Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Qui je suis ?

Enseignant de sciences économiques et sociales

 

Marié, père de 2 enfants

 

Conseiler municipal d'opposition de 2001 à 2008

Militant socialiste

Engagé aux côtés d'Edouard Baldo

 

Photo CDM site campagne primaire 2014

Rechercher

Tracts

 

Premier tract de lancement de campagne

Présentation et axes de campagne link

 

Propositions moralisation vie politique aixoise

Moralisation link


Propositions urbanisme et devenir de la ville

Urbanisme link

Archives

Twitter

Ouvrage décroissance

La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.

 Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.

 «Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ». 

 Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.

   ISBN: 2-296-01224-8

 Achat en ligne

http://www.amazon.fr/gp/product/2296012248/ref=sr_11_1/171-1636061-8438610?ie=UTF8

http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=21965

14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 23:44

Philippe Corcuff dans une tribune dont il a le secret se met à défendre le film Avatar comme une incarnation anti-Cohnbendiste. Un film partisan d' une écologie anticapitaliste.
J’ai aussi a priori apprécié ce film  où les méchants qui pillent d’autres planètes, (ça nous rappelle quelque chose), qui refusent de faire soigner leurs malades n’en ayant pas les moyens, qui utilisent le mensonge pour battre leurs adversaires (des vrais méchants),  finissent par perdre face à des résistants déterminés. J’ai aussi sur le coup bien aimé ce « Danse avec les loups » post moderne et futuriste.  Tout en bleu, couleur fusionnelle par excellence  comme le montre Michel Pastoureau dans "Bleu". Et qui ne succomberait pas, les gentils gagnent à la fin (ce qui est rare dans la réalité et fait donc plaisir à fantasmer au cinéma). Et puis cela fait toujours plaisir de voir un guerrier des forces du mal basculer du coté lumineux de la force. Ah la lutte du Bien contre le mal.

Mais… je me permets de soulever quelques éléments surtout quand à froid j’y réfléchis (ce qu'on oublie de faire dans une salle de 300 personne avec des lunettes bizarres au milieu de gens qui mangent des seaux de pop corn) ou quand je lis les leçons que Ph Corcuff  essayent d’en tirer u (voir sa tribune dans Rue 89 ici  http://www.rue89.com/2010/01/03/avatar-contre-cohn-bendit-lecologie-doit-etre-anticapitaliste-132082?page=4 link). Pour Corcuff la leçon d'Avatar c'est la défense d' une écologie anticapitaliste non consensualiste. Ce film incarne la nécessité de « révolutions existentielles » :devenir Na’Vis pour sauver notre monde… A tête reposée mon interprétation serait autre et  porte sur la nature régressive  de ce film. S'il faut tirer des leçons ou théories, je me dis que l'écologie défendue dans ce film me parait plus qu’ambiguë. Et ce néo "Grand Bleu" écolo discutable. 

Corcuff souleve lui-même le problème « Certes les Na'vis ont comme un parfum New Age, traînant une vision stéréotypée de la communion de « primitifs » et de la nature. » mais n’en est pas plus gêné que cela pour en extraire la substantifique moelle : l'anticohnbendisme et la lutte radicale (Conception du conflit et du rapport à la force non angélique que l'on peut mettre au crédit du réalisateur). Mais que nous raconte ce film ? Que des individus en fusion avec la nature, (c'est peu dire on dirait des ampoules sur un lampadaire) ayant un lien énergétique et sacré avec la terre (avec des êtres qui n’ont aucune individualité et qui telles des machines dansent en vibration avec le cosmos.. ) peuvent résister à l’ordre « occidental » et capitaliste.  Cette fusion avec la nature téléologique permet de faire triompher la justice. Les guerriers en faisant partager leurs motivations à la Terre mère et à l’arbre sacré juste avant le grand combat réussisent à la convaincre d'intervenir. Rien de moins.

