Blog de Cyril Di Méo
J'ai beau avoir longuement médité sur le sujet je n'arrive pas à m'y faire. Le tragique est vraiment insupportable. Je me croyais vacciné par ma
lecture assidue de Unamuno, Pascal, Morin mais surtout Clément Rosset... il n'en est rien. L'effet de sidération est toujours là lorsque le réel s'impose dans son "principe d'idiotie et
de cruauté". J'ai repris la lecture du "Réel et son double " réédité il y a quelques mois sous le titre "L'école du réel" et tout est là.
Le détour par la philosophie permet de décrire le sentiment violent d'amertume qui m'habite depuis la victoire de Joissains. Des fois elle permet de saisir mieux que tout la
réalité. Amertume car je vois cette situation de défaite se mettre en place lentement depuis des années. Le scénario écrit par certains s'est déroulé inéluctablement.
Car tout était écrit.. la volonté de faire une campagne éclair en quelques mois en surfant sur une vague nationale. L'idée psychorigide qu'un seul scénario pouvait être écrit.. celui d'une
triangulaire...à gauche. Ce sentiment de certitude qui était déja à l'oeuvre en 2001 lorsqu'avec violence les membres de la liste Convergences avaient été exclus de toute alliance.(j'y étais
ce soir là à la place des prêcheurs) Situation qui n'a fait avec les mêmes personnages que se répéter 7 ans après..un coup à gauche ..un coup au centre. Le réel bégaye..les individus
réecrivent souvent la même histoire.
J'ai bien avec un certain nombre de mes amis essayé de mettre en place des dispositions pour arrêter l'inéluctable ..avec ces idées qui ont parues si saugrenues à certains... primaires de
l'opposition, puis idée d'alliance arc en ciel de la gauche et du centre...rien n'y a fait.
Le tragique s'est imposé à nous.. Joissains a été réélue. Mon amertume est grande d'avoir vu se dérouler une catastrophe que j'ai passé de nombreux mois à annoncer...amertume de ne pas avoir eu
assez de pouvoir, de force afin d'imposer un choix autre.. afin de réussir à déjouer le piège qui s'était formé autour de nous, afin de changer de scénario. J'aurais peut être du
écouter Clémént Rosset et ne pas me risquer à la prétention de chercher à modifier le réel. Peut être aurais ju du m'abandonner au destin de cette défaite ne pas chercher à sortir de la
tragédie...
J'ai à titre personnel quasiment tout perdu dans cette tentative...exclu d'un parti pour lequel j'ai donné 15 ans de ma vie et qui porte théoriquement mes valeurs d'écologie.... départ du
conseil municipal où j'ai pendant 7 ans essayé de porter des valeurs de gauche et d'écologie...ce qui me tient profondément à coeur.Tout perdu sauf mon honneur d'avoir agit en homme politique
c'est à dire en homme libre de défendre ses opinions contre l'avis des appareils et des apparatchiks et ce contre la malveillance de leurs valets journalistes... C'est peut être cela ce que
Clément Rosset appelle la "joie tragique" face à la "logique du pire" en s'inspirant de Nietzsche... regarder le Titanic percuter l'iceberg mais avoir été sur le pont pour annoncer le naufrage et
tenter de l'éviter...à moins que ce soit cela l'illusion politique.. là où la joie tragique aurait consisté à laisser le réel se dérouler et ne pas avoir la vanité de croire le modifier.
Joie tragique de profiter de la fragilité du réel sans prétendre le modifier, "amor fati" loin de la prétention et de l'illusion du politique...
La crise écologique est là. Même les plus sceptiques ne peuvent en douter. Réchauffement climatique, pollutions croissantes, cancers en hausse constante, extinction de plus en plus rapide des espèces, raréfaction des ressources pétrolières. Face à ces destructions engendrées par notre système économique devenu fou, certains écologistes s’opposent au développement durable et parlent de plus en plus de décroissance. Comme si c’était l’unique solution. Mais la décroissance n’est pas seulement une remise en cause de la dépendance énergétique de notre système économique. Derrière ce mot vague de décroissance se cache une idéologie plus vaste aux alternatives plus que discutables. Au nom de l’anti-occidentalisme, de la critique du progrès et de la rationalité, nombre de décroissants défendent des thèses inquiétantes, sur la critique de la modernité, la place des femmes, la démographie, la respiritualisation de la société. C’est cette face cachée de la décroissance qu’explore cet ouvrage.
Cyril Di Méo, élu et militant écologiste à Aix-en-Provence est aussi enseignant de Sciences Economiques et Sociales.
«Cyril Di Méo grâce à la connaissance approfondie qu’il a à la fois des écrits des grands ancêtres de l’écologie politique et de ceux de la mouvance décroissanciste inscrit ce courant dans une histoire longue, en identifiant les origines et le cheminement de cette pensée. Il montre précisément la gravité des implications du discours décroissant, notamment vis-à-vis des pays du Sud et des femmes. Un ouvrage sans concession, mais aussi sans dérapages, Cyril Di Méo s’en tient toujours très précisément aux faits, aux écrits pour étayer ses conclusions. Il conclut d’ailleurs son ouvrage en indiquant que « l’écologie doit faire le pari de l’intelligence de la raison ». Et c’est bien ce à quoi il s’attelle fort utilement avec ce livre ».
Guillaume Duval, Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques.
ISBN: 2-296-01224-8
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