires qui relient tous les individus entre eux en formant des unités de comportement social cohérentes qui, en fonction de la société à laquelle elles appartiennent, se différencieront par toutes sortes de caractères relativement superficiels, de manière à satisfaire aux exigences de leur milieu spécifique. » Les familles étendues sont donc présentées comme plus naturelles et adaptées à la nature que les familles nucléaires... etc...On lira particulièrement le n°12 publié en 2004 de la revue L'Ecologiste "L'écologie une vision du monde" qui résume et assume tout cela clairement.


Refuser le développement et décroître est le seul moyen de limiter les processus « anti-évolutifs » que sont le progrès et le développement économique. La décroissance est le moyen de se replonger dans le flux vital de la Terre Mère et l’ordre cosmique. C'est cela que Hervé Kempf appelle un courant que l'écologie ne saurait oublier sous peine de se stériliser (propos assez drôle quand on connait les position s ultra malthusiennes de goldsmith...)...? ? On se pince...

 Toutes les citations entre guillements sont tirés du "best seller" d' Edward Goldsmith, Le Tao de l’écologie, Editions du Rocher, 2002, 499 p.


ps 1 On lira aussi le très bon ouvrage de Jean Jacob "L'antimondialisation , les aspects méconnus d'une nébuleuse" (Berg, 2006) pour comprendre la généalogie et la place de ce courant "traditionnaliste" et d'écologie profonde dans les luttes contre la mondialisation. ou on jugera sur pièce en lisant les nombreux textes du site de teddy Goldsmith http://www.teddygoldsmith.org/key13.html link

 

 Ps Kempf qui sait très bien de quoi il parle, sait son propos sulfureux, même s'il le tient à demi mots. Malin il désamorce préalablement toute critique..."Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influence que par ses ouvrages à vocation théorique." Goldsmith serait donc super connu pour ce qu'il a dit et fait mais pas écrit... Et tous les abonnés de L'écologiste qui reçoivent en cadeau Le Tao de l'écologie, le mettent au compost mais ne le lisent  pas ? C'est comme la revue L'Ecologiste ils la jettent au feu sans la lire.... Décidemment nous vivons une d'époque de décroissance du sérieux et de la raison... si même Le Monde en est là....


Teddy Goldsmith

LE MONDE | 27.08.09 | 17h16  •  Mis à jour le 27.08.09 | 17h16


Le mouvement écologique vient de perdre un de ses parrains - dans le meilleur sens du terme - avec la disparition d'Edward, dit "Teddy", Goldsmith, survenue le 21 août, dans sa maison située près de Castellina in Chianti, en Toscane. Sans doute moins connu qu'Ivan Illich ou André Gorz, il n'en a pas moins imprimé une forte empreinte sur l'écologie politique. Son influence intellectuelle a été portée par la parole et par un journal, The Ecologist, autant que par ses ouvrages. Il assumait aussi un engagement militant original, soutenu par le hasard de la fortune, qui l'avait richement doté. Avec le Desk, suivez l'information qui vous intéresse en temps réel Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Sur le même sujet Teddy Goldsmith est né le 8 novembre 1928 à Paris de Frank Goldsmith et de Marcelle Mouiller. Frank avait quitté l'Angleterre en 1918, suite à la vague antiallemande qui sévissait alors dans ce pays. Il bâtit en France une affaire très prospère, la Société des hôtels réunis, donnant à ses deux enfants - le cadet de Teddy, Jimmy, est né en 1933 - une enfance dorée, la double nationalité (française et anglaise), et une fortune que Jimmy saurait multiplier et Teddy ne pas dilapider. Edward a connu une enfance heureuse, entre les palaces cinq étoiles, quelques semestres aux Bermudes, pendant la deuxième guerre mondiale, où il développa une passion très bien informée sur les coquillages, avant d'entreprendre des études à Oxford, au Magdalen College, qu'il ne poussa pas au-delà de la troisième année. Il passa ensuite, entre 1953 et 1955, deux ans de service militaire dans les services de renseignement en Allemagne, avant de "s'essayer" aux affaires, dans une entreprise de distribution de composants électroniques. Sans grand succès, comme il l'indiquait lui-même : dans une courte notice autobiographique, il précise qu'il "consacrait l'essentiel de son temps libre à l'étude des sujets qui continuent à (le) préoccuper". Grand lecteur, il put abandonner l'idée de gagner sa vie à la mort de son père, en 1967, pour se consacrer à des sujets plus proches de sa compétence. Les deux frères, Teddy et Jimmy, auraient passé un accord oral selon lequel Jimmy aurait la disposition de l'héritage pour le gérer au mieux, tout en versant une rente à Teddy pour le reste de sa vie. L'accord, fidèlement respecté par un cadet qui deviendrait milliardaire, tout en restant très admiratif de l'envergure intellectuelle de son aîné, a permis à celui-ci de mener une vie dégagée des soucis matériels. Mais certainement pas oisive. Dès 1968, Teddy, qui avait fait plusieurs voyages d'étude dans des contrées alors encore reculées, notamment au Botswana, participait à la fondation de ce qui allait devenir Survival International, l'organisation de défense des peuples premiers. En 1969, il lançait au Royaume-Uni The Ecologist, une revue austère, mais qui allait s'imposer comme une référence dans la réflexion sur l'actualité environnementale. En 1973, il publiait Blueprint for Survival (Changer ou disparaître, Fayard), qui est devenu un best-seller : il y expliquait, parmi les premiers, comment la poursuite de la croissance et du productivisme conduisait à une dégradation insupportable de la planète Terre.