Corcuff ne fait il pas sien  le glissement latouchien liant le pillage des ressources à l'occidentalisme, avec ce néo bon sauvage ??  Et Ph Corcuff n'est pas plus embêté que cela par une vision spirituelle archaïque (caricaturale) pseudo animiste, panthéiste ou paienne de la nature qui après avoir entendue la plainte des hommes se venge contre l’envahisseur. "Mais le savoir-faire particulier des auteurs les plus originaux des films et des séries télévisées hollywoodiens consiste justement à prendre appui sur certains stéréotypes pour en interroger d'autres. Nous sommes pris par la main dans la familiarité d'autoroutes standardisées, mais ça et là s'ouvrent des sentiers critiques, dans un cocktail détonnant de douces évidences et de piments plus corsés" : nous dit Corcuff.... Cette trame narrative et cette logique du fim lui paraissent secondaires et détournées.... Pourtant c’est bien une nature intentionnelle et finalisée qui inaugure ce film en élisant un futur sauveur et qui clot le film en sauvant nos Na’vis par l'envoi de ses animaux pour détruire l’invasion technique. On dirait du mauvais Rabhi ou Goldsmith …  Tolkien avait déjà utilisé la ficelle : l'initiation et l'éléction d'un jeune homme qui permet de faire apparaître un sauveur qui grace à son courage, son sacrifice et sa conversion s'attire les forces du bien présentes dans la nature et sauve le monde. (Esperons que Corcuff ne pense pas à Olivier Besancenot lol)


avatar11

Je ne vois pas trop où sont les "sentiers critiques".  Car tout laisse à penser que de toute façon à la fin, la nature a le dernier mot et rétablit l’équilibre…  Cette dimension « New age » Corcuff la rejette par principe  (Ouf) et en même temps s'en raproche dangereusement conceptuellement en renvoyant aux nécessaires « conversions existentielles » devant enraciner les luttes écologiques futures.  Arnsperger auquel Corcuff emprunte cette notion,  défends par ce terme clairement  une "conversion" éthique spirituelle de l’authenticité dans son avant dernier ouvrage. Je ne conteste pas la nécessaire part de changement individuel  à articuler avec le changement collectif mais ne voit pas la nécessité de ce recours recurrent à une "puisance extérieure" pour la fonder ( Oui je préfère le matérialisme de Michel Onfray au recours au spirituel de Christian Arnsperger). La transcendance pour enraciner un projet de lutte et de résistance…voilà une bien drôle de position que l'on n'attendait pas chez Ph Corcuff que 'on pensait plus proche de la philosophie tragique d'un Clémént rosset ou les "lumières radicales" des siècles passés.  L'antiCohnbendisme et la défense d'une écologie radicale semblent le pousser parfois  un peu loin.. à moins que ce soit le plaisir de la plume et de l'interprétation.

avatar-un-extrait-du-film-et-deux-reportages-cnn0

 

  Le Vatican se fait bizarrement meilleur philosophe (cette fois ci) que Ph Corcuff en voyant très clairement la nature "paienne" ou panthéiste de ce film... (pas dur) Et  on s'en étonnera  pas (c'est son job) qu'il la dénonce comme menaçante. Avec une argumentation  connue. Dans ce film " La nature n'est plus une création à défendre mais une divinité à adorer" affirme le Vatican . Le film présente une nature divine autonome..unre mère nature toute puissante ce qui ne peut pas aller avec Dieu le père créateur...La nature est devenue autonome et capable d'intentions, on est pour le Vatican dans l'hérésie.

Bizarre, Corcuff est d'habitude un commentateur et théoricien bien plus avisé dont je ne me lasse pas de recommander la lecture, notamment ses livres "Des nouvelles sociologies" ou "De la société de verre".


Bon mince, j'en finis par critiquer ce film qui m'avait malgré tout  fait passer un bon moment penadnt les fêtes (mais pas au point de l'applaudir à la fin du film comme la majeur partie de l'assemblée..l'honneur est sauf). Bon Corcuff il pourrait pas laisser tranquilles les niaiseries hollywoodiennes plutot que de chercher à en faire des tribunes...ça nous gacherait pas les vacances en nous poussant à constater leur sens régressif.

 


Avatar ne plaît pas au Vatican

AP Le Figaro
12/01/2010 

"Avatar" fait exploser le box-office dans le monde mais ne plaît pas au Vatican. Le Saint-siège estime par la voix de son journal et de sa radio que le film de James Cameron, qui sortira vendredi en Italie, est simpliste et flirte avec un culte païen de la nature.

