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Decroissance : un regard critique

Dimanche 20 septembre 2009 7 20 09 2009 20:53

On a pu lire une tribune de l'inenarrable Serge Latouche. Après son éloge de la voie sacrée du tao...pour retrouver le sens de la vie et de la décroissance, le voici dans une défense à demi-mots d'un revenu à 600 euros... ou en tout cas dans une délégitimation de revendications pour l'augmentation du pouvoir d'achat. Avec son style toujours à la limite (comment dire les choses inaudibles en les insinuant), il nous fait comprendre plus qu'il ne nous dit qu'on peut très bien vivre avec 600 euros. Admirez la litote et l'usage préventif des négations : "Certes, si les partisans de la décroissance se contentaient de soutenir qu’on peut être heureux avec 600 euros par mois, on les traiterait immédiatement d’alliés objectifs du capitalisme rapace, avec quelque apparence de raison. Traductions ils soutiennent cette revendication mais avec d'autres qui du coup la rendent acceptable, ils ne se content donc pas de cela. Si « l’ivresse joyeuse de la sobriété volontaire » dont parlait Ivan Illich n’est pas inabordable avec 600 euros par mois, la décroissance n’a jamais prêché la passivité et la résignation." Magnifique le "n'est pas inabordable à 600 euros". Mais ce ne sont pas les 600 euros qui comptent mais la réappropriation de sa vie.... Et la fin du texte qui nous appelle à rejeter le consumérisme et donc le modèle social démocrate, fordiste (celui qui veut qu'on revendique de gagner plus de 600 ) auquel il est assimilé juste au dessus... Décidement la decroissance a des relents antisociaux fréquents. Inutile de préciser que le site décroissance.org s'est empressé de relayer le texte. ( C'est surement Ariès qui a du voulu fêter son rapprochement du front de gauche.)

Ps On serait curieux de savoir avec combien Serge Latouche vit, car la retraite de professeur émérite d'université et les droits d'auteurs ça fait plus que 600 euros. Décidement ces gens ne sont pas sérieux.

Ps  Politis ne cesse de surprendre.

Vivre avec 600 euros par mois

jeudi 3 septembre 2009, par Serge Latouche


Il y a quelques mois, les étudiants grecs sont descendus dans la rue. Leur slogan, « Génération 600 euros », dénonçait avant tout le sacrifice de leur avenir, plus ou moins en perspective pour tous les jeunes Européens. Au regard des honteuses rémunérations des responsables politiques et économiques, comme des primes, stock-options, parachutes dorés et autres majorations non moins scandaleuses qu’ils s’octroient, l’écœurement des jeunes manifestants et leur révolte peuvent se justifier. Cependant, 600 euros, c’est à peu près trente fois le seuil de pauvreté absolue, situé par la Banque mondiale à 1 dollar par jour – qui concerne environ un milliard et demi de nos contemporains –, et 15 fois celui de la pauvreté relative (2 dollars par jour) pour 2 milliards et demi d’humains supplémentaires. Les deux tiers de l’humanité vivent donc avec moins de 600 euros par an !

Certes, les objecteurs de croissance sont très avertis de la relativité de telles statistiques. Ainsi, ils admettent qu’avec 2 dollars par jour, on peut être à l’aise à Grand Yoff, banlieue de Dakar, tandis qu’avec 30 euros, on tire le diable par la queue à San Francisco. Mais ils savent aussi que, même en casquant plus de la moitié de 600 euros pour le loyer d’une turne sordide, nos enfants font encore partie du tiers privilégié de l’humanité que tentent désespérément de rejoindre tous les clandestins de la terre. La gauche social-démocrate, communiste, trotskiste et autre s’est engouffrée dans la trappe du compromis keynéso-fordiste, misant sur la croissance plus que sur le partage, sur le consumérisme plus que sur le communisme, sur la quantité de biens plus que sur la qualité des liens. « Ce n’est qu’au terme de cet immense travail de falsification médiatique et mémorielle, note Jean-Claude Michéa, que le projet d’une croissance illimitée dans un monde sans frontières a pu enfin devenir ce qu’il est à présent : l’ultime centre de gravité philosophique de tous les discours de la gauche et de l’extrême gauche post-mitterrandienne  [1] . » Cornélius Castoriadis avait déjà dénoncé cette dérive flagrante du mouvement révolutionnaire qui supposait « qu’il n’y avait qu’à réaliser la maîtrise sur la nature pour rendre l’autonomie à l’homme […]. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un contrôle de ce désir de maîtrise, d’une auto-limitation. […] Nous avons besoin d’éliminer cette folie de l’expansion sans limite, nous avons besoin d’un idéal de vie frugale, d’une gestion de bon père de famille des ressources de la planète   [2] ».

Et pourtant, nombre de Verts se sont fait piéger par le miroir aux alouettes du développement durable et de ses avatars, croissance verte, capitalisme écocompatible, new deal écologique. Finalement, ils se sont privés des moyens de dénoncer la relance et la politique du pouvoir d’achat. Quant au programme d’une « décroissance sélective, équitable et solidaire », Dominique Voynet elle-même, tout en y adhérant, le trouvait inaudible, et l’un de ses porte-flingues déclarait : « Je ne me vois pas aller dire aux mecs de Peugeot mis au chômage : maintenant il va falloir être sobre dans votre vie quotidienne. »

Certes, si les partisans de la décroissance se contentaient de soutenir qu’on peut être heureux avec 600 euros par mois, on les traiterait immédiatement d’alliés objectifs du capitalisme rapace, avec quelque apparence de raison. Si « l’ivresse joyeuse de la sobriété volontaire »

dont parlait Ivan Illich n’est pas inabordable avec 600 euros par mois, la décroissance n’a jamais prêché la passivité et la résignation. Car la joie de vivre hors des chaînes du consumérisme est inconcevable sans amélioration de la qualité de la vie et sans lutte pour la justice. Résister à la pollution mentale et à la colonisation de l’imaginaire, c’est combattre les forces responsables de notre toxicodépendance. Dès aujourd’hui, le bonheur est concevable sur la voie d’une émancipation de l’asservissement consumériste, mais il ne peut se construire que dans la lutte pour un monde plus partagé demain.

Notes

[1] La Double Pensée. Retour sur la question libérale, Jean-Claude Michéa, Flammarion « Champs essais », 2008, p. 138.

[2] « Débat avec Legros », in Cornelius Castoriadis. Réinventer l’autonomie, Blaise Bachofen, Sion Elbaz, Nicolas Poirier éd., Éditions du Sandre, 2008. p. 282.

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Jeudi 27 août 2009 4 27 08 2009 22:02

Il a juste fallu 6 jours pour que les médias dominants nous apprennent la mort du principal partisan de l'écologie profonde : Teddy Goldsmith.

 Un homme "lucide sur les rapports de pouvoir" (??) "conservateur si ce mot a vait encore un sens" (qu'est qu'il lui faut à Kempf ??) porteur d'"Un courant que l'écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s'assécher et de se stériliser." selon le journal... le Monde.

 Or oui le mot conservateur a encore un sens, car que penser de quelqu'un qui affirme les choses suivantes dans son best seller le Tao de l’écologie : « l’écologie est une foi » (chp 16 p 97) et elle doit refléter les valeurs de la biosphère. Car le « psychisme de l’homme est mal adapté au paradigme scientifique et économique » . Pour cet auteur, dont la revue joue un rôle central dans la promotion du concept de décroissance, « l’homme qui est par nature un chasseur cueilleur »(p 248) est détourné de son ordre naturel par le développement économique, coupable d’augmenter la « désadaptation psychique » et cognitive des êtres humains. Détourné de l'écologie "innée " (p 53) de l'homme. Ils sont ainsi détournés de l’ordre naturel, par essence hiérarchisé et stable. « L’ordre comme l’avait bien compris l’homme traditionnel, est une caractéristique essentielle de la hiérarchie gaïenne ». (p 202) Edward Goldsmith entend alors développer une écologie non darwinienne. Le darwinisme est rejeté car il conçoit l’environnement naturel dans lequel vivent les espèces de manière non finalisée, trop « anonyme ». Il désacralise le cosmos et la vision téléologique du monde que suppose la cosmogonie décroissante. Darwin, qui ose « voir du hasard dans la constitution de l’ordre »,(p 432) n’est pas assez religieux. Il enracine sa défense de la nature en dehors de la science et lutte contre les environnementalistes qui « cherchèrent à discréditer le concept d’équilibre de la nature ». (p 208) L’écologie ne peut être que « subjective », « chargée d’émotion », c’" est une foi."( p 97) La nature est un tout ordonné avec une morale intrinsèque.

Edward Goldsmith considère aussi que : « Les systèmes et processus vivants, à tous les échelons de la hiérarchie gaïenne ont nécessairement une structure spécifique - celle qui est compatible avec l'accomplissement de leurs fonctions homéotéliques. […] Les caractères essentiels de la communauté humaine sont eux aussi spécifiques. Elle doit se composer de familles étendues et de groupements sociaux intermédiaires qui relient tous les individus entre eux en formant des unités de comportement social cohérentes qui, en fonction de la société à laquelle elles appartiennent, se différencieront par toutes sortes de caractères relativement superficiels, de manière à satisfaire aux exigences de leur milieu spécifique. » Les familles étendues sont donc présentées comme plus naturelles et adaptées à la nature que les familles nucléaires... etc...On lira particulièrement le n°12 publié en 2004 de la revue L'Ecologiste "L'écologie une vision du monde" qui résume et assume tout cela clairement.


Refuser le développement et décroître est le seul moyen de limiter les processus « anti-évolutifs » que sont le progrès et le développement économique. La décroissance est le moyen de se replonger dans le flux vital de la Terre Mère et l’ordre cosmique. C'est cela que Hervé Kempf appelle un courant que l'écologie ne saurait oublier sous peine de se stériliser (propos assez drôle quand on connait les position s ultra malthusiennes de goldsmith...)...? ? On se pince...