CONCEPT DE DÉCROISSANCE
Le succès de ce livre allait lui permettre d'asseoir plus confortablement The Ecologist et de répandre ses idées avec plus d'efficacité. Il fut ainsi un des premiers à faire connaître Nicholas Georgescu-Roegen, l'économiste qui élabora le concept de décroissance. Il soutint le développement de la théorie Gaïa de James Lovelock et Lynn Margulis : selon cette théorie, le fait que la Terre manifeste une capacité extraordinaire à maintenir son équilibre (homéostasie) permettait d'inférer qu'il s'agissait en fait d'un être vivant. L'activité intellectuelle ne l'empêchait pas cependant de militer activement, parfois sur le terrain, notamment contre le développement de l'énergie nucléaire, qui était une de ses bêtes noires. En France, il participa à l'animation du réseau d'intellectuels Ecoropa (avec Denis de Rougemont, Jean-Marie Pelt ou Agnès Bertrand) qui allait devenir un des rouages discrets mais important du mouvement altermondialiste. Car, en 1984, à partir de l'analyse de la destruction des forêts tropicales ou de la construction des barrages, The Ecologist formula une critique virulente de la Banque mondiale. Cela contribuait à constituer une analyse globale des institutions financières internationales, conduisant aux grandes manifestations de Seattle en 1999 contre l'Organisation mondiale du commerce. Membre actif de l'International Forum on Globalisation, Goldsmith se trouvait ainsi au coeur du mouvement d'idées - alliant écologie et souci de la justice sociale - qui a repris l'ascendant idéologique depuis le début des années 2000 sur un néolibéralisme en phase d'épuisement théorique. Son intégration pourrait paraître étrange dans un mouvement dont d'autres forces venaient d'un marxisme réinterprété. Mais elle était pleinement légitime : il représentait une écologie naturaliste mais lucide sur les rapports de pouvoir, revendiquant la sobriété et la critique du modernisme, assumant une philosophie inspirée de l'accord des peuples premiers avec la nature, rêvant de communautés à échelle humaine et autonomes. Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influence que par ses ouvrages à vocation théorique. Il restera comme le grand témoin d'un courant essentiel de la critique écologique, que l'on pourrait qualifier de conservateur si ce mot avait encore un sens. Un courant que l'écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s'assécher et de se stériliser. Teddy Goldsmith était aussi un homme de contradiction, prenant par exemple l'avion plus souvent qu'à son tour. Mais personnage bachique, bon vivant, sachant que bien manger et rire est le meilleur moyen de faire jaillir l'étincelle qui lancera le feu des idées. Un homme de convivialité, sans laquelle l'écologie ne serait que triste morale.