"Avatar" raconte le combat de quelques humains aux côtés des habitants de la planète Pandora, qui vivent une relation fusionnelle avec la nature, contre les appétits destructeurs d'une multinationale terrienne. Le film sorti le 19 décembre a rapporté plus de 1,34 milliard de dollars (911 millions d'euros), de recettes dans le monde. Il est diffusé en relief dans de nombreuses salles.

"La planète Pandora flirte intelligemment avec toutes ces pseudo-doctrines qui tourne l'écologie en religion du millénaire. La nature n'est plus une création à défendre mais une divinité à adorer", assène Radio Vatican. "Nous doutons (que ce film) soit l'héritier de ces chefs-d'oeuvre de la science-fiction qui, pour d'autres raisons que les effets spéciaux, ont marqué l'histoire du cinéma", ajoute-t-elle.

"Tant de technologie stupéfiante, enchanteresse, mais si peu d'émotions véritables", résume "L'Osservatore Romano", qui a tout de même consacré trois articles à "Avatar" dans son édition de dimanche et lui reconnaît un "extraordinaire impact visuel". Le journal du Vatican se fend de temps à autres de critiques cinématographiques ou musicales, comme il l'a déjà fait pour le film "Les Simpson" ou le groupe U2. Plusieurs responsables de l'Eglise catholique avaient férocement critiqué le livre de Dan Brown "Da Vinci Code", dont l'intrigue évoquait de noirs secrets au Vatican.

« Avatar » contre Cohn-Bendit : l'écologie doit être anticapitaliste

Par Philippe Corcuff | Politiste et membre du NPA | 03/01/2010 | 13H05


Après l'échec du Copenhague institutionnel et la vivacité du Copenhague mouvementiste, on peut être tenté de se tourner vers la vitrine du marketing électoral d'Europe Ecologie. La bonne nouvelle ne viendrait-elle pas plutôt, et paradoxalement, d'un vieux routier de l'industrie hollywoodienne, James Cameron, avec son « Avatar » ?

En 1998, dans « Une envie de politique » (La Découverte), passé alors du statut d'icône soixante-huitarde à celui d'inspirateur d'un capitalisme vert, Daniel Cohn-Bendit écrivait ceci :

« Ce que la gauche doit donc faire valoir aujourd'hui, c'est que cette évolution a des aspects destructeurs, car la production menace de détruire la planète. Faire cette démonstration n'est pas facile, mais on peut le faire au nom même de l'économie de marché, car je suis pour le capitalisme et l'économie de marché. »

Pas le plus écolo, Marx pointait déjà la contradiction capital/nature

En se faisant le chantre d'un capitalisme chlorophyllisé et d'une écologie politique chloroformée, l'agité du bocage politicien a rejoint les rangs d'une défense consensuellement aseptisée de la nature : les Al Gore, Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot et autres Jean-Louis Borloo.

Marx, quelque peu fasciné par le productivisme industriel de son époque, n'était pas exempt d'ambiguïtés quant au rapport capitalisme/nature. Toutefois, il avait également commencé à percevoir une des contradictions principales travaillant le capitalisme en interaction avec la contradiction capital/travail : la contradiction capital/nature.

Ainsi, pour lui, la production capitaliste épuisait « les deux sources d'où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (« Le Capital », livre I, 1867).

Pour Gorz, impossible d'éviter la catastrophe sans rupture radicale

André Gorz prolongea cette analyse en notre début de XXIe siècle : « La question de la sortie du capitalisme n'a jamais été plus actuelle », écrit-il dans « Ecologica » (éd. Galilée, 1998). Et d'ajouter par avance contre une possible cohn-benditsation de la radicalité écologiste :

« Il est impossible d'éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. »

C'est dans une telle perspective que s'est récemment situé le journaliste Hervé Kempf : « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (éd. du Seuil, 1999).

« Avatar » : Hollywood dans la galaxie anticapitaliste ?

Les dénonciations gauchistes du capitalisme hollywoodien sont si courantes que les esprits anticapitalistes pourraient avoir du mal à reconnaître des potentialités critiques dans une de ses productions. Et pourtant…

A des années-lumière de la Terre, la planète Pandora est sous colonisation américano-occidentale. Un minerai rare suscite la convoitise d'une multinationale (« The Company », comme dans la série des « Aliens »), appuyée par des troupes militaires.