 Toutes les citations entre guillements sont tirés du "best seller" d' Edward Goldsmith, Le Tao de l’écologie, Editions du Rocher, 2002, 499 p.


ps 1 On lira aussi le très bon ouvrage de Jean Jacob "L'antimondialisation , les aspects méconnus d'une nébuleuse" (Berg, 2006) pour comprendre la généalogie et la place de ce courant "traditionnaliste" et d'écologie profonde dans les luttes contre la mondialisation. ou on jugera sur pièce en lisant les nombreux textes du site de teddy Goldsmith http://www.teddygoldsmith.org/key13.html link

 

 Ps Kempf qui sait très bien de quoi il parle, sait son propos sulfureux, même s'il le tient à demi mots. Malin il désamorce préalablement toute critique..."Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influence que par ses ouvrages à vocation théorique." Goldsmith serait donc super connu pour ce qu'il a dit et fait mais pas écrit... Et tous les abonnés de L'écologiste qui reçoivent en cadeau Le Tao de l'écologie, le mettent au compost mais ne le lisent  pas ? C'est comme la revue L'Ecologiste ils la jettent au feu sans la lire.... Décidemment nous vivons une d'époque de décroissance du sérieux et de la raison... si même Le Monde en est là....


Teddy Goldsmith

LE MONDE | 27.08.09 | 17h16  •  Mis à jour le 27.08.09 | 17h16


Le mouvement écologique vient de perdre un de ses parrains - dans le meilleur sens du terme - avec la disparition d'Edward, dit "Teddy", Goldsmith, survenue le 21 août, dans sa maison située près de Castellina in Chianti, en Toscane. Sans doute moins connu qu'Ivan Illich ou André Gorz, il n'en a pas moins imprimé une forte empreinte sur l'écologie politique. Son influence intellectuelle a été portée par la parole et par un journal, The Ecologist, autant que par ses ouvrages. Il assumait aussi un engagement militant original, soutenu par le hasard de la fortune, qui l'avait richement doté. Avec le Desk, suivez l'information qui vous intéresse en temps réel Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Sur le même sujet Teddy Goldsmith est né le 8 novembre 1928 à Paris de Frank Goldsmith et de Marcelle Mouiller. Frank avait quitté l'Angleterre en 1918, suite à la vague antiallemande qui sévissait alors dans ce pays. Il bâtit en France une affaire très prospère, la Société des hôtels réunis, donnant à ses deux enfants - le cadet de Teddy, Jimmy, est né en 1933 - une enfance dorée, la double nationalité (française et anglaise), et une fortune que Jimmy saurait multiplier et Teddy ne pas dilapider. Edward a connu une enfance heureuse, entre les palaces cinq étoiles, quelques semestres aux Bermudes, pendant la deuxième guerre mondiale, où il développa une passion très bien informée sur les coquillages, avant d'entreprendre des études à Oxford, au Magdalen College, qu'il ne poussa pas au-delà de la troisième année. Il passa ensuite, entre 1953 et 1955, deux ans de service militaire dans les services de renseignement en Allemagne, avant de "s'essayer" aux affaires, dans une entreprise de distribution de composants électroniques. Sans grand succès, comme il l'indiquait lui-même : dans une courte notice autobiographique, il précise qu'il "consacrait l'essentiel de son temps libre à l'étude des sujets qui continuent à (le) préoccuper". Grand lecteur, il put abandonner l'idée de gagner sa vie à la mort de son père, en 1967, pour se consacrer à des sujets plus proches de sa compétence. Les deux frères, Teddy et Jimmy, auraient passé un accord oral selon lequel Jimmy aurait la disposition de l'héritage pour le gérer au mieux, tout en versant une rente à Teddy pour le reste de sa vie. L'accord, fidèlement respecté par un cadet qui deviendrait milliardaire, tout en restant très admiratif de l'envergure intellectuelle de son aîné, a permis à celui-ci de mener une vie dégagée des soucis matériels. Mais certainement pas oisive. Dès 1968, Teddy, qui avait fait plusieurs voyages d'étude dans des contrées alors encore reculées, notamment au Botswana, participait à la fondation de ce qui allait devenir Survival International, l'organisation de défense des peuples premiers. En 1969, il lançait au Royaume-Uni The Ecologist, une revue austère, mais qui allait s'imposer comme une référence dans la réflexion sur l'actualité environnementale. En 1973, il publiait Blueprint for Survival (Changer ou disparaître, Fayard), qui est devenu un best-seller : il y expliquait, parmi les premiers, comment la poursuite de la croissance et du productivisme conduisait à une dégradation insupportable de la planète Terre.

CONCEPT DE DÉCROISSANCE
Le succès de ce livre allait lui permettre d'asseoir plus confortablement The Ecologist et de répandre ses idées avec plus d'efficacité. Il fut ainsi un des premiers à faire connaître Nicholas Georgescu-Roegen, l'économiste qui élabora le concept de décroissance. Il soutint le développement de la théorie Gaïa de James Lovelock et Lynn Margulis : selon cette théorie, le fait que la Terre manifeste une capacité extraordinaire à maintenir son équilibre (homéostasie) permettait d'inférer qu'il s'agissait en fait d'un être vivant. L'activité intellectuelle ne l'empêchait pas cependant de militer activement, parfois sur le terrain, notamment contre le développement de l'énergie nucléaire, qui était une de ses bêtes noires. En France, il participa à l'animation du réseau d'intellectuels Ecoropa (avec Denis de Rougemont, Jean-Marie Pelt ou Agnès Bertrand) qui allait devenir un des rouages discrets mais important du mouvement altermondialiste. Car, en 1984, à partir de l'analyse de la destruction des forêts tropicales ou de la construction des barrages, The Ecologist formula une critique virulente de la Banque mondiale. Cela contribuait à constituer une analyse globale des institutions financières internationales, conduisant aux grandes manifestations de Seattle en 1999 contre l'Organisation mondiale du commerce. Membre actif de l'International Forum on Globalisation, Goldsmith se trouvait ainsi au coeur du mouvement d'idées - alliant écologie et souci de la justice sociale - qui a repris l'ascendant idéologique depuis le début des années 2000 sur un néolibéralisme en phase d'épuisement théorique. Son intégration pourrait paraître étrange dans un mouvement dont d'autres forces venaient d'un marxisme réinterprété. Mais elle était pleinement légitime : il représentait une écologie naturaliste mais lucide sur les rapports de pouvoir, revendiquant la sobriété et la critique du modernisme, assumant une philosophie inspirée de l'accord des peuples premiers avec la nature, rêvant de communautés à échelle humaine et autonomes. Goldsmith a plus compté par sa parole éloquente et son influence que par ses ouvrages à vocation théorique. Il restera comme le grand témoin d'un courant essentiel de la critique écologique, que l'on pourrait qualifier de conservateur si ce mot avait encore un sens. Un courant que l'écologie politique ne saurait oublier, sous peine de s'assécher et de se stériliser. Teddy Goldsmith était aussi un homme de contradiction, prenant par exemple l'avion plus souvent qu'à son tour. Mais personnage bachique, bon vivant, sachant que bien manger et rire est le meilleur moyen de faire jaillir l'étincelle qui lancera le feu des idées. Un homme de convivialité, sans laquelle l'écologie ne serait que triste morale.

8 novembre 1928 Naissance à Paris. 1969 Lance la revue "The Ecologist". 1973 Publie "Changer ou disparaître". 1984 Elabore la critique de la Banque mondiale. 1999 Participe au mouvement de contestation de l'Organisation mondiale du commerce. 21 août 2009 Mort à son domicile, près de Castellina in Chianti, en Toscane.

Hervé Kempf
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Lundi 4 mai 2009 1 04 05 2009 20:31
Incroyable mais vrai deux mois d'affilée le journal la décroissance se met à faire via la chronique de Denis Baba son aggiornamento (certes sans vraiment le dire). Bon passons sur les petits suscéptibilités personnelles...car oui Denis Baba a fait partie des détracteurs le plus violents de mon bouquin... Passons sur les petits mensonges du numéro de mai de La décroissance (Latouche et rabhi n'auraient jamais été malthusiens...il faut relire Le pari de la décroissance puis les propres colonnes de La décroissance pour voir le contraire..) Passons sur l'éloge de ce film et cette BD soixante huitarde, l'An 01 de Gébé qui frisent le ridicule...on supprime la police, les tribunaux, les prisons, les lois, on abolit l'argent et la famille..... Et goutons notre plaisir..

Ainsi Denis Baba redécouvre pour nous les vertus de la socialisation de la richesse (via les mécanismes de sécurité sociale) via le monétaire. Finie l'économie synonyme du capitalisme, finies les vertus de l'autoproduction et de l'autoconsommation.... fini le monétaire équivalent du capitalisme. Baba se met à découvrir une des plus grandes avancées du "fordisme"... qui a de nombreux vices mais quelques vertus surtout ....anonymiser et sécuriser la solidarité via un mécanisme redistributif collectif.. (la Sécu). On redécouvre les joies et de l'économie sociale...et de la monnaie sociale  qui ne sont plus des oxymores.

On finit même en se pinçant car on lit une critique de l'idée de revenu universel qui ne serait qu'un cheval de Troie du libéralisme....
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 04 2009 21:22
Le grand  V Cheynet laisse un message ( un peu décousu ) sur mon blog ouah la chance.... Profitons en pour faire un point car notre relation à Vincent et moi a mal commencé  et c'est dommage. Il faut dire que le garçon est un peu soupe au lait...mais on reconnaitra qu'il a mis de l'eau dans son vin. Pour sa défense on reconnaitra que je lui ai un peu chauffé les oreilles..là où il aurait aimé faire oublier quelques déclarations...et contradictions.

Alors levons quelques malentendus...(si on peut appeler ça comme ça)
. Comme je l'ai écrit dans mon bouquin (promis juré) je pense que Ariès et Cheynet sont les decroissants les plus fréquentables et sérieux. (Même si leur pratique du dialogue au basouka ne facilite pas l'affaire). Et même si je ne partage pas certaines de leurs positions...qui ont beaucoup changé. Car effectivement il y a eu beaucoup de reculades ..ou d'avancées....ça dépend du point de vue. Et le prétentieux que je suis va même jusqu'à considérer qu'il y est pour quelques choses avec J M Harribey. Faisons donc la liste (rapide ) des points d'accords et de désaccords.