8 novembre 1928 Naissance à Paris. 1969 Lance la revue "The Ecologist". 1973 Publie "Changer ou disparaître". 1984 Elabore la critique de la Banque mondiale. 1999 Participe au mouvement de contestation de l'Organisation mondiale du commerce. 21 août 2009 Mort à son domicile, près de Castellina in Chianti, en Toscane.

Hervé Kempf
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 20:31
Incroyable mais vrai deux mois d'affilée le journal la décroissance se met à faire via la chronique de Denis Baba son aggiornamento (certes sans vraiment le dire). Bon passons sur les petits suscéptibilités personnelles...car oui Denis Baba a fait partie des détracteurs le plus violents de mon bouquin... Passons sur les petits mensonges du numéro de mai de La décroissance (Latouche et rabhi n'auraient jamais été malthusiens...il faut relire Le pari de la décroissance puis les propres colonnes de La décroissance pour voir le contraire..) Passons sur l'éloge de ce film et cette BD soixante huitarde, l'An 01 de Gébé qui frisent le ridicule...on supprime la police, les tribunaux, les prisons, les lois, on abolit l'argent et la famille..... Et goutons notre plaisir..

Ainsi Denis Baba redécouvre pour nous les vertus de la socialisation de la richesse (via les mécanismes de sécurité sociale) via le monétaire. Finie l'économie synonyme du capitalisme, finies les vertus de l'autoproduction et de l'autoconsommation.... fini le monétaire équivalent du capitalisme. Baba se met à découvrir une des plus grandes avancées du "fordisme"... qui a de nombreux vices mais quelques vertus surtout ....anonymiser et sécuriser la solidarité via un mécanisme redistributif collectif.. (la Sécu). On redécouvre les joies et de l'économie sociale...et de la monnaie sociale  qui ne sont plus des oxymores.

On finit même en se pinçant car on lit une critique de l'idée de revenu universel qui ne serait qu'un cheval de Troie du libéralisme....
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 21:22
Le grand  V Cheynet laisse un message ( un peu décousu ) sur mon blog ouah la chance.... Profitons en pour faire un point car notre relation à Vincent et moi a mal commencé  et c'est dommage. Il faut dire que le garçon est un peu soupe au lait...mais on reconnaitra qu'il a mis de l'eau dans son vin. Pour sa défense on reconnaitra que je lui ai un peu chauffé les oreilles..là où il aurait aimé faire oublier quelques déclarations...et contradictions.

Alors levons quelques malentendus...(si on peut appeler ça comme ça)
. Comme je l'ai écrit dans mon bouquin (promis juré) je pense que Ariès et Cheynet sont les decroissants les plus fréquentables et sérieux. (Même si leur pratique du dialogue au basouka ne facilite pas l'affaire). Et même si je ne partage pas certaines de leurs positions...qui ont beaucoup changé. Car effectivement il y a eu beaucoup de reculades ..ou d'avancées....ça dépend du point de vue. Et le prétentieux que je suis va même jusqu'à considérer qu'il y est pour quelques choses avec J M Harribey. Faisons donc la liste (rapide ) des points d'accords et de désaccords.

Les  avancées notables. Ariès et Cheynet ont rompu avec le discours relativiste et messianique de Latouche. Ils ont aussi accentué la politisation de la décroissance et arrété la culpabilisation individuelle (finis les dessins où l'on nous demandait de coller notre photo individuelle sur le banc des accusés de crime contre l'humanité), Ils ont arrété les références récurrentes aux mouvements spirituels (finis les interviews de Tariq Ramadan). Les figures de Gandhi, Lanza Del Vasto, St François etc ont disparu de leurs publications. Une relative distance a été mise avec le gourou Pierre Rabhi. Ils ont ensuite critiqué le malthusianisme de nombreux décroissants (et par exemple critiqué la position délirante de Cochet) et dénoncé beaucoup de mauvais trips autour de la décroissance (survivalistes, extrême droite). Ils ont aussi critiqué les discours sur la crise comme solution rédemptrice. Et dans le dernier numéro de la décroissance on trouvait même un article vantant le caractère potentiellement non capitaliste de la monnaie qui servait pour la sécurité sociale. Le problème c'est qu'ils ne l'ont jamais assumé comme une rupture avec leurs fréquentations précédentes et collaborations de plume ou publications  précédentes. L'effort est notable. Notons d'ailleurs que les autres décroissants "célèbres" n'ont pas fait ces avancées....

