Blog de Cyril Di Méo
Voilà la copie de la délibération 3.9 du 20 juin 2007 votée à la CPA. Elle valide le montant de 61 millions d'euros pour la salle de spectacle.
Je suis hélas le seul élu communautaire a avoir voté contre cette gabegie.
Gabegie et surcout justifié par l'amélioration de la qualité acoustique du bâtiment.......relativement efficace si l'on en croit la presse nationale.
Aix, sur un air de nouveauté
Le Festival d'Aix-en-Provence 2007 est à marquer d'une pierre blanche, deux même : il faut désormais compter avec un nouveau directeur, Bernard Foccroulle, l'ancien patron du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, et avec une nouvelle salle modulable (à la fois salle de concert et théâtre d'opéra), le Grand Théâtre de Provence, qui n'est pas de pierre blanche mais d'un "pressé" de beiges et de cannelles.
Ce bâtiment de coupe circulaire, présenté comme un "véritable pari architectural", n'est guère avenant et fait déjà regretter à certains le théâtre en plein air de la cour de l'Archevêché, dans le vieil Aix, où seront toujours donnés des spectacles. Les toits en terrasses, tant vantés, n'étaient pas accessibles en ce soir d'inauguration. On passera sur les communs qui tiennent plutôt de l'hôtel international de moyenne catégorie, et sur un foyer d'autant plus sinistre qu'il est suréclairé. La salle de 1 350 places est assez ordinaire mais confortable et la fosse est plus grande que celle de l'Archevêché, permettant d'accueillir un orchestre symphonique d'une centaine de musiciens.
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Tout, ce 29 juin, laissait penser que l'acoustique n'est pas encore totalement réglée. La musique du début de La Walkyrie, deuxième partie de la Tétralogie de Richard Wagner, que le festival donne cet été après L'Or du Rhin en 2006, est une tornade. Le son saute aux oreilles, on entend surtout les cuivres, qui ne cesseront, jusqu'à la fin, de sonner comme à travers une loupe acoustique. Les musiciens sont placés au plus bas de la fosse (on ne voit pas les boucles blanches du chef britannique Simon Rattle) mais l'orchestre sonne avec une présence mate et presque envahissante.
Sur scène, c'est l'inverse : les chanteurs ont du mal à passer la rampe quand l'orchestre joue fort et leur son paraît souvent passer à travers une chambre d'écho artificielle, surtout au milieu et à l'arrière du plateau. On serait tenté d'accuser, à l'acte I, le décor en porte-voix, mais cela est pire encore à l'acte III, pendant la chevauchée des Walkyrie, où l'on pourrait croire le son des donzelles casquées traité électroniquement. Seules quelques rares voix (celles de Sieglinde et Brünnhilde) passent grâce à leur "métal". D'autres artistes, dotés de gosiers pourtant conséquents, restent en deçà. Dommage pour le sensible Wotan de Sir Willard White et pour une part des interventions du Siegmund de Robert Gambill, voix d'un timbre merveilleux mais qui a tendance à attaquer bas les sons.
UNE BÉNÉDICTION D'ORCHESTRE
Comment l'acoustique réagirait-elle à un orchestre plus léger, à un autre décor, après les réglages auxquels l'acousticien Daniel Commins va sûrement procéder ? L'avenir proche le dira.
La présence, chère payée, de l'Orchestre philharmonique de Berlin est une bénédiction : on ne sait pas ce qu'est un orchestre tant qu'on n'a pas entendu cette formation. Les cuivres jouent avec une précision d'attaque, de justesse, de mise en place étonnante. Les cordes et les bois laissent pantois.
Simon Rattle ouvre des horizons rarement entendus dans cette musique, détaille sans perdre la ligne (pas un seul moment la tension ne retombe au cours de ce long ouvrage), fait chanter certains passages comme si c'était du Lied mais ne cède en rien devant les pages démiurgiaques. Il dirige avec une souplesse extraordinaire une équipe de chanteurs émouvants, d'une présence souvent bouleversante, parfaitement guidés par le metteur en scène Stéphane Braunschweig.
On n'est pas certain que, sans une telle qualité musicale, on trouverait inoubliable cette Walkyrie très design, mais Braunschweig a la rare vertu d'imposer en douceur son fin regard.
PS Ils ont pas peur du procès au monde ? A moins qu'ils ne connaissent pas vraiment Maryse Joissains !!
La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.
Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.
«Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ».
Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.
ISBN: 2-296-01224-8
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