Les  avancées notables. Ariès et Cheynet ont rompu avec le discours relativiste et messianique de Latouche. Ils ont aussi accentué la politisation de la décroissance et arrété la culpabilisation individuelle (finis les dessins où l'on nous demandait de coller notre photo individuelle sur le banc des accusés de crime contre l'humanité), Ils ont arrété les références récurrentes aux mouvements spirituels (finis les interviews de Tariq Ramadan). Les figures de Gandhi, Lanza Del Vasto, St François etc ont disparu de leurs publications. Une relative distance a été mise avec le gourou Pierre Rabhi. Ils ont ensuite critiqué le malthusianisme de nombreux décroissants (et par exemple critiqué la position délirante de Cochet) et dénoncé beaucoup de mauvais trips autour de la décroissance (survivalistes, extrême droite). Ils ont aussi critiqué les discours sur la crise comme solution rédemptrice. Et dans le dernier numéro de la décroissance on trouvait même un article vantant le caractère potentiellement non capitaliste de la monnaie qui servait pour la sécurité sociale. Le problème c'est qu'ils ne l'ont jamais assumé comme une rupture avec leurs fréquentations précédentes et collaborations de plume ou publications  précédentes. L'effort est notable. Notons d'ailleurs que les autres décroissants "célèbres" n'ont pas fait ces avancées....

Il reste cependant de nombreuses divergences. Lesquelles ?
- La place de l'économie. Dans nombres d'ouvrages l'économie n'est pas vue comme une catégorie subissant des transformations historiques avec des modes de production différents selon les sociétés. (vision historique et anthroplogique estimant que toutes les société ont un système économique, un mode de production, consommation , redistribution et circulation des richesses). Pour beaucoup de décroissants il y aurait des sociétés sans économie..et l'économie serait du capitalisme...Latouche dans l'invention de l'économie a brillament défendu cette thèse  (avec de jolies pages sur les moralistes contre révolutionnaires..dont il est en fait si proche) mais ça ne tient pas la route car il est obligé de détourner le sens du mot économie pour passer à l'économisme...Et cela occulte l'ensemble des autres organisations économiques non occidentales et précapitalistes.
- La confusion récurrente entre croissante et développement... Alors que le développement permet de parler de la modification des structures sociales et culturelles...
- La place des alternatives. Au nom de l'anti économisme ou de la dénonciantion des oxymores se sont toutes les alternatives crédibles qui sont théoriquement abandonnées, (mêm si ce qui a été chassé par la porte finit toujours par revenir en douce par les fenêtre)s commerce équitable, économie sociale, consommaction...etc. Ainsi Ariès dans NO Conso va même jusqu'à accuser le mouvement consumériste et l'économie sociale d'être le cheval de troie du capitalisme....
- La confusion entre le culte de la valeur travail et le travail comme source de valeur. Ainsi s'il faut évidemment que nos vies ne soient pas basées sur la recherche d'argent et notre activité professionnelle (le travail comme idéologie, le fameux metro boulot dodo) ...la création de richesse se fait non pas à partir de la rareté des biens naturels.. mais à partir du travail. ( valeur travail au sens réel du terme). En jettant le bébé avec l'eau du bain..les thèses décroissantes reviennent aux thèses les plus libérales (néoclassiques et pas classiques ) qui occultent l'activité humaine comme source de création des richesses.
-Le degré de division du travail acceptable. Mettant leurs pas dans ceux de Gorz, les decroissants en arrivent à refuser toute forme de spécialisation et de division du travail. Le modèle idéal est alors celui de l'artisan. Pour ma prt je pense que la division du travail vus les gains de prodictivité qu'elle permlet et pour partie à conserver dans la limite d'aménagements (voir l'uddévallisme) et que ce sont ces gains de productivité qui doiven têtre répartis pour financer une réduction massive du temps de travail. (Voir Harribey) Le temps dégagé permettrait de rendre largement supportable le travail répétitif de la division des teches. Je refuse donc de confondre productivité et productivisme. Le productivisme c'est produire pour produire, c'est à dire sans finalité sociale et non pas utiliser des méthodes permettant d'accroitre la productivité. (même si je partage l'idée qu'il existe des formes de contre-productivité)
- La théorie du revenu d'existence ou revenu universel. (apparue récemment dans les thèses décroissantes). Cette théorie qui estime qu'il faut découpler travail et rémunération  (ce qui est envisageable) ne me parait pas crédible..car non finançable. Les quelques tentatives de le mathématiser passent par un transfert complet de tous les prélèvements sociaux (Sécu, chômage, retraite..), qui ont pour certains, d'autres usages que ne rempacera pas un revenu universel. Exemple l'assurance maladie. Elle pose quand même le problème de l'incitation à l'activité..et l'age auquel sera fournie cette préstation et attendue une contrepartie (de quelle nature ?)....Elle colle là aussi en fait assez bien avec certaines thèses libérales qui fixent un revenu "de base" très bas" moins de 300 euros remplaçant tous les mécanismes classiques de protection sociale. Rappelons l'acte de Spennhamland....
-La critique du salariat. Vu comme le vecteur de la société salariale et du fordisme, le salariat est attaqué au nom de l'autonomie. C'est effectivement une revendication fondatrice du mouvement ouvrier, abandonnée...puis reprise par Gorz et d'autres. Au moment où le gouvernment fait un tabac avec son statut d'autoentrepreneur (130 000 personnes) dans quelle mesure ce pseudo discours sur la disparition du salariat n'est elle pas une des faces de la déstruction des protections sociales et de la socialisation de la richesse. Je ne crois pas qu'il faille jeter le bébé avec l'eau du bain et les protections de salarit sont à conserver. (Ce que ne permet pas à mon avis le revenu d'existence)
- La confusion entre monétaire et marchand. Dans quelle mesure la valorisation de l'autoproduction, l'autoconsommation, l'échange hors de l'économie ne favorisent t'ils pas la disparition des formes classiques de redistribution de la richesse. Cela renvoit les individus aux familes ou communautés pour assurer ces solidarités. Ce qu'Ellul, Partant ou d'autres ont bien perçu et théorisé.
- Le fétichisme énergétique. Ainsi à de nombreuses reprises le coeur de la crise économique est expliqué par une rareté énergétique .(le musr de la nature). Alors qu'il s'agit d'une contradiction dans le mode d'accumulation de la valeur liée à la financiarisation.  C'est une thèse paradoxalement libérale. On nous a déjà fait le coup avec le choc pétrolier de 73-74.
- Le culte du "sens des limites"...reprenant les écrits horribles de J P Lebrun psychologue lacanien (qui ferait passer Aldo Naouri pour un gauchiste) c'est le couplet sur la perte de sens, la perte des repères de la modernité (liée à la perte du pouvoir paternel et la désacralisation du monde ainsi que la disparition des institutions traditionnelles) , la désymbolisation du monde..thèse qui hélas repris par une partie de la gauche (Castoriadis, Illich) n'est qu'une euphémisation du discours décadentiste et réac. critique à peine déguisée de la modernité. Le tragique de notre existence ne peut pas être voilé pas des incantations à retrouver le sens des limites.
- La critique du matérialisme. Ainsi comme l'a montré la critique de Onfray par Ariès. Le matérialisme est souvent lié à l'idée d'une perte des limites et une disparition du dualisme nature culture..Le matérialisme aussi  lié à l'hédonisme et au capitalisme. On retrouve là la réthorique de la pensée anti68 qui fait du mouvement de libération culturelle un cheval de Troie du capitalisme. Or ce libéralisme culturel qui a permis l'émergence du féminisme, des mouvements gays..est central.  Malgré nos attaques répétées les decroissants n'ont toujours pas dit un mot sur la nécessaire reconnaissance d'égalité de ces groupes.. et de situations comme le mariage homo ou l'homoparentalité. Ce libéralisme culturel permis par le développement est passé à trappe...

Voilà un bref résumé de l'état du débat. Faut il le préciser, je considère que la croissance n'est pas l'alpha et l'oméga de la vie..et qu'il faut donc la critiquer (ça aussi je l'avais écrit dans mon bouquin) et la mettre à sa place.. c'est à dire comme indicateur du volume de biens et services (marchands et non marchands) créés par une société... Soit un indicateur parmi d'autres pour mener des politiques économiques. Point barre. Je suis aussi d'accord avec le fait que souvent le développement durable permet un greenwashing...le capitalisme étant capable de récupérer n'importe quel concept. (mais je ne pense pas qu'il faille du coup lui abandonner les idées de libéralisme culturel, amitié, liberté, amour..et maintenant développement durable)
Je considére aussi qu'il faut que nous fassions décroitre (réduisions) notre empreinte écologique. Mais à mon avis on n'a pas besoin pour cela de passer par une "société de décroissance" refusant le développement.





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Samedi 11 avril 2009 6 11 04 2009 10:42
Les amis d'Entropia.. et Cochet ne cessent de promouvoir le malthusianisme.. Un grand classique que j'ai souligné dans un chapitre de mon bouquin. Chapitre 5 " Décroissance : le retour du malthusianisme et de l'antiféminisme au coeur de la pensée écologique". Cochet reprend en cela les classiques d'une certaine écologie malthusienne de Georgescu Roegen, à Illich, en passant par Cousteau, Dumont, Latouche, Rabhi..and Co...ça mais ça gène personne.....(il faut dire qu'en fait bien peu de décroissants lisent les auteurs auxquels ils se réfèrent)


Yves Cochet pour la «grève du troisième ventre»

(Reuters)

Le député des Verts Yves Cochet a profité, samedi, d’un colloque de la revue de la décroissance Entropia, à Paris, pour apporter une solution surprenante à l’actuelle crise économique et écologique. Selon lui, un enfant européen ayant «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York», il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» qui inverserait l’échelle des prestations familiales. En d’autres termes, dissuader financièrement les familles qui envisageraient de concevoir un trop-plein d’enfants. «Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième», a déclaré le député devant les 150 participants des milieux écologistes et altermondialistes.