Il reste cependant de nombreuses divergences. Lesquelles ?
- La place de l'économie. Dans nombres d'ouvrages l'économie n'est pas vue comme une catégorie subissant des transformations historiques avec des modes de production différents selon les sociétés. (vision historique et anthroplogique estimant que toutes les société ont un système économique, un mode de production, consommation , redistribution et circulation des richesses). Pour beaucoup de décroissants il y aurait des sociétés sans économie..et l'économie serait du capitalisme...Latouche dans l'invention de l'économie a brillament défendu cette thèse  (avec de jolies pages sur les moralistes contre révolutionnaires..dont il est en fait si proche) mais ça ne tient pas la route car il est obligé de détourner le sens du mot économie pour passer à l'économisme...Et cela occulte l'ensemble des autres organisations économiques non occidentales et précapitalistes.
- La confusion récurrente entre croissante et développement... Alors que le développement permet de parler de la modification des structures sociales et culturelles...
- La place des alternatives. Au nom de l'anti économisme ou de la dénonciantion des oxymores se sont toutes les alternatives crédibles qui sont théoriquement abandonnées, (mêm si ce qui a été chassé par la porte finit toujours par revenir en douce par les fenêtre)s commerce équitable, économie sociale, consommaction...etc. Ainsi Ariès dans NO Conso va même jusqu'à accuser le mouvement consumériste et l'économie sociale d'être le cheval de troie du capitalisme....
- La confusion entre le culte de la valeur travail et le travail comme source de valeur. Ainsi s'il faut évidemment que nos vies ne soient pas basées sur la recherche d'argent et notre activité professionnelle (le travail comme idéologie, le fameux metro boulot dodo) ...la création de richesse se fait non pas à partir de la rareté des biens naturels.. mais à partir du travail. ( valeur travail au sens réel du terme). En jettant le bébé avec l'eau du bain..les thèses décroissantes reviennent aux thèses les plus libérales (néoclassiques et pas classiques ) qui occultent l'activité humaine comme source de création des richesses.
-Le degré de division du travail acceptable. Mettant leurs pas dans ceux de Gorz, les decroissants en arrivent à refuser toute forme de spécialisation et de division du travail. Le modèle idéal est alors celui de l'artisan. Pour ma prt je pense que la division du travail vus les gains de prodictivité qu'elle permlet et pour partie à conserver dans la limite d'aménagements (voir l'uddévallisme) et que ce sont ces gains de productivité qui doiven têtre répartis pour financer une réduction massive du temps de travail. (Voir Harribey) Le temps dégagé permettrait de rendre largement supportable le travail répétitif de la division des teches. Je refuse donc de confondre productivité et productivisme. Le productivisme c'est produire pour produire, c'est à dire sans finalité sociale et non pas utiliser des méthodes permettant d'accroitre la productivité. (même si je partage l'idée qu'il existe des formes de contre-productivité)