L'argument de la rentabilité financière (la rétribution des actionnaires est directement évoquée dans le film) pousse à la double destruction de la nature et du peuple Na'vi. Ecocide et génocide constituent ici un double horizon de la logique du profit.

Cameron met en quelque sorte en images et en son une forme extrême de la contradiction capital/nature. La trame narrative de la science-fiction, reconfigurée avec de nouveaux effets spéciaux numériques, projetée en 3D, donne une vérité éthique et politique proprement cinématographique à une composition fictionnelle.

Une critique sociale, sur un plan sensible et intelligible

Ce dispositif cinématographique nous permet d'explorer au plus près de nos sensations un autre monde, celui de Pandora et des Na'vis, en jouant tour à tour sur la frayeur, la surprise ou la joie de la découverte. La critique sociale s'exprime sur un double plan sensible et intelligible.

Cet univers étrange en 3D, qui nous fait d'abord peur, puis nous émerveille, constitue moins un des « autres mondes possibles » des altermondialistes que l'envers de notre propre monde, un lieu imaginaire qui permet de mieux repérer les failles de notre réalité quotidienne à la manière de l'île d'Utopia chez Thomas More.

Certes les Na'vis ont comme un parfum New Age, traînant une vision stéréotypée de la communion de « primitifs » et de la nature. Mais le savoir-faire particulier des auteurs les plus originaux des films et des séries télévisées hollywoodiens consiste justement à prendre appui sur certains stéréotypes pour en interroger d'autres.

Nous sommes pris par la main dans la familiarité d'autoroutes standardisées, mais ça et là s'ouvrent des sentiers critiques, dans un cocktail détonnant de douces évidences et de piments plus corsés.

Sully vit une conversion existentielle, comme ces militants anticapitalistes…

L'anticapitalisme d'« Avatar » est indissociablement collectif et individuel. Se désintoxiquer de l'imaginaire capitaliste passe aussi par une transformation de soi. Jake Sully (Sam Worthington, déjà remarqué dans « Terminator 4 »), ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant devenant « pilote » mental d'un avatar (corps hybride d'ADN humain et de Na'vi), va connaître une véritable conversion : d'inflitré chez les Na'vi à protecteur de leur mode de vie, de soldat impérialiste à eco-warrior.

Sully a quelque parenté avec la figure des « militants existentiels » anticapitalistes, caractérisée « par un travail spirituel et politique de chacun de nous sur lui-même, soutenu par des communautés de vie », promue récemment par le philosophe de l'économie Christian Arnsperger dans son stimulant ouvrage « Ethique de l'existence post-capitaliste » (éd. du Cerf, 2009).

Cette révolution culturelle personnelle prend les chemins de la fragilité dans « Avatar » : un handicapé à l'âme guerrière, fasciné au départ par les capacités supposées illimitées de son avatar, finira par assumer ses faiblesses d'être humain mortel.

Une écologie radicale, loin des niaiseries de Borloo ou Cohn-Bendit

Cepedant, Cameron ne suivrait pas Arnsperger dans son choix de la conversion existentielle contre la voie révolutionnaire classique des rapports de forces.

Dans une conjoncture de menace extrême, « Avatar » justifie le recours au combat et à la force. Dans certaines circonstances, l'anticapitaliste vert conséquent doit aussi savoir prendre les armes (au sens métaphorique, n'impliquant pas nécessairement le maniement de la kalachnikov).

Cette écologie radicale n'a pas grand-chose à voir avec les niaiseries consensualistes de l'arc Borloo/Cohn-Bendit. Elle appelle des clivages, des conflits, des affrontements. La transformation personnelle et l'action collective contre les forces dominantes apparaissent associées et non pas opposées.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Cyril Di Méo 27/01/2010 23:23



Avatar : rien d'autre qu'une bête justification de la guerre ! par Pierre Desjardins


LEMONDE.FR | 27.01.10 | 22h29  •  Mis à jour le 27.01.10 | 22h42



//

//





























Naïvement, beaucoup ont vu dans le film de James Cameron Avatar un
film antimilitariste, voire même pacifiste et écologiste. Pourtant, il n'en est rien ! Bien au contraire, ce film se veut l'éloge de la violence et de la guerre. Il est vrai qu'en inversant
les rôles et en caricaturant l'armée américaine, ce film vient brouiller les cartes et en a confondu plus d'un. Mais, sous ses décors champêtres idylliques, ce film dissimule toutefois un
discours éminemment corrosif : celui de la justification de la guerre pour les paisibles Occidentaux que nous sommes !