Ps et en plus ça montre clairement la méconnaissance des sciences sociales et économiques, les allocations familiales n'ayant jamais eu de rôle incitatif à la natalité. Comment penser que  qu'une grosse  centaine d'euros est la cause de la décision de faire des enfants ?? Il y a juste les libéraux qui le croient... Tient comme c'est bizarre..
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 04 2009 21:47


Serge Latouche qui sait jouer avec les symboles a publié récemment une tribune dans Politis qui reprend le titre de l'ouvrage de l'incontournable Teddy Goldsmith "Le tao de l'écologie".

Le tao de la décroissance

jeudi 26 mars 2009, par Serge Latouche

La « voie », le tao de Lao-Tseu, est plus et moins que l’éthique comme nous l’entendons en Occident. Le tao de la décroissance est un chemin à inventer avec l’aide d’un maître qui n’existe peut-être pas. Gandhi, Thoreau, Dewey, Tolstoi, Illich, Ellul, Castoriadis, Gorz ? Tous ont cheminé sur la voie de la voie. Mais tous ont dit que chacun doit trouver la sienne. La voie de la décroissance est une ouverture, une invitation à trouver un autre monde possible.

 Dans un art consommé du dire les choses sans jamais les dire et en déniant les avoir dites....(car après avoir avancé ces pions sur la voie..le tao...les gens informés ne peuvent pas ne pas comprendre....il se met à faire l'éloge de la politique..quel art permant du contre pied !!!) .  Latouche positionne l'écologie dans les philosophies non occidentales. Le travail sur soi fait avec un maitre...(on sent qu'il pense à lui dans ce rôle de gourou ). Rôle de prophéte qu'il assume d'ailleurs plus clairement dans Le pari de la decroissance.

Décidemment on se demande pourquoi Politis ne cesse de lui ouvrir ses colonnes...surement car il vend beaucoup...et car déjà sur teddy Goldsmith le journal n'a jamais été très clair.  Comme si l'écologie était des pages extraterritoriales de ce journal..

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Jeudi 26 mars 2009 4 26 03 2009 17:55

 

7e Festival de cinéma d'Attac
Soyons réalistes, osons l'utopie
au Cinéma 5 Caumartin

 


Dimanche 5 avril - séance de 14h

 

Projection du film


De l'utopie de la croissance au réalisme de la décroissance ?

 

et débat


Yann Fiévet, économiste, Président d'Action consommation et Cyril Di Méo auteur La face cachée de la décroissance

 


L’objet de l’économie étant d’agir sur les hommes et les rapports sociaux, on parle d’économie « politique », et toutes les évolutions des théories économiques ont été initiées et ont toujours profité aux classes dominantes. De fait, l’économie est devenue une guerre et toutes les théories économiques s’appuient sur l’égoïsme et la compétition qui renforcent les titulaires du pouvoir et divisent les opposants. « A toutes les époques de l’histoire, le succès des doctrines économiques a été assuré non par leur valeur intrinsèque mais par la puissance des intérêts et des sentiments auxquels elles paraissent favorables » écrivait Maurice Allais. 

Les utopies ont dès lors été un moyen de propagande pour asservir les plus démunis : « l’enrichissez-vous » de Guizot, l’utopie du « marché qui a toujours raison », puis l’utopie du progrès et de la croissance, … avec aujourd’hui le « travailler plus pour gagner plus »…

Certains – de plus en plus nombreux - rêvent d’une « autre économie », et refusent de réduire l’épanouissement de l’individu à son intérêt personnel, à gagner et emprunter plus pour dépenser plus … et vivre moins.

Alors qu’un changement de cap est indispensable, la solution proposée comme unique voie acceptable est un maquillage en vert du développement industriel rebaptisé « développement durable ». Et s´il s´agissait là d´une erreur fondamentale, de la cause majeure de bien des problèmes ? C’est ce que pensent les Objecteurs de Croissances. Ce mouvement prend de l´ampleur, chez nous aussi. Au-delà des analyses, il établit des propositions et construit des alternatives.

Les constats écologiques peuvent effectivement amener à s’interroger non seulement sur les rapports entre les hommes mais aussi sur leur impact sur la planète. Les intérêts humains et environnementaux convergent vers la nécessité d’une autre économie qui ne devra pas rester une utopie… et surtout ne pas être pensée par ces économistes qui nous ont fait croire trop longtemps que l’économie était une science…

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Vendredi 6 mars 2009 5 06 03 2009 20:43
Une tribune plus qu'angoissante dans le monde...d'un journaliste réputé..(avec mes commentaires)

Le passé ne reviendra pas


Hervé Kempf, Le Monde,

Attention, le discours qui suit est radicalement contraire au discours dominant. (pas si sur) Respirez... > > Trois idées :

> > 1. La crise économique est une bonne nouvelle. (surement pas !!) Imaginez ce qui serait arrivé si le produit intérieur brut (PIB) de la Chine avait continué à croître de 10 % l'an, celui des Etats-Unis de 5 %, celui de l'Europe de 2,5 %. Les émissions de gaz à effet de serre auraient rapidement atteint le seuil faisant basculer dans l'irréparable le changement climatique ; l'effondrement de la biodiversité se serait accéléré, précipitant la société humaine dans un chaos indescriptible. En stoppant cette croissance folle du PIB mondial, la « crise économique » permet d'atténuer les assauts de l'humanité sur la biosphère, de gagner du temps et de réfléchir à notre réorientation. (Les chinois et indiens n'ont donc pas droit de connaitre le développemnt industriel..drôle de conception de l'égalité) Pas un mot pour les 2 200 000 chômeurs les 50 000 intérimaires au chômage...Vive la crise ça les poussera à réfléchir... D'ailleurs hervé Kempf au nom de la crise à renoncé à son salaire du Monde..pour réfléchir à d'autres façon de vivre (lol)

> > 2. La crise, sinon son moment, était prévisible pour les Etats-Unis mais aussi pour la Chine. (et bien oui..pour qui dénonce la financiarisation de l'économie) L'auteur de ces lignes écrivait en 2006 : « Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. (inversion de la cause.. ce n'est hélas pas une crise écologique qui a créé la crise financière.. la création artificielle de valeur par la finance déconnecté de la création de valeur est la cause de cette crise..) Les amorces possibles pourraient s'allumer dans l'économie arrivant à la saturation et se heurtant aux limites de la biosphère : un arrêt de la croissance de l'économie américaine, minée par ses trois déficits géants, de la balance commerciale, du budget, de l'endettement interne. (où est le problème environemental ??) Comme un toxicomane qui ne tient debout qu'à coups de doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, (bien sur mais l'overdose de surprofit.. pourquoi ne pas en parler. Il suffit de voir le partage de la VA qui a gagné 10 point en 20 ans..??? pas un mot.) titubent avant l'affaissement ; un fort freinage de la croissance chinoise, sachant qu'il est impossible qu'elle tienne durablement un rythme de croissance annuel très élevé. (Pourquoi ? Comme s'il y avait une loi naturelle de l'économie...) Depuis 1978, la Chine a connu une croissance annuelle de son économie de 9,4 %. Le Japon est un précédent à ne pas oublier : vingt ans de croissance stupéfiante, puis l'entrée en stagnation durable au début des années 1990. (pour des causes financières et mafieuses et en rien écologiques )» Veuillez pardonner ce rappel. Il ne vise qu'à asseoir le pronostic que voici : l'économie mondiale ne « repartira » pas comme avant, la croissance mondiale du PIB ne reviendra pas à 5 %, (c'est à dire pendant les  trente glorieuses ..??)  l'expansion très rapide de la Chine et de l'Inde est finie. Il nous faut dessiner un monde nouveau, une autre économie, une autre société, inspirés par l'écologie, la justice et le souci du bien commun. (Bien sûr..mais quand on se trompe d'analyse ça pose problème..car le point premier c'est l'arret de la financiarisation ). hélas la planète est détruite par le capitalisme mais ce ne sont pas les limites naturelles qui poussent à sa crise. Ressources naturelles et pollution sont bien une limite du régime d'accumulation....mais n'en sont pas la contradiction première....

> > 3. Que faire ? Arrêter de singer Keynes et de se croire en 1929 quand on est en 2009 : la dépense, l'endettement, l'inflation, ne sont pas la solution. (Pourquoi ?? La dépense publique est necessaire quand elle est vertueuse investissement dans les infrastructures environnementales ou sociales, l'endettement est necessaire pour les classes populaires qui sinon n'auront pas accès à la consommation si ellles doivent avoir une épargne préalable pour acheter un logement..ou autre (les crédits à la consommation courante sont différents bien sur), l'inflation n'est pas un mal en soit..si H Kempf avait lu Keynes il saurait d'ailleurs que l'inflation c'est l'euthanasie des rentiers et donc des capitalistes..lui qui veut  sortir du capitalisme il saurait que c'est le discours libéral qui a fait de l'inflation un épouvantail (en désindexant dans un premier temps les salaires de l'inflation) pour la rendre insupportable aux salariés) mais dans le but principal de rétablir la rentabilité de la fiance et de l'épargne... Quelle belle orthodoxie monétariste....pour quelqu'un qui se veut contre les dicours dominants....il est juste en plein dans le  coeur du paradigme libéral friedmanien... Replâtrer l'édifice ne réparera pas des fondations ruinées. Il importe au contraire d'opérer une redistribution de la richesse collective en direction des pauvres (et oui) ; l'outil pourrait en être le revenu maximal admissible (RMA). La réduction de l'inégalité aidera aussi à changer le modèle culturel de surconsommation, (encore un souci d'analyse de ne voir le problème que par les revenus et non par le partage de la Valeur ajoutée. C' est d'abord  un taux de profit maximum qu'il faudrait imposer... et ensuite un écart interdécile des revenus  (patrimoine compris) maximum. ) et rendra supportables les baisses nécessaires et inéluctables de la consommation matérielle et de la consommation d'énergie dans les pays riches. Autre exigence : orienter l'activité humaine vers les domaines à faible impact écologique, mais créateurs d'emploi, et où les besoins sont immenses : santé, éducation, culture, énergie économe, agriculture, transports collectifs, nature. (orienter comment car là où il faudra bien faire des dépenses publiques non (voir en financer certaines par endettement) ?? ce qui est un contradiction avec les propos juste au dessus)

> > Facile ? Non. Mais plus réaliste que de croire possible le retour à l'ordre ancien, celui d'avant 2007.