- La théorie du revenu d'existence ou revenu universel. (apparue récemment dans les thèses décroissantes). Cette théorie qui estime qu'il faut découpler travail et rémunération  (ce qui est envisageable) ne me parait pas crédible..car non finançable. Les quelques tentatives de le mathématiser passent par un transfert complet de tous les prélèvements sociaux (Sécu, chômage, retraite..), qui ont pour certains, d'autres usages que ne rempacera pas un revenu universel. Exemple l'assurance maladie. Elle pose quand même le problème de l'incitation à l'activité..et l'age auquel sera fournie cette préstation et attendue une contrepartie (de quelle nature ?)....Elle colle là aussi en fait assez bien avec certaines thèses libérales qui fixent un revenu "de base" très bas" moins de 300 euros remplaçant tous les mécanismes classiques de protection sociale. Rappelons l'acte de Spennhamland....
-La critique du salariat. Vu comme le vecteur de la société salariale et du fordisme, le salariat est attaqué au nom de l'autonomie. C'est effectivement une revendication fondatrice du mouvement ouvrier, abandonnée...puis reprise par Gorz et d'autres. Au moment où le gouvernment fait un tabac avec son statut d'autoentrepreneur (130 000 personnes) dans quelle mesure ce pseudo discours sur la disparition du salariat n'est elle pas une des faces de la déstruction des protections sociales et de la socialisation de la richesse. Je ne crois pas qu'il faille jeter le bébé avec l'eau du bain et les protections de salarit sont à conserver. (Ce que ne permet pas à mon avis le revenu d'existence)
- La confusion entre monétaire et marchand. Dans quelle mesure la valorisation de l'autoproduction, l'autoconsommation, l'échange hors de l'économie ne favorisent t'ils pas la disparition des formes classiques de redistribution de la richesse. Cela renvoit les individus aux familes ou communautés pour assurer ces solidarités. Ce qu'Ellul, Partant ou d'autres ont bien perçu et théorisé.
- Le fétichisme énergétique. Ainsi à de nombreuses reprises le coeur de la crise économique est expliqué par une rareté énergétique .(le musr de la nature). Alors qu'il s'agit d'une contradiction dans le mode d'accumulation de la valeur liée à la financiarisation.  C'est une thèse paradoxalement libérale. On nous a déjà fait le coup avec le choc pétrolier de 73-74.
- Le culte du "sens des limites"...reprenant les écrits horribles de J P Lebrun psychologue lacanien (qui ferait passer Aldo Naouri pour un gauchiste) c'est le couplet sur la perte de sens, la perte des repères de la modernité (liée à la perte du pouvoir paternel et la désacralisation du monde ainsi que la disparition des institutions traditionnelles) , la désymbolisation du monde..thèse qui hélas repris par une partie de la gauche (Castoriadis, Illich) n'est qu'une euphémisation du discours décadentiste et réac. critique à peine déguisée de la modernité. Le tragique de notre existence ne peut pas être voilé pas des incantations à retrouver le sens des limites.
- La critique du matérialisme. Ainsi comme l'a montré la critique de Onfray par Ariès. Le matérialisme est souvent lié à l'idée d'une perte des limites et une disparition du dualisme nature culture..Le matérialisme aussi  lié à l'hédonisme et au capitalisme. On retrouve là la réthorique de la pensée anti68 qui fait du mouvement de libération culturelle un cheval de Troie du capitalisme. Or ce libéralisme culturel qui a permis l'émergence du féminisme, des mouvements gays..est central.  Malgré nos attaques répétées les decroissants n'ont toujours pas dit un mot sur la nécessaire reconnaissance d'égalité de ces groupes.. et de situations comme le mariage homo ou l'homoparentalité. Ce libéralisme culturel permis par le développement est passé à trappe...