Rappelons d'abord la scène de cet arbre énorme qui tombe avec fracas au milieu d'une population désemparée. Comment ne pas y voir l'analogie avec la chute des tours du World Trade Center ? D'ailleurs, à partir de cette scène grandiose, tout se verra justifié pour le peuple d'indigènes sauvagement
attaqué sur sa propre planète. Et c'est nul autre qu'un marine américain, Jake, le héros du film, qui proposera aux autochtones de s'unir ensemble (les forces alliées), pour réprimer et tuer
ceux qui, tels des terroristes, les ont lâchement attaqués. C'est à ce moment qu'apparaîtra à l'écran dans toute sa splendeur l'aigle impérial américain (sous le couvert d'un dragon géant à
la Transformers) que chevauchera hardiment notre héros américain pour mener les indigènes jusqu'à la victoire finale.


Ce héros, un simple soldat américain éclopé de la guerre, revampé dans un corps neuf, va reprendre du service mais pour une bonne cause cette fois-ci ! A ce titre, il est l'illustration
parfaite de l'Américain moyen, c'est-à-dire un innocent qui ne veut pas de la guerre mais qui, pour les besoins de la cause, va finir par se transformer en un combattant enragé exhortant même
la population indigène à le suivre dans le combat. Lorsqu'on est attaqué, il faut savoir se défendre. C'est là un droit absolu. Tel est le message central de cette superproduction américaine
de 300 millions de dollars qui se veut l'expression de l'idéologie guerrière, c'est-à-dire celle de la guerre dite juste ou, si l'on veut, celle du bien contre le mal…


Car le film fait le partage entre les bons guerriers (les Na'vi) et les mauvais guerriers (les GI's). Mais on le sait, il n'y a pas de bons et de mauvais guerriers. Toute guerre, même celle
qui semble la plus insensée, se fait toujours pour des motifs dits justes parce que de défense (ce n'est pas pour rien que l'on parle de ministère de la défense). Rappelons que même pour
Hitler, la guerre était juste : il s'agissait d'élargir le territoire allemand pour assurer la survie de son peuple. On ne part pas en guerre pour se battre, vous dira d'ailleurs n'importe
quel belligérant, mais pour se défendre ! C'est là l'essence même de la guerre et c'est cette essence fondamentale que veut remettre au goût du jour le film Avatar. Le mot même
d'avatar, qui vient du sanskrit, désigne un envoyé de Dieu qui assure le combat du bien contre le mal.


Notons par ailleurs comment plusieurs scènes de combat dans la jungle sont un rappel de ce que fut pour les Américains la guerre du Vietnam où, malgré l'utilisation de napalm, la puissance
américaine fut piétinée et humiliée. A pareille humiliation, propose subrepticement ce film, il faut désormais savoir riposter intelligemment. Non pas effrontément en écrasant tout sur son
passage ou en employant bêtement du gaz toxique, mais en ciblant avec précision l'ennemi, et cela de concert avec les autres nations menacées. Ne trouve-t-on pas là la justification parfaite
de la guerre en Afghanistan ?


Et, comme toujours, les indigènes nous sont présentés comme des êtres attachés à des rites dépassés et que doit guider vers le combat le héros intelligent du film. Armé d'une mitraillette
pour anéantir l'envahisseur, ce Na'vi d'un type nouveau à l'allure d'un féroce exterminateur donnera l'exemple en montrant à ces pauvres indigènes comment combattre sans pitié et établir leur
suprématie. Cela n'est pas sans rappeler les westerns américains où, presque toujours, un vaillant cowboy finissait par s'associer aux Indiens pour les inciter à se battre à mort contre
l'armée américaine. En servant ainsi de justicier, pareil héros participait subtilement à une déculpabilisation nécessaire quant au génocide des peuplades d'Amérindiens.