On retrouve donc chez Hervé Kempf les lieux communs du discours décroissanciste..(même s'il rejette cette notion) car hélas il passe à côté d'une analyse  économique sérieuse du système économique et de sa crise. (Quand on lit la teneurs des propos des économistes du Monde on peut comprendre son problème..mais il y a d'autresé conomistes) Pour dire simple..il ne comprend pas le rôle central de la monnaie et de l'endettement ..ce qui se comprend s'il rejette Keynes...(dont c'est vrai il n'a pas trouvé de nombreux défenseurs dans son journal mais il peut lire autre chose).  Et il ne voit l'appareil productif que par la consommation et les revenus des ménages... c'est un peu comme un garagiste qui décrirait un moteur en regardant le pot d'échappement. On ne peut que conseiller à Hervé Kempf d'aller lire la très bonne analyse de la crise proposée par Michel Husson sur son blog   http://hussonet.free.fr/toxicap.pdf link...   http://hussonet.free.fr/parvainp.pdf  linkIl verra qu'on ne peut faire l'impasse sur la répartition de la valeur ajoutée et des gains de productivité...Pourtant au coeur de l'analyse de cette crise.

Hervé Kempf --
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 01 2009 11:45
Le parti de la décroissance vient de lancer un nouveau site. (assez bien foutu) Pour bien marquer leur objectif plumer la volaille verte...ils piquent aux verts leur tournesol. En bon communiquant ils attaquent dans le dur...(les verts devraient avoir du souci à se faire car ils ont face à eux des gens ayant une idéologie, un slogan fort et des moyens de communication)

http://www.partipourladecroissance.net/ link

Ils annoncent aussi des listes aux européennes... ce dont aucun média n'a jugé (et encore moins Libé et sa Cohnbenditophilie) pertinent de parler.. Ce qui fera une liste écolo de plus.... L'union des écologistes va être dure à vendre (listes modem cap 21 menées par Lepage et Bennahmias, listes MEI/ GE/ france en action, listes Décroissance plus listes NPA et Parti de gauche qui ont pris un sacré virage écolo..)



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Lundi 26 janvier 2009 1 26 01 2009 21:14

Ils sont surprenants ces écolos. Après François Partant, Serge Latouche (dans Politis) ou le journal la décroissance qui titre "vive la crise"(là où l'article intérieur donne une autre tonamité) .......c'est au tour de Hervé Kempf, invité chez Mermet pour commenter son dernier bouquin, d'expliquer que la crise actuelle a des vertus majeures. Elle permet de limiter les prélèvements sur l'environnement et donc de ralentir la machine capitaliste.  C'est bizarre comme propos car en temps de crise ce sont toujours les plus fragiles qui trinquent et loin d'un arrêt de la machine c'est sa restructuration qui se produit.  Dommage car le reste de l'interview de Kempf est assez interessant .. il refuse même d'utiliser le terme de décroissance car il pense qu'une croissance de certains secteurs non marchands est profitable à tous...


ps

Plus de 50 000 suppressions d'emplois en un jour

 
26/01/2009 |
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Avec la crise, les suppressions de postes se multiplient.

La triste palme revient au constructeur d'engins de chantier Caterpillar (notre photo), qui va se séparer de 20 000 personnes. 8 000 départs ont par ailleurs été annoncés par l'opérateur de télécoms américain Sprint Nextel, 7 000 chez le spécialiste américain du bricolage Home Depot, 7 000 par le groupe de banques et d'assurances néerlandais ING, 6 000 par le groupe néerlandais d'électronique Philips et 3 500 chez le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus.

Dans le secteur automobile, General Motors a déclaré qu'il allait supprimer 2 000 emplois dans deux de ses usines aux États-Unis. Au Japon, les constructeurs nippons vont se séparer de 25 000 personnes d'ici à la fin mars. Ce flot de mauvaises nouvelles est rendu public, alors que le FMI a annoncé une croissance mondiale de 0,5 % en 2009, ce qui équivaut à une forte récession mondiale. La croissance américaine est revue en baisse à - 1,6 %. D'après le FMI, la zone euro subira une contraction de son PIB de 2 %. Le BIT et l'OCDE estiment que le chômage risque de toucher entre 20 et 25 millions de personnes de plus dans le monde d'ici à 2010, atteignant un record de 210 millions de personnes à la fin de 2009.


Joie et amour les amis vous aurez grace à ça la chance de pouvoir réfléchir à la décroissance
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 12 2008 11:00

Il y a des messages qu’on aimerait mieux ne pas écrire ..et celui ci en fait partie. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit encore une fois de répondre à une attaque d’une rare violence...ce qui n’est pas inhabituel.. mais en même temps il s’agit d’une charge inouïe de Paul Ariès que je considère comme un des rares décroissants intéressants. Vous trouverez le tombereau d’insultes à cette adresse. Et voici une petite réponse.

Un procès de Moscou à Aix. La face cachée de l'ouvrage de Di Méo par Paul Ariès : 

http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/cyrildimeo.htm

Puisqu’il faut bien répondre.

1)    Je redis comme dans le bouquin que Paul Ariès est un des décroissants les plus respectables et les plus conscients des risques d’une pensée décroissante. Il est un des rares à essayer de croiser luttes sociales et environnementales. Je confirme que je ne lui connais pas de propos malthusiens, écoféministes, spiritualiste, d’écologie profonde etc… Je n’ai d’ailleurs jamais rien dit de tel. Où cela coince t’il alors ? Dans le fait à mon avis que mon bouquin montre les innombrables connections entre des pensées qu’il réprouve et les revues dans lesquelles il écrit. En clair je pense que Ariès (dont je conseille d’ailleurs la lecture à plusieurs reprises dans le bouquin) ne supporte pas le fait que mon bouquin démontre que la quasi totalité de son entourage et des partisans de la décroissance qui l'entourent  sont non fréquentables et défend des thèses qu’il a condamné par ailleurs. En clair comme je le dis au milieu du bouquin je comprends pas ce que fait P Ariès aux côtés de P Rabhi, Serge Latouche, J Grinevald, HR Martin, JC Besson Girard…etc.. Paul Ariès pense qu'il peut extirper la décroissance des griffes des thèses réactionnaires qui la fonde .. je n'y crois pas...

 


2)    Deuxième point d’achoppement , même si Paul Ariès dénonce la dépolitisation présente dans le mouvement décroissant , je crois que par un dénigrement caricatural du développement durable et des éco-tartuffes, il entretient ce mécanisme même qu’il dénonce par ailleurs. Il est aussi assez sidérant de voir quelqu’un qui pratique de manière récurrente l’invective et le style pamphlétaire m’accuser d’être un "Torquemada" et de vouloir "interdire" de Tribune les décroissants (ce que je n’ai jamais dit ou pensé). On croit rêver alors qu’ils possèdent de nombreux médias comme Silence, L’écologiste, Casseurs de pub et La décroissance…qu’ils inversent les rôles et se fassent passer pour des victimes…Le tout en m’accusant de « dérives médiatique »…on croit rêver quand on sait l’absence de pub et le peu de travail de diffusion fait par L’Harmattan pour la sortie du bouquin …là où nombre de  décroissants en bons anciens du marketing pratiquent l’auto-promotion à outrance dans leurs revues (ce qu’ils ont à titre personnel bien raison de faire). Il y a une capacité des décroissants à se poser en permanence en victime, ( la comparaison avec les procès de Moscou est d'un goût douteux) là où le champ éditorial leur est grand ouvert (comme le montre la rentrée litttéraire), surprenant...Ne parlons pas de l'"onction "qu'est sensé donner Politis à mes thèses.. P Ariès à mal du lire les diatribes parues dans ce journal... qui a défendu le relativisme latouchien contre une écologie universaliste...que j'essaye de défendre.


3)     Sinon on retrouve comme chez V Cheynet une pratique argumentative surprenante. Après avoir expliqué que je mentais, … il nous explique qu’en définitive toutes les bonnes critiques faites dans ce livre (tient il y en a donc) sont connues (on s’en était pas rendu compte) de tous et sont faites par lui depuis longtemps…Il faut à mon avis choisir soit je dis n’importe quoi et Paul Ariès aussi, soit je dis pas n’importe quoi  comme Paul Ariès !!! Il faut choisir.


4)    Dans l’attaque confuse qui s’en suit je suis tour à tour accusé d’être pour un « petit » (sic) commerce équitable là où lui est pour un « grand » (sic ) commerce équitable…Il y a quelque saveur à lire cette affirmation de la part d’une personne et d’un journal qui ont expliqué depuis 5 ans que le commerce équitable est un oxymore (et donc que par nature le commerce ne peut pas être équitable) et qu’il ne peut pas y avoir de commerce équitable…Il devrait relire les 10 objections au commerce équitable de V Cheynet…et les articles enflammés de son journal. Je suis aussi accusé d’être « mondialiste »..je sais pas trop ce que ça veut dire mais ça a l’air très infamant.. Si c’est pour dire que je suis universaliste c’est douteux si c’est pour dire que je suis pour la globalisation financière c’est malhonnête…Je suis aussi sensé être « pour la société de consommation » et "rejoindre la Nouvelle droite" (ce qui assez drôle pour quelqu'un qui signe régulièrement à côté de Serge Latouche), rien de moins… Devant un tel mélange et une telle violence les bras m'en tombent...

 

Ariès a rajouté recemment une critique de mon attitude aux municipales. Il suffira de se reporter à ce blog pour voir en quoi le candiadt du Ps n'était pas défendable.

http://cyril-dimeo.over-blog.com/article-18988441.html

Je pourrais en tartiner des pages sur le fonctionnment de la Commission locale d'information de Cadarche quand Medve en était président, de l'urbanisme quand Medve était adjoint à l'urbanisme. Mais de toute façon ça n'interessera pas notre Torquemada de la décroissance. Quand le drapeau est levé l'intelligence est dans la trompette.


Tout ça est bien triste. Et fort heureusement ces gens n'ont pas le pouvoir, car nul doute que je finirai dans quelque centre de rééducation populaire.