Voilà un bref résumé de l'état du débat. Faut il le préciser, je considère que la croissance n'est pas l'alpha et l'oméga de la vie..et qu'il faut donc la critiquer (ça aussi je l'avais écrit dans mon bouquin) et la mettre à sa place.. c'est à dire comme indicateur du volume de biens et services (marchands et non marchands) créés par une société... Soit un indicateur parmi d'autres pour mener des politiques économiques. Point barre. Je suis aussi d'accord avec le fait que souvent le développement durable permet un greenwashing...le capitalisme étant capable de récupérer n'importe quel concept. (mais je ne pense pas qu'il faille du coup lui abandonner les idées de libéralisme culturel, amitié, liberté, amour..et maintenant développement durable)
Je considére aussi qu'il faut que nous fassions décroitre (réduisions) notre empreinte écologique. Mais à mon avis on n'a pas besoin pour cela de passer par une "société de décroissance" refusant le développement.





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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 10:42
Les amis d'Entropia.. et Cochet ne cessent de promouvoir le malthusianisme.. Un grand classique que j'ai souligné dans un chapitre de mon bouquin. Chapitre 5 " Décroissance : le retour du malthusianisme et de l'antiféminisme au coeur de la pensée écologique". Cochet reprend en cela les classiques d'une certaine écologie malthusienne de Georgescu Roegen, à Illich, en passant par Cousteau, Dumont, Latouche, Rabhi..and Co...ça mais ça gène personne.....(il faut dire qu'en fait bien peu de décroissants lisent les auteurs auxquels ils se réfèrent)


Yves Cochet pour la «grève du troisième ventre»

(Reuters)

Le député des Verts Yves Cochet a profité, samedi, d’un colloque de la revue de la décroissance Entropia, à Paris, pour apporter une solution surprenante à l’actuelle crise économique et écologique. Selon lui, un enfant européen ayant «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York», il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» qui inverserait l’échelle des prestations familiales. En d’autres termes, dissuader financièrement les familles qui envisageraient de concevoir un trop-plein d’enfants. «Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième», a déclaré le député devant les 150 participants des milieux écologistes et altermondialistes.

Ps et en plus ça montre clairement la méconnaissance des sciences sociales et économiques, les allocations familiales n'ayant jamais eu de rôle incitatif à la natalité. Comment penser que  qu'une grosse  centaine d'euros est la cause de la décision de faire des enfants ?? Il y a juste les libéraux qui le croient... Tient comme c'est bizarre..
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 21:47


Serge Latouche qui sait jouer avec les symboles a publié récemment une tribune dans Politis qui reprend le titre de l'ouvrage de l'incontournable Teddy Goldsmith "Le tao de l'écologie".

Le tao de la décroissance

jeudi 26 mars 2009, par Serge Latouche

La « voie », le tao de Lao-Tseu, est plus et moins que l’éthique comme nous l’entendons en Occident. Le tao de la décroissance est un chemin à inventer avec l’aide d’un maître qui n’existe peut-être pas. Gandhi, Thoreau, Dewey, Tolstoi, Illich, Ellul, Castoriadis, Gorz ? Tous ont cheminé sur la voie de la voie. Mais tous ont dit que chacun doit trouver la sienne. La voie de la décroissance est une ouverture, une invitation à trouver un autre monde possible.

 Dans un art consommé du dire les choses sans jamais les dire et en déniant les avoir dites....(car après avoir avancé ces pions sur la voie..le tao...les gens informés ne peuvent pas ne pas comprendre....il se met à faire l'éloge de la politique..quel art permant du contre pied !!!) .  Latouche positionne l'écologie dans les philosophies non occidentales. Le travail sur soi fait avec un maitre...(on sent qu'il pense à lui dans ce rôle de gourou ). Rôle de prophéte qu'il assume d'ailleurs plus clairement dans Le pari de la decroissance.

Décidemment on se demande pourquoi Politis ne cesse de lui ouvrir ses colonnes...surement car il vend beaucoup...et car déjà sur teddy Goldsmith le journal n'a jamais été très clair.  Comme si l'écologie était des pages extraterritoriales de ce journal..

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 17:55

 

7e Festival de cinéma d'Attac
Soyons réalistes, osons l'utopie
au Cinéma 5 Caumartin

 


Dimanche 5 avril - séance de 14h

 

Projection du film


De l'utopie de la croissance au réalisme de la décroissance ?

 

et débat


Yann Fiévet, économiste, Président d'Action consommation et Cyril Di Méo auteur La face cachée de la décroissance

 


L’objet de l’économie étant d’agir sur les hommes et les rapports sociaux, on parle d’économie « politique », et toutes les évolutions des théories économiques ont été initiées et ont toujours profité aux classes dominantes. De fait, l’économie est devenue une guerre et toutes les théories économiques s’appuient sur l’égoïsme et la compétition qui renforcent les titulaires du pouvoir et divisent les opposants. « A toutes les époques de l’histoire, le succès des doctrines économiques a été assuré non par leur valeur intrinsèque mais par la puissance des intérêts et des sentiments auxquels elles paraissent favorables » écrivait Maurice Allais. 

Les utopies ont dès lors été un moyen de propagande pour asservir les plus démunis : « l’enrichissez-vous » de Guizot, l’utopie du « marché qui a toujours raison », puis l’utopie du progrès et de la croissance, … avec aujourd’hui le « travailler plus pour gagner plus »…

Certains – de plus en plus nombreux - rêvent d’une « autre économie », et refusent de réduire l’épanouissement de l’individu à son intérêt personnel, à gagner et emprunter plus pour dépenser plus … et vivre moins.