De la même façon, ce film permet de redéployer l'aigle américain avec fierté et noblesse. Son réalisateur, James Cameron, aura sans doute compris mieux que tout autre cinéaste que pour qu'un
film plaise, il faut savoir réconforter le public dans ses convictions. Tuer, oui, mais tuer uniquement ceux qui menacent la sécurité de nos pays ! Voilà qui est rassurant et sécurisant.
Grâce à ce film, la formule si vis pacem, para bellum ("Si tu veux la paix, prépare la guerre") peut donc reprendre du service. Le seul hic toutefois avec cette vieille et ridicule
formule est qu'elle est valable pour tout peuple qui se sent menacé…


Et dommage en terminant qu'un film qui, outre ses prouesses techniques, n'apporte rien de neuf sous le soleil, aille par ailleurs chercher tous les hommages. Se situant quelque part entre un
film de Walt Disney et un épisode des Transformers ou encore, entre Jurassic Park et Terminator, Avatar va dans toutes les directions. Par exemple, la formule simpliste d'animaux
amis des bons et ennemis des méchants est plus que désolante. Mais pour un pays où les problèmes environnementaux ne sont pas encore pris au sérieux, c'est sûrement amplement suffisant ! Et
sans nul doute qu'avec des formules aussi racoleuses, le roi du monde, comme aime se nommer James Cameron, saura plaire à un très large public et sera, une fois de plus, couronné de tous les
honneurs !


Pierre Desjardins est auteur et professeur de philosophie au collège pré-universitaire Montmorency
(Québec).















Cyril Di Méo 19/01/2010 18:11


Un point pour Philippe Corcuff

19 janvier 2010


Chine : Avatar retiré de l’affiche



Sorti le 4 janvier en Chine Avatar a fait
exploser le box-office, note le

Quotidien du Peuple. Les recettes auraient dépassé les 100 millions de yuans en une seule journée. Les spectateurs ont bravé un
froid qu’on n’avait pas vu depuis 59 ans en formant des files d’attente à l’extérieur, une heure avant la projection du film au Musée national de la cinématographie de Chine, l’une des trois plus
grandes salles de cinéma de Pékin équipée de la technologie IMAX 3D (photo).
Pour le réalisateur chinois Lu Chuan, Avatar signifiait aussi «une défaite totale» pour tous les producteurs chinois. «Je me suis soudain rendu compte à quel point nos films
étaient éloignés d’une beauté simple, de la pureté et des rêves passionnés. Nous, les cinéastes chinois, devrions avoir honte d’être aussi éloignés de la sincérité et de notre implication dans un
carnaval de vulgarité, du tordu, du sombre et de l’absurde. »
Mais ce succès foudroyant a effrayé le pouvoir. Selon le quotidien hongkongais

Apple Daily, le puissant distributeur d’Etat China Film a fait parvenir une notice à toutes les salles de cinéma du pays, exigeant que la version en 2D du film
de James Cameron soit retirée des écrans à partir du 23 janvier alors qu’Avatar était censé rester jusqu’au 28 février sur les écrans, soit bien après les traditionnelles vacances du
Nouvel An.
Apple Daily avance deux raisons pour expliquer cette interruption prématurée. Non seulement Avatar empiète trop sur les parts de marché domestique, mais le film pousse aussi les spectateurs à s’interroger sur le sujet ô
combien sensible en Chine des expropriations. Depuis plusieurs semaines, des internautes se sont en effet amusés à faire le rapprochement entre le sort dans le film des Na’vi, arrachés à leur
terre et les fréquentes évictions de résidents chinois acculés à la volonté de promoteurs immobiliers peu scrupuleux.
Mathilde Bonnassieux, sur le site

Aujourd’hui la Chine, rapporte que
Han Han, l’un des blogueurs les plus réputés en Chine, a été un des premiers à noter la similarité entre la fiction et la réalité sur son blog : « Pour les spectateurs dans d’autres pays, ce
genre d’expulsion brutale est quelque chose qui dépasse l’imagination. Cela pourrait seulement se passer sur une autre planète - ou en Chine ».
La version en 3D d’Avatar sera de son côté maintenue. Un risque calculé puisque qu’avec seulement 550 écrans 3D dans toute la Chine, souligne le

Times de Londres, les spectateurs chinois n’auront pas d’autre choix pendant les vacances que
de se ruer sur la superproduction Confucius, réalisé par Hu Mei avec la grande vedette Chow Yun-fat. Lire aussi

The Guardian.