Signé : Un moscovite mondialiste pour un petit commerce équitable. (parce qu'il vaut mieux en rigoler)

Ps : Cette virulence fait aussi suite à la tribune de Politis.  Qui continue à poser des questions auxquelles les décroissants n'ont pas répondu.

 1) La tribune serait une défense forcenée de l'Etat. Nombre de décroissants m'envoient des mels expliquant tous les méfaits de l'Etat. Je me permets d'abord de signaler que la question n’est pas celle de l’Etat d’ailleurs nombre de redistributions le sont dans le cadre du paritarisme c’est à dire de la cogestion syndicats de salariés et de patrons…mais celle de la socialisation de la richesse. En clair comment fait on de la solidarité pour les retraités, les chômeurs, les malades dans une société sortie de l'économie et du monétaire ? 


2) La critique de l'Etat est facile. J'en partage une partie notamment sur son accaparemment par certaines castes (X, ENA..) L'Etat peut donc polluer et amener à la pollution. Certes mais c’est aussi au nom du refus de l’Etat que l’on pollue sans contrainte..dans d'autres endroits.  Là où certaines règles contraignantes contre la pollution existent c’est "parfois" grâce à l’Etat. L'anarchisme de certains décroissants est légitime même si je ne le partage pas. Mais  je pense que refuser l’Etat au moment où les multinationales le démantèle est dangereux. De plus des pays sans Etat Providence comme les Etats Unis, etc détruisent la planète….Alors tout faire porter à l'Etat est à mon avis assez peu pertinent.



3) Notre définition de la richesse est monétaire et donc fausse . Il faut donc sortir de la monnaie. J'ai bien lu, fut un temps, J Duboin, la grande relève et sa théorie distributiviste (seule reflexion sérieuse sur la disparition de la monnaie) ..mais je n'y crois pas . Je pense comme Aglietta et Orléan que la monnaie est présente dans tout ordre social. ( Même dans les camps de concentration Primo Levi décrit des formes de quasi monnaie.) Les travaux de Jerome Blanc en anthropologie économique sont super interessants sur ces sujets. La monnaie est un outil de canalisation de la violence et de pacification sociale. Il ne faut pas confondre monnaie et forme capitaliste de la monnaie. La conception anti monétaire réduisant la monnaie à une simple fonction capitaliste et utilitaire est la version la plus libérale qui soit. 


4) D'après certains il faut critiquer l'Etat Providence car c'est de l'occidentalisme. Sur le caractère limité du périmètre de l’Etat Providence je rejoins son caractère limité géographiquement .. mais c’est pas l’Etat Providence que je défends c’est une socialisation collective des richesses. Et pour cela il faut une forme monétaire pour faire circuler à grande échelle les biens. Je ne crois pas qu’avec l'augmentation de l’espérance de vie, la demande de soin croissante on puisse passer par d’autres solidarité pour assurer la fin de vie ou la santé… Relisant Ellul récemment dans les nouveaux possédés il reprend cette thèse décroissante il y a solidarité anonyme et "étatique" quand toutes les formes familiales ou communautaires ont explosés..et il le regrette. Comment font ceux qui sont sans famille ? Paul ariès le dit avec une certaine honneteté dans le dernier numéro de la decroissance il n'a pas été très suivi par les décroissants dans sa lutte contre le CPE.


 5) Certains nous accusent dans l'article de substantialiser l'économie. Je suis au regret de dire qu'ils ont compris l'inverse du propos. L'idée est de dire que toutes les sociétés ont des système de création, de circulation, de redistribution et d'échange de richesse. Mais ces formes sont historiquement et culturellement différentes selon l'époque et le lieu. Et toutes les sociétés ont des définitions différentes de  ce qu'elle estime être une  richesse. Il est clair qu'une société sans système économique n'existe pas... Même les ordres religieux que certains decroissants qui m'écrivent semblent concevoir comme des systèmesa-économiques sont basés sur des créations de richesse, une hiérarchie dans sa répartition et des formes de circulation particulière. C'est comme les liens sociaux ou politiques toutes les sociétés sont organisées par ces types de relation qui prennent des formes historiques diffèrentes. L'économie peut prendre d'autres formes que le capitalisme..


6) L'article défendrait une vision monolithique de l'économie. Il n'y a rien de tel dans le texte...Et on considère justement qu'il y a au sein de l'économie des courants hétérodoxes...qui justifient que l'on ne confonde pas science économique et libéralisme. C'est justement cette vision Latouchienne de l'économie réduite à sa seule composante libérale que nous critiquons. L'idée est justement de ne pas abandonner la critique économique du capitalisme

 

Nombre  de décroissants après avoir tartiné sur l'existence d'une crise écologique et les méfaits de la croissance, après avoir multiplié les attaques personnelles ..ne répondent pas aux questions que nous posons. Pour que cela soit plus facile je vais donc en re-écrire clairement quelques unes.


1) En parlant d'oxymores : du développement durable, du commerce équitable, de l'économie sociale et solidaire ...cela revient à considérer que par nature, par essence l'économie ne peut pas être sociale et solidaire, le développement durable et le commerce équitable. Cela revient à se priver de l'idée d' alternatives économiques possibles au capitalisme existant. Cela ne correspond il pas à une essentialisation de l'économie du commerce et du développement dangereuse ? N'est ce pas une voie risquée  qui revient à se priver d'une alternative économique au capitalisme actuel ? Paul Ariès dans son bouquin No Conso ferme ainsi la porte à toutes ces alternatives que peuvent porter d'éventuels mouvements consommateurs...


2) La monnaie n'est pas un outil capitaliste c'est un vecteur de cohésion sociale (Aglietta). L'usage capitaliste de la monnaie n'est pas à confondre avec l'existence de monnaie. Le refus du monétaire est basé sur une fausse représentation de la monnaie. Et la monnaie est le vecteur d'une socialisation de la richesse dans nos sociétés. Comment peut on assurer une socialisation des richesses dans un système non monétaire souhaité par les décroissants ? La confusion entre monétarisation et marchandisation ne s'appuie t'elle pas sur une idéalisation des systèmes de don et de troc ?? La solidarité hors du monétaire peut elle être égalitaire, peut elle sortir des solidarités familliales ou communautaires ? Comment faire une sécurité sociale, un système de retraite si on sort d'une économie monétaire pour une société d'auto-production, de troc..etc..? Comment peut on de manière cohérente défendre les services publics et refuser la monétarisation sur laquelle (via les prélèvements obligatoires) ils sont assis...??


3) N'y a t'il pas danger à vanter les vertus de la crise, de la pauvreté volontaire dans un moment où le capitalisme crée beaucoup de précarisation et de pauvreté subie ? En incitant à la sortie du système ne fait on pas le jeu d'un système qui exclu de plus en plus de personnes..? Avec la décroissance on donne certes à des personnes des façons de survivre mais ne faut il pas porter le combat sur de nouvelles règles sociales empechant le "précariat" ? Le capitalisme est encadré dans un système institutionnel diraient les régulationnistes. Quel est le système social proné par les décroissants ? Quelle est la forme de protection sociale, de contrat de travail, de mécanismes de répartition des gains de productivité souhaités par les décroissants. 


4) L'interprétation non économique de la situation  n'est elle pas contre productive ? Le fétichisme du pic de Hubbert et de la crise énergétique oblitèrent toutes les autres dimensions de la crise actuelle du capitalisme. On nous a déjà fait le coup pour la crise des années 70... La suite a été une bonne thérapie libérale pour retrouver les fondamentaux. La non lecture du capitalisme comme un système d'accumulation de valeur est totalement dans la logique libérale. N'y a t'il pas de danger à considérer que le travail ne crée pas de valeur..et que la valeur vient de l'usage..ou de la nature ? Ce sont les bases de l'économie néoclassique qui nie le capitalisme comme un rapport d'exploitation.. !! Ce fondement n'est il pas à discuter ??


5) Est il possible que les décroissants sortent du système binaire où tous ceux qui ne sont pas pour la décroissance  sont pour la croissance ? Dans l'histoire de la pensée économique .. il est clair que la critique de la croissance est présente dans la pensée écologique depuis de nombreuses années..Denis Clerc retrace dans son article "De l'état stationnaire à la décroissance un concept  flou (in L'économie politique avril 2004) cette généalogie partant des physiocrates  et de nombreux autres économistes... Même les institutions internationales ont inventé des indicateurs alternatifs à la croissance depuis de nombreuses années. Par exemple l'indice de développement humain qui mesure le degré de richesse, le taux de scolarisation et l'espérance de vie... Cet indicateur n'est pas complet ni totalement satisfaisant mais de grace ne faisons pas croire que la discussion est entre croissance et décroissance...Ce serait méconnaitre plusieurs siècles de débats intellectuels dans la philosophie et la pensée économiques...

Mais qu'est ce que cette reflexion face à la fulgurance et au génie des décroissants ? ; ))


 

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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 12 2008 22:12
Lipietz et la Decroissance. Le ridicule ne tue pas....Celui qui signait récemment une tribune dans Les Echos en faveur de la décroissance (au sens large et non au sens de réduction de l'empreinte écologique) intitulée Point de vue : Pour une décroissance solidaire 20/08/08  change de position..... dans un entretien (à En3mots) récent  (et sur son blog). Il fait plus que  revenir sur ses pas....


 Le Lundi 08 Décembre 2008 à 12h46
Entretien avec Alain Lipietz : le Deal Vert ?


Lipietz Samedi matin, au palais des Congrès de Lille, dans la salle de sa motion (celle du voynetiste Jean-Louis Roumegas), Alain Lipietz mettait en garde : « à l’heure où tout le monde parle d’écologie, il ne s’agit pas de tomber dans le simplisme de la décroissance. A un moment de crise, où des hommes n’arrivent pas à se loger, à se chauffer, décroissance ne peut être un mot d’ordre pur et simple. » Pour autant « il faut sortir d’une écologie galvaudée »….

En3mots : Qu’il y a-t-il entre « l’écologie galvaudée » et la « décroissance » ?