Alors qu’un changement de cap est indispensable, la solution proposée comme unique voie acceptable est un maquillage en vert du développement industriel rebaptisé « développement durable ». Et s´il s´agissait là d´une erreur fondamentale, de la cause majeure de bien des problèmes ? C’est ce que pensent les Objecteurs de Croissances. Ce mouvement prend de l´ampleur, chez nous aussi. Au-delà des analyses, il établit des propositions et construit des alternatives.

Les constats écologiques peuvent effectivement amener à s’interroger non seulement sur les rapports entre les hommes mais aussi sur leur impact sur la planète. Les intérêts humains et environnementaux convergent vers la nécessité d’une autre économie qui ne devra pas rester une utopie… et surtout ne pas être pensée par ces économistes qui nous ont fait croire trop longtemps que l’économie était une science…

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 20:43
Une tribune plus qu'angoissante dans le monde...d'un journaliste réputé..(avec mes commentaires)

Le passé ne reviendra pas


Hervé Kempf, Le Monde,

Attention, le discours qui suit est radicalement contraire au discours dominant. (pas si sur) Respirez... > > Trois idées :

> > 1. La crise économique est une bonne nouvelle. (surement pas !!) Imaginez ce qui serait arrivé si le produit intérieur brut (PIB) de la Chine avait continué à croître de 10 % l'an, celui des Etats-Unis de 5 %, celui de l'Europe de 2,5 %. Les émissions de gaz à effet de serre auraient rapidement atteint le seuil faisant basculer dans l'irréparable le changement climatique ; l'effondrement de la biodiversité se serait accéléré, précipitant la société humaine dans un chaos indescriptible. En stoppant cette croissance folle du PIB mondial, la « crise économique » permet d'atténuer les assauts de l'humanité sur la biosphère, de gagner du temps et de réfléchir à notre réorientation. (Les chinois et indiens n'ont donc pas droit de connaitre le développemnt industriel..drôle de conception de l'égalité) Pas un mot pour les 2 200 000 chômeurs les 50 000 intérimaires au chômage...Vive la crise ça les poussera à réfléchir... D'ailleurs hervé Kempf au nom de la crise à renoncé à son salaire du Monde..pour réfléchir à d'autres façon de vivre (lol)

> > 2. La crise, sinon son moment, était prévisible pour les Etats-Unis mais aussi pour la Chine. (et bien oui..pour qui dénonce la financiarisation de l'économie) L'auteur de ces lignes écrivait en 2006 : « Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. (inversion de la cause.. ce n'est hélas pas une crise écologique qui a créé la crise financière.. la création artificielle de valeur par la finance déconnecté de la création de valeur est la cause de cette crise..) Les amorces possibles pourraient s'allumer dans l'économie arrivant à la saturation et se heurtant aux limites de la biosphère : un arrêt de la croissance de l'économie américaine, minée par ses trois déficits géants, de la balance commerciale, du budget, de l'endettement interne. (où est le problème environemental ??) Comme un toxicomane qui ne tient debout qu'à coups de doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, (bien sur mais l'overdose de surprofit.. pourquoi ne pas en parler. Il suffit de voir le partage de la VA qui a gagné 10 point en 20 ans..??? pas un mot.) titubent avant l'affaissement ; un fort freinage de la croissance chinoise, sachant qu'il est impossible qu'elle tienne durablement un rythme de croissance annuel très élevé. (Pourquoi ? Comme s'il y avait une loi naturelle de l'économie...) Depuis 1978, la Chine a connu une croissance annuelle de son économie de 9,4 %. Le Japon est un précédent à ne pas oublier : vingt ans de croissance stupéfiante, puis l'entrée en stagnation durable au début des années 1990. (pour des causes financières et mafieuses et en rien écologiques )» Veuillez pardonner ce rappel. Il ne vise qu'à asseoir le pronostic que voici : l'économie mondiale ne « repartira » pas comme avant, la croissance mondiale du PIB ne reviendra pas à 5 %, (c'est à dire pendant les  trente glorieuses ..??)  l'expansion très rapide de la Chine et de l'Inde est finie. Il nous faut dessiner un monde nouveau, une autre économie, une autre société, inspirés par l'écologie, la justice et le souci du bien commun. (Bien sûr..mais quand on se trompe d'analyse ça pose problème..car le point premier c'est l'arret de la financiarisation ). hélas la planète est détruite par le capitalisme mais ce ne sont pas les limites naturelles qui poussent à sa crise. Ressources naturelles et pollution sont bien une limite du régime d'accumulation....mais n'en sont pas la contradiction première....