Alain Lipietz : Il existe un accord général entre les écologistes, que ces derniers soient scientifiques ou politiques, pour dire que l’objectif est « la décroissance de l’emprunt écologiste ». Certains vont faire de cette décroissance une religion : « il faut se serrer la ceinture, consommer moins, arrêter de prendre l’avion pour aller en vacances, etc… » Pour ces personnes, les moyens par lesquels on va réduire l’emprunt écologique deviennent une fin en soi. Puor ma part, je pense que l’objectif est de protéger la nature et notre avenir, et que la réduction de notre consommation est une technique pour le faire, et non l’inverse. Supposons que la fusion froide fonctionne et que cela nous permette de produire de l’énergie sans efforts et sans rien abîmer, en serions-nous satisfaits ? Certains écologistes ne seraient pas prêts à utiliser cette technique. Je ne comprends pas le mot « décroissance ». Décroissance de quoi ? « Développement soutenable » est une bien meilleure formule, qui, de plus, est acceptée par les textes l’ONU. Les mots quantitatifs que sont « croissance » ou « décroissance » sont ainsi remplacés par un terme qualitatif, celui de « développement soutenable ». A ce débat de fond entre écologistes, se rajoute, à l’heure actuelle, la crise économique. Cette crise est une crise de la demande. Au contraire, la crise de 1980 était une crise de l’offre, ce qui était beaucoup plus difficile à résoudre. Une crise de la demande peut-être, on l’a vu en 1929, résolue par une politique keynésienne. A droite comme à gauche, il existe un consensus sur ce point : droite comme gauche pensent qu’il faut redonner de l’argent au consommateur et baisser les taux d’intérêt. Point. De leur côté, les décroissants pensent qu'il n'est pas forcément nécessaire de mener une politique de relance keynésienne. Les Verts estiment qu’il n’agit pas de mettre en place une simple politique « néo-kéynesienne » sorte de néo-rooseveltisme [Roosevelt a été élu aux Etats-Unis en 1933 et a mis en œuvre la politique kéynésienne de relance de la demande] qui consisterait à donner une voiture à tout le monde. Il faut au contraire mener une politique de relance « verte », le Green Deal ( Deal Vert en FR), c’est à dire relancer une demande publique fondée sur les énergies renouvelables.


 Marie Barral


Propos qu'il renouvelle sur son blog le 8 décembre.

Il faut être honnête, nous n’avons pas encore, nous les Verts, la totalité des éléments du New deal Vert. Le problème principal est que, par rapport au New Deal rooseveltien, qui contrairement à ce que l’on croit, n’était pas principalement basé sur la dépense publique comme la Tennessee Valley Authority, mais sur les conventions collectives du Wagner Act et la réforme bancaire du Glass-Steagall Act, nous avons besoin, pour une relance et une reconversion verte des industries polluantes, de nouveaux montage et formes de régulation qui n’existent pas encore. Car la « demande effective verte » viendra principalement des collectivités (transports en commun, isolation thermique des immeubles, fermentation des déchets, etc). Or ces collectivités sont souvent aussi ruinées que les ménages atteints par la crise des subprimes. Il faudra donc inventer des mécanismes de financement pour les collectivités luttant contre l’effet de serre. Mais ce n’est pas très difficile à imaginer et nous avons déjà de nombreuses idées (centrées sur la Banque Européenne d’Investissement, le marché des quotas de réduction des gaz à effet de serre, etc).

Autre point de terminologie : les plus radicaux des Verts répètent en boucle le mot « décroissance », terme qui m’agace profondément par son caractère quantitatif et imprécis. J’ai toujours, avec René Dumont, combattu le mot « croissance » et j’ai toujours préféré celui de « développement » ; de la même façon, je m’opposerai au mot « décroissance » sans qualificatif, préférant mille fois l’expression « développement soutenable ».



Pour rappel le texte signé par Lipetz en faveur de la décroissance en aout. Il avait du oublier de le lire...

Point de vue : Pour une décroissance solidaire

[ 20/08/08  - 09H41   - actualisé à 09:52:00  ]

La crise écologique et celle du pouvoir d'achat ne sont-elles pas les deux faces du même mal ? A la veille des Journées d'été des Verts qui s'ouvrent, le 21 août, à Toulouse, Denis Baupin, Yves Cochet et Noël Mamère lancent un appel aux écologistes pour se mobiliser autour d'un grand projet pour répondre à la double crise, sociale et écologique, sans opposer les solutions. Quelques autres personnalités du monde politique se sont joints à eux pour signer ce texte (1).   

Ouvrons n'importe quel journal imprimé, audiovisuel ou Internet. Pas un numéro qui n'évoque, à la rubrique Environnement, l'ampleur de la crise écologique sous toutes ses formes (dérèglement climatique, crise pétrolière, pollution de l'air, fuites radioactives, émeutes de la faim, cyclone en Birmanie, etc.), et à la rubrique Economie ou social, la crise du pouvoir d'achat et ses conséquences (moral des ménages en berne, manifestations des pêcheurs et des routiers, saison touristique morose, chute de la Bourse, licenciements massifs dans l'automobile et l'aéronautique, etc.).

Pas un, ou presque, ne se pose la question : et s'il ne s'agissait que d'une seule et même crise ? Celle d'un modèle de société bâti sur une croissance érigée en Graal de plus en plus inatteignable en raison de l'épuisement de nos ressources - notamment énergétiques - qui font maintenant l'objet d'une concurrence acharnée pour s'en assurer la maîtrise et la distribution. Les limites d'un tel système sont évidentes. Le " logiciel " des Trente Glorieuses ne fonctionne plus. C'est l'humanité tout entière qui est concernée, riches comme pauvres, chaque écosystème qui est gravement menacé, chaque Etat qui doit répondre à de nouveaux défis... " Nous n'avons qu'un seul monde ", jamais ce slogan des écologistes n'a été autant d'actualité.

Il faut donc apporter des solutions aux deux crises, écologique et sociale, en parvenant à dépasser enfin la contradiction entre réponses à la crise environnementale qui apparaissent élitistes, voire anti-sociales, et réponses à la crise dite " du pouvoir d'achat " qui apparaissent anti-environnementales en ce qu'elles tendent à perpétuer des logiques énergétivores et gaspilleuses.

Ces solutions existent. Elles permettent à la fois de réduire notre empreinte écologique (l'impact environnemental de notre mode de vie), de renforcer la solidarité en accroissant les droits des plus fragiles, de dynamiser l'économie en la rendant plus robuste face aux crises à venir, d'améliorer enfin la qualité de la vie grâce au renforcement des liens sociaux et au mieux-vivre ensemble. En voici quelques exemples.

Lorsqu'on diminue l'usage régulier de l'automobile, en renforçant les transports collectifs ou en créant Vélib', on réduit la pollution, les gaz à effet de serre, la consommation pétrolière, tout en améliorant le droit à la mobilité de ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir une voiture et la santé de ceux qui font du vélo régulièrement. On crée, d'autre part, de nombreux emplois non délocalisables, donc plus robustes face aux risques de la mondialisation. Et la ville devient moins stressante.

De même, si on remplace les voitures hyper-consommatrices et polluantes (à commencer par les 4 × 4) par des véhicules plus petits, moins lourds, bridés à 120 kilomètres à l'heure, on diminue la pollution, on réduit les coûts pour l'usager à la pompe et on ouvre la possibilité de préserver des dizaines de milliers d'emplois, aujourd'hui menacés dans l'industrie automobile, en engageant une reconversion industrielle liée à ce changement d'usage de la voiture.

Lorsqu'on isole thermiquement les logements, qu'on en profite pour développer les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie), non seulement on diminue les gaspillages, mais on diminue aussi le coût des charges locatives (notamment dans les logements sociaux). On revitalise l'économie en diminuant la facture pétrolière et en créant des centaines de milliers d'emplois non délocalisables.

Quand on privilégie la consommation de fruits et légumes de saison, produits si possible biologiquement et à des distances raisonnables, on réduit le gaspillage énergétique, on améliore notre santé, on réduit le coût pour les ménages (qui plus est, si on met en place une " carte fruits et légumes " pour les ménages démunis comme les Verts l'ont proposée à Paris) et on favorise la création d'emplois pérennes dans l'agriculture, beaucoup moins dépendants des aléas des cours internationaux.

Et dans les éco-quartiers, dans les jardins partagés, la qualité des rapports humains retrouvés est le meilleur antidote contre les violences et les discrimina- tions, tout comme la création de lieux de loisirs de proximité (le " revenu en nature ") pour les Français qui ne peuvent partir en vacances.

On pourrait multiplier ainsi les exemples : la mutation de la pêche vers une pratique qui préserve la ressource halieutique et diminue la consommation pétrolière ; la mutation du tourisme de masse, de l'avion vers le train (au moins pour les voyages intra-continentaux) tout en privilégiant la durée des séjours ; le basculement du transport de marchandises vers le rail... Dans tous les cas, la reconversion doit être anticipée dès maintenant et accompagnée par les pouvoirs publics, sinon elle sera bien plus douloureuse et coûteuse demain, surtout pour les plus vulnérables.

Ces solutions ne s'appliquent pas qu'aux seuls " pays riches ". Développer les fours solaires, accroître les surfaces agricoles dédiées aux cultures vivrières plutôt qu'au bétail et à l'exportation, donner droit à chacun à une éducation, notamment aux jeunes filles, c'est diminuer la désertification, renforcer la sécurité alimentaire, éviter les naissances non volontaires. C'est permettre la viabilité économique de nombreux pays menacés par la crise écologique.

Tous ces changements sont non seulement possibles (2 % du PNB, selon Nicholas Stern, un sixième des dépenses militaires du monde, selon Lester Brown) mais aussi indispensables si nous voulons éviter que l'humanité continue de foncer dans le mur. Encore faut-il s'en donner les moyens, en encourageant les innovateurs techniques et sociaux, en orientant la fiscalité à bon escient, en investissant pour les générations futures au lieu de gaspiller le capital qui nous a été légué par les précédentes.