> > 3. Que faire ? Arrêter de singer Keynes et de se croire en 1929 quand on est en 2009 : la dépense, l'endettement, l'inflation, ne sont pas la solution. (Pourquoi ?? La dépense publique est necessaire quand elle est vertueuse investissement dans les infrastructures environnementales ou sociales, l'endettement est necessaire pour les classes populaires qui sinon n'auront pas accès à la consommation si ellles doivent avoir une épargne préalable pour acheter un logement..ou autre (les crédits à la consommation courante sont différents bien sur), l'inflation n'est pas un mal en soit..si H Kempf avait lu Keynes il saurait d'ailleurs que l'inflation c'est l'euthanasie des rentiers et donc des capitalistes..lui qui veut  sortir du capitalisme il saurait que c'est le discours libéral qui a fait de l'inflation un épouvantail (en désindexant dans un premier temps les salaires de l'inflation) pour la rendre insupportable aux salariés) mais dans le but principal de rétablir la rentabilité de la fiance et de l'épargne... Quelle belle orthodoxie monétariste....pour quelqu'un qui se veut contre les dicours dominants....il est juste en plein dans le  coeur du paradigme libéral friedmanien... Replâtrer l'édifice ne réparera pas des fondations ruinées. Il importe au contraire d'opérer une redistribution de la richesse collective en direction des pauvres (et oui) ; l'outil pourrait en être le revenu maximal admissible (RMA). La réduction de l'inégalité aidera aussi à changer le modèle culturel de surconsommation, (encore un souci d'analyse de ne voir le problème que par les revenus et non par le partage de la Valeur ajoutée. C' est d'abord  un taux de profit maximum qu'il faudrait imposer... et ensuite un écart interdécile des revenus  (patrimoine compris) maximum. ) et rendra supportables les baisses nécessaires et inéluctables de la consommation matérielle et de la consommation d'énergie dans les pays riches. Autre exigence : orienter l'activité humaine vers les domaines à faible impact écologique, mais créateurs d'emploi, et où les besoins sont immenses : santé, éducation, culture, énergie économe, agriculture, transports collectifs, nature. (orienter comment car là où il faudra bien faire des dépenses publiques non (voir en financer certaines par endettement) ?? ce qui est un contradiction avec les propos juste au dessus)

> > Facile ? Non. Mais plus réaliste que de croire possible le retour à l'ordre ancien, celui d'avant 2007.

On retrouve donc chez Hervé Kempf les lieux communs du discours décroissanciste..(même s'il rejette cette notion) car hélas il passe à côté d'une analyse  économique sérieuse du système économique et de sa crise. (Quand on lit la teneurs des propos des économistes du Monde on peut comprendre son problème..mais il y a d'autresé conomistes) Pour dire simple..il ne comprend pas le rôle central de la monnaie et de l'endettement ..ce qui se comprend s'il rejette Keynes...(dont c'est vrai il n'a pas trouvé de nombreux défenseurs dans son journal mais il peut lire autre chose).  Et il ne voit l'appareil productif que par la consommation et les revenus des ménages... c'est un peu comme un garagiste qui décrirait un moteur en regardant le pot d'échappement. On ne peut que conseiller à Hervé Kempf d'aller lire la très bonne analyse de la crise proposée par Michel Husson sur son blog   http://hussonet.free.fr/toxicap.pdf link...   http://hussonet.free.fr/parvainp.pdf  linkIl verra qu'on ne peut faire l'impasse sur la répartition de la valeur ajoutée et des gains de productivité...Pourtant au coeur de l'analyse de cette crise.

Hervé Kempf --
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