Il ne s'agit pas ici de faire du catastrophisme, mais d'attirer l'attention sur la spirale extrêmement lourde dans laquelle nous sommes entrés avec l'énergie chère et le dérèglement climatique. Elle menace profondément les équilibres écologiques, économiques, politiques, sociaux et alimentaires. Et les plus vulnérables seront toujours les mêmes, ceux qui sont en bas de l'échelle. On le voit aujourd'hui : l'accroissement du prix du pétrole touche des professions fragilisées, des ménages en difficulté et souvent otages de leur voiture. Le manque d'anticipation des pouvoirs publics était coupable hier, l'inaction d'aujourd'hui est criminelle.

Notre intention est surtout de montrer qu'il n'y a pas de fatalité, que les solutions existent et qu'elles ne consistent ni à revenir un siècle en arrière ni à renforcer la loi du plus fort, mais à inverser les priorités. Sobriété ne signifie pas régression mais modernité et progrès ; écologie ne signifie pas masochisme mais qualité de vie ; décroissance ne signifie pas récession mais définition d'un projet de société où " vivre mieux " n'est plus lié à " produire et consommer plus ". Le protocole de Kyoto sur le dérèglement climatique - le premier traité international " décroissant " - a d'ailleurs ouvert la voie à cette révolution culturelle.

Nous sommes conscients qu'il ne suffit pas d'alerter sur la gravité de la crise. Écologistes, nous avons trop souvent négligé le caractère anxiogène de cette alerte ainsi que ses limites. Parce qu'elle aggrave des contradictions au coeur même de la société, elle peut conduire au déni et à l'inaction des décideurs politiques, à l'incompréhension, voire à la révolte des plus vulnérables socialement qui se sentent menacés par nos propositions, alors qu'ils le sont bien plus encore par la crise.

Il nous revient donc la responsabilité de montrer que nous ne cherchons pas à exploiter l'angoisse mais que les responsables politiques ont la capacité à prendre en charge la crise, à condition d'effectuer le bon diagnostic. Les réponses techniques existent, nous les connaissons. A eux, à nous d'expliquer maintenant que chacun peut prendre sa part dans cette mutation, que cette mutation peut être équitable et qu'elle peut réduire l'injustice sociale là où la crise l'aggraverait. C'est un vrai défi politique qui passe par la construction de nouveaux schémas mentaux, d'une nouvelle culture, au sens global du terme, permettant d'analyser et surtout de dessiner ce nouvel avenir.

C'est autour de ce projet de décroissance solidaire, d'une société plus humaine, plus conviviale, plus sûre aussi que doivent dorénavant se rassembler les écologistes s'ils veulent que leurs idées se traduisent en politiques publiques. Ne ratons pas cet enjeu de civilisation pour le XXIe siècle.


(1) La liste complète des signataires : Noël Mamère, député ; Yves Cochet, député ; Denis Baupin maire-adjoint de Paris ; Marie Blandin, sénatrice ; Jean Dessesard, sénateur ; Mireille Ferri, vice-présidente de la région Ile-de-France ; Marie-Anne Isler-Béguin, députée européenne ; Alain Lipietz, député européen
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Lundi 8 décembre 2008 1 08 12 2008 00:12
Quand on a une obsession, on interprete toujours les faits à partir de son fétiche. Côté décroissance c'est le fétichisme du pic de Hubert.

Ainsi de manière récurrente la crise est expliquée comme un probléme environnemental. Vincent Cheynet se commet encore dans un article de cet acabit dans Regard ce mois ci...Voilà ce qui arrive quand on jette à la poubelle l'économie.. Voilà ce qui arrive quand on partage les fondements théoriques libéraux estimant que c'est l'utilité (et non le travail ) qui crée la valeur. Vincent Cheynet réussit à transformer une crise financière d'un mode de capitalisme..en crise énergétique.. Une crise du crédit et de la spéculation en crise pétrolière. La même erreur que pour 1973. Comment réussir à faire du pic pétrolier l'épicentre de la crise... ? Rien ne permet sérieusement d'annoncer cela. D'ailleurs le cours du baril s'est effondré après la crise...


Prix du pétrole - 25/11/2008

49 dollars

 

Depuis le début du mois de septembre, le cours du pétrole est en forte baisse notamment en raison du repli de la demande lié à la crise financière. Les cours du brut américain atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis janvier 2007, aux alentours de 49 dollars le baril le 20 novembre contre 110 dollars au 1er septembre. Le prix du pétrole est en baisse de plus de 65 % depuis son record de 147,50 dollars le 11 juillet. En 5 mois, le prix du baril a été divisé par trois. Il reste inférieur à ses niveaux du début d'année (99,1 dollars au 2 janvier 2008). La demande de pétrole, en baisse dans les pays riches depuis mai, diminue davantage depuis la crise financière, exerçant ainsi pression à la baisse sur les prix.


Comment occulter la crise immobilière et du crédit ? Comment faire l'impasse sur l'évolution de l'accumulation du capital, sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée  ???  Comment ne pas voir la contradiction entre valeur réelle et valeur financière ??? La contrainte énergique (et pétrolière)  joue une place dans la crise actuelle du capitalisme mais qui est loin d'être centrale. Cette décroissance est vraiment une regression théorique. On ne peut que conseiller à Vincent Cheynet de prendre quelques leçons d'économie.. et de par exemple lire le très bon article de Michel Husson qui explique statistiques à l'appui les mécanismes de la crise.

http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=595 .

Décidémment ces décroissants n'ont rien compris au capitalisme et ses rapports sociaux et économiques...

Postcapitalisme « La décroissance ou la barbarie », par Vincent Cheynet

Le pic de l’extraction du pétrole est le grand non-dit de cette crise. Il est pourtant son épicentre. Durant le XXe siècle, le pétrole aura été le carburant de l’expansion de la société industrielle. Ne racontons pas de fables : c’est une ressource sans équivalent. Il irrigue le système industriel comme le sang notre corps. En se rétractant, il va faire tituber notre société qui repose sur cette ressource non renouvelable. La crise aujourd’hui est la conséquence majeure de cet état des choses. Le renchérissement considérable du prix de l’énergie pour les ménages aux Etats-Unis a été le facteur majeur de l’incapacité pour nombre d’entre eux à rembourser leurs emprunts. Ce scénario catastrophe a été prévu de longue date par les scientifiques qui s’intéressent sérieusement à la déplétion énergétique. J’écrivais le 10 mars : « Que va-t-il se passer lors de ce nouveau mandat ? Je me lance dans la prospective. Il y a de forts risques que nous soyons en train de passer actuellement le pic du pétrole. Le prix du baril va sans doute continuer d’augmenter : 110, 120, 150 dollars... jusqu’au crack. Le facteur déclenchant d’une récession globale sera probablement l’effondrement de l’économie étatsunienne. » (1). Il est un côté grotesque à expliquer à coup de grandes démonstrations scientifiques qu’une croissance infinie est impossible dans un monde limité. La cécité face à cette évidence enfantine démontre bien que l’homme, aussi instruit soit-il, habite bien davantage ses croyances et ses représentations que la réalité du monde physique.

Paru dans Regards n°56, novembre 2008


PS C'est surprenant qu'une revue comme Regards laisse publier des trucs pareils... c'est assez inquiétant sur l'état idéologique de la gauche de la gauche...



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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 11 2008 11:48

Il nous le dit dur comme fer.. lui ne fera jamais parti de cette sale gauche qui ose se compromettre avec le Modem et le social libéralisme. On ne l'y prendra pas car Monsieur est un pur, un dur. Un vrai.


Le propos est cinglant et sans appel. Quelle n'est pas l'ironie d'ecrire un tel truc dans le Canard qui offre sa une et sa manchette à une éminente représentante du Modem Paca. Ainsi Le Sarkophage de ce mois ci ouvre ses colonnes à ma copine Catherine Levraud  http://catherinelevraud.over-blog.com élue conseillère régionale PACA Modem, tête de liste du Modem à Arles aux dernières municipales et membre de l'Asep et ancienne verte. (qui certes signe sous la seule étiquette ASEP). C'est assez drôle non ??

Avec un article au ton enlevé elle nous met en garde contre les risques sanitaires des pollutions. Et on ne peut que partager ses préoccupations qui font l'essence de son combat depuis 20 ans. (au sein des verts, de l'ASEP et aujourd'hui du Modem).  Comme quoi ce qui compte c'est ce que disent les gens plus que leurs étiquettes...


Ps  le contenu de ce numero du Sarkofage est plus qu'interessant.

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Samedi 4 octobre 2008 6 04 10 2008 11:45

La décroissance de ce mois ci s'en prend encore une fois à mon bouquin.  Décidemment ces gens sont des teigneux... et ont eu du mal à digérer l'attaque.

En situation de crise, les voilà pris à leur propre piège... ou du moins mis au pied du mur du danger de leur doctrine. Déjà en son temps François Partant écrivait "Que la crise s'aggrave", expliquant en quoi la crise des années 70 serait salutaire et montrant les rapports de complémentarité entre crise économique et discours "anti-croissance".

Pour ceux qui ne s'en étaient pas encore rendu compte depuis 10 ans..nous sommes en pleine destruction des acquis du salariat..et croissance molle. On ne peut que s'interroger sur la correlation entre cette situation et les discours radicaux anti-salariat.... zeitgeist auraient dit certains sociologues en d'autres temps. De même nous entrons dans le précariat et la pauvreté généralisée (certes pas volontaire)... La frugalité volontaire (le capitalisme ne tardera pas à nous faire faire de nécessité vertu) n'est pas loin....

Certains devraient s'interroger sur le lien entre l'émergence d'un discours décroissant sur la sortie du salariat, les vertus de la simplicitée ou pauvreté volontaire et la mutation du capitalisme....qui crée la crise. En d'autres temps on aurait parlé d'infrastructure et de super structure... Mais c'était en d'autres temps ..aujourd'hui la pensée radicale est décroissante et la question économique est devenue taboue..au point que les plus radicaux opposants au système sont "contre l'économie" et les économistes. Contre la croissance, contre le salariat, contre la consommation et le développement.

L'économie c'est comme le reste quand vous n'en faites pas d'autres (avec leurs intentions) s'en occupent pour vous. 

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Derniers Commentaires

Ouvrage décroissance

La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.

 Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.

 «Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ». 

 Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.

   ISBN: 2-296-01224-